IV. M FINAL
325. M à la fin d’un mot se développe comme à la lin d'une syllabe devant une consonne (§ 322): il disparaît dans la langue parlée en nasalisant la voyelle précédente:
rem (§ 31<3) rien [rjè]
suum (§ 318) son [s3]
h o m o on [5]
a m o . vfr. aim famem faim [fè]
ramum vfr. raim
1 i g a m e n examen n o m e n * d a m u m 1 e v a m e n æ r a m e n
lien [ljè] essaim [tsè] nom [no] daim [de] levain [lavé] airain [erè]
La consonne nasale se prononçait en vieux français; on disait par ex. nom [nom], aim [âjm], faim [fâjm]; dans plusieurs poèmes, nom ne rime pas avec son, ni pain avec faim. On commence pourtant de bonne heure à hésiter entre m et n, ce qui indique peut-être une nasalisation plus forte de la voyelle, mais on peut aussi y voir, pour plusieurs mots du moins, l’effet d’une analogie: on disait faim, om, flum (fl lime n), mais fains, ons, fliins, et on a fini par généraliser n. L’orthographe conserve la consonne amuïe pour indiquer la
prononciation nasale de la voyelle; on écrit tantôt m, tantôt n d’une manière très arbitraire (comp. nom — on, essaim — levain). Dans quelques mots, la consonne nasale s’entend encore de nos jours devant une voyelle: mon garçon [mogarsô], mais mon ami [mônami]; en ce dernier cas, la voyelle devient souvent orale: [monami].
Mots d’emprunt. Dans quelques mots d’emprunt purement latins, la nasale labiale finale se conserve: album [albomj, erratum. pensum, idem, ibidem, olim, intérim, etc. (voir § 318, 1); comp. crime, légume, etc.
Remarque. Sur le sort d’un ni latin intérieur devenu final en français par l’amuïssement d’une voyelle atone, voir ci-dessus § 320,2, Rem.