‹ Grammaire historique de la langue française (volume 2)Chapitre 107 sur 294 · III. M + CONSONNE · texte numérisé non relu

III. M + CONSONNE

322. M suivi d’une consonne (sauf N et ./) disparaît, en nasalisant, par une assimilation anticipante (§ 114,i), la voyelle précédente; la langue écrite garde la consonne pour indiquer la valeur nasale de la voyelle; on écrit m devant les labiales, n devant les autres consonnes. Exemples:

r u m p e r e rompre [ro:pr ]

larapa lampe [ lâ:p]

c a m p u m champ [Ja] c a m (e) r a chambre [Ja:br] num(e)rum nombre [no:br] am(i)ta tante [tôt]

pom(i)cem ponce [pôs| r u m (i)ce m ronce [ràs]

c o m p (u) tare d o m (i) ta r e cambiale C a m (a) r a c u m t r e m (u) lare c u m (u) 1 a r e m e m(o)ra re vfr

conter [kôte] dompter [dote] changer [Jage] Cambrai kàbrr trembler [trâble] combler [kàble] membrer

Pour devenir [àp], le groupe [amp] (lampa > lampe) a dû passer par [âmp], mais il est impossible d’indiquer quand la consonne a disparu; elle se prononçait sans doute dans la période ancienne.

Cas isolés. Ambianis > Amiens (cf. § 4, Rem. et £ 375, a); *companio > vfr. compain > copain.

Mots d’emprunt. Dans les mots d’emprunt, la consonne disparaît comme dans les mots de formation populaire, et la voyelle précédente est nasalisée: amplitude, décembre, nimbe, etc. La consonne se conserve dans quelques mots purement latins: décemvir [desemvir], etc.

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