N initial se maintient sans changement
1° N initial d’un mot: nas um > nez, nitidum > net, nav i g a r e > nager, n e p o t e m > neveu.
Cas isolés. N devient 1 dans C a s t e 1 1 u m N a n d o n i s > Château London; (u)nicornem > licorne. Dans la prononciation populaire de Paris, on entend luméro, lormal pour numéro, normal. Sur Neptunum > lutin, voir § 531.
Remarque. Un n initial a probablement disparu dans accon (bateau plat) qui paraît d’origine germanique (cf. ali. Nachen ); on trouve dans les patois aufrage, ingliqent, égrimancien, etc., pour naufrage, négligent, nécromancien (ZRPh, XIV, 366). Cette aphérèse est peut-être due à une confusion avec le n lié des mots tels que un, mon, ton, son. Comp. § 289,4 et § 491, «.
2° N initial d’une syllabe (après une consonne): alnura > aine, aune; as(i)num > asne, âne ; ornare > orner; sal(i)narium > saunier.
Cas isolés. Ar devient r dans certains proparoxytons, dont plusieurs mi-savants: pampinum > pampre; tympanon, devenu timbno en bas-grec, > timbre; ordinem > ord(e)ne, ordre; Londinum > Londres; Vindonissa > Vendresse; Lingonis > Langres; vfr. hav(e)ne > havre, le Havre; cophinum > coffre; diaconum > diacre. N tombe après g [5] dans les mots d’emprunt: imaginem > imag(e)ne, image; marginem > marge; pagina > page; vertiginem > vertige; virginem > vierge (voir RPhF, XXXII, 97 — 123); cf. organum > orgue. Sur carminé > charme, terminum > terme, etc., voir § 323,4. N devient m par assimilation dans carpinum > charme (§ 235). Dans les paroxytons, n se fond avec un g [g] précédent en [p]: agnellum > agneau (§ 335).
Remarque. N appuyé, devenu final, a disparu dans: car ne m > chair; cornu > cor; diurnum > jour; furnum > four; hibernum > hiver; infernum > enfer. La chute de n est probablement due à l’analogie (comp. § 324); on disait encore au XIIe siècle charn, corn, jorn, forn, hivern, enfern, comp. II2, § 266,8). Cahier remonte à quaternum > vfr. caern, caer, où il y a eu changement de suffixe.