‹ Grammaire historique de la langue française (volume 2)Chapitre 121 sur 294 · I. L INITIAL · texte numérisé non relu

I. L INITIAL

339. L initial se maintient sans changement: legem > loi, leporem > lièvre, levare > lever, lunæ d i e s > lundi.

Cas isolés. L > N dans: Lumbulum > nomble. Li hélium > vfr. livel (angl. level) > niveau; Meigret (§§ 49 et 90) observe que ce sont les maçons de Paris qui ont corrompu liveau et liveler en niveau et niveler ( Tretté de la grammère françoèze, p. p. W. Fôrster, p. 139). Nombril est probablement pour lombril {== V ombril < *umbiliculum). — L y R. A côté de *lusciniolum (dim. de 1 u s c i n i a), on avait *rusciniolu m, (dim. de roscinia), d’où en vfr. lossignol et rossignol; la forme avec / est encore citée par Ch. de Bovelles (1533): »Luscignol ou selon la prononciation corrompue des Parisiens, rossignols.

Remarque. Dans quelques mots étrangers, / a été pris pour l’article et a disparu: lat. pop. luncia (< lyncea, dér. de lynx) > once; it. lancia spezzata > lancespessade (dans H. Estienne) > anspessade ; suisse leckerly > lécrelet > écrelel ; pers. Iâdjurd > azur (comp. lapis-lazuli , où la consonne a été conservée). Au moyen âge, on trouve andegrave (Ambroise, Rutebeuf), qui représente l’ail, lantgrave. Ce phénomène est fréquent dans les patois où l’on trouve par ex. amproie, availles, iard, intiau, osange, pour lamproie, lavailles, liard, linteau, losange. Sur le phénomène contraire, agglutination de l’article et du nom ( lendemain = l’endemain), voir § 489.

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