‹ Grammaire historique de la langue française;Chapitre 78 sur 181 · Voy. page · texte numérisé non relu

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' § 2. Genres.

C'est un principe général qu'à l'origine îa grammaire française n'est que la continuation et le prolongement de la grammaire latine ; par suite les adjectifs de l'ancien français suivent en tout point les adjectifs latins, c'est-à-dire que les adjectifs qui avaient chez les Romains une terminaison pour le masculin et une pour le féminin, bonus-bona, avaient aussi deux terminaisons en français ; et que ceux qui en avaient seulement une pour ces deux genres (homo grandis, femina grandis), n'en avaient qu'une en français; on disait au treizième siècle une grand femme, une âme mortel (mortalis), une coutume cruel (crudelis), une plaine vert (viridis), etc.... Le quatorzième siècle ne comprenant plus le motif de cette distinction, crut y voir une irrégularité, assimila à tort la seconde classe d'adjectifs à la première et contrairement à l'étymologie, il écrivit grande, crueUe, verte, mortei/e, comme il écrivait bonne, etc.... Cependant une trace de là formation correcte est restée dans les expressions (jrand'mère, granoVroute, grand' faim, grand' garde, grand' hâte, grand' chère, etc..., qui sont des débris du parler ancien. Vaugeîas et les grammairiens du dixseptième siècle, ignorant la raison historique de cet usage, décrétèrent étourdiment que la forme de ces mots résultait d'une suppression euphonique de Ve, et qu'il fallait marquer cette suppression par une apostrophe (').

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