‹ Grammaire historique de la langue française;Chapitre 56 sur 181 · I. D'un g originaire · texte numérisé non relu

I. D'un g originaire

Initial : gencive (gingiva), géant (gigantem), geindre Réméré).

Médian : large (largus).

IL Des diphthongues ia, io — ea, eo.

Chez les Romains, Yi et le j n'avaient à l'origine qu'un seul et même son : Quintilien nous l'affirme , et cette indécision a longtemps persisté dans l'écriture; les anciens manuscrits comme les. livres imprimés jusqu'au milieu du dix-septième siècle confondent l'iet le j, et ce n'est qu'en 1750 que l'Académie reçut le j dans son dictionnaire comme une lettre nouvelle.

C'est ainsi que Yi' latin a pu dans certains cas devenir j en français (ou g doux, ce qui est la même chose); Hierosolyma, sinûa, dxurnus, vindêmia, ont donné -Jérusalem, singe, jour, vendange, preuve évidente que le peuple prononçait H']erosolyma, simja, djumus , vindemja. — Ceci posé, on voit clairement comment pipionem, tibia, rabies, Dibionem, diluvium, cambiare*, abbreviare, sont devenus respectivement pigeon, tige, rage, Dijon, déluge, changer, abréger, etc. Il s'est opéré dans ces mots deux transformations successives : 1° le changement de Yi enj, ou comme disent les Allemands, la consonnification de Yi:jpipio-

nem, tibia, rabies, Dibionem, diluvium, cambiare, abôreviare ont été prononcés pipjonem, tibja, rabjes, Dibjonem, diluvjum, cambjare, abbrevjare.20 Ce changement de Yi en j, amène la rencontre et le choc de deux consonnes, pipionem devient pipjomm. Or (comme nous le démontrerons ci-dessous)1, il arrive dans ce cas que la première des deux consonnes disparaît: suBJectus, devient sujet, et doRSus, dos; de même pipjonem, tibja, rabjes, Dibjonem, etc., ont doDné pijonem, tija, rajes, Dijonem, dilujum, camjare, abbrejare, d'où pigeon, tige, rage, Dijon, déluge, changer, abréger, etc....

C'est de la même manière que s'est opéré le changement de ea9 eo, eu en' je, ge, etc.... Dans les formes régulières'latines, lanea, cavea, commeatus,hordeum, deusque, Ye fut de bonne heure remplacé par i, et bien avant les temps mérovingiens, les inscriptions offrent communément les formes lania, cavia, comrniatus, hordium, diusque; ainsi ramenées de ea, eu, à ia, iu, ces diphthongues se comportent comme on l'a vu tout à l'heure, c'est-à-dire que Yi devient,;, et lania commiatus, cavia, hordium, diusque, prononcés lanja, commjalus, cdvja, hordjum, djusque, donnèrent respectivement taille, congé, caqz, orge, jusque, etc.;

!. Voj es page 137.

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