B final peut être libre ou appuyé
1° B final libre devient F par l’intermédiaire de V (cf. § 372,i et § 449): scribe > vfr. escrif, bibe > vfr. boif, sébum > suif, trabem > vfr. tref, probo > vfr. pruef.
B s’est effacé dans où (übi) et y, vfr. i (îbi), peut-être à cause de l’emploi proclitique de ces monosyllabes.
Mots d’emprunt. Globe, incube, plèbe, tube.
2° B final appuyé devient P (§ 314,2): corbum > vfr. eorp. ou il s’amuït: columbum > coulon, plumbum > vfr. pion. et, par réaction orthographique, plomb.
Cas isolé. Un b intervocalique d’un mot français se dévocalisait au moyen âge quand il passait à la finale (§ 314, 2); ainsi de gaber, on tirait gap. Ce changement ne se produit pas dans les formations postérieures: radouber — radoub [radu], gober — gob, aujourd’hui écrit go dans tout de go.
Remarque. La langue actuelle possède un b final prononcé dans quelques mois étrangers: club, nabab, Jacob, Job, et devant un e muet: bube, bribe. robe, tube, etc.
380. Le groupe BB se réduit à un li simple: abbatem > vfr. abé, et, par restauration orthographique, abbé. Un b double ne s’entend de nos jours que dans les mots d’emprunt: abbah, ou dans les rencontres de mots: une robe blanche [ynrobblœj].
Cas isolés. Sabbatum (it. sabbato, esp. sabado) se retrouve dans le composé *sambati dies, d’où sambedi, samedi. Il est intéressant de trouver *sambatum en galloroman: cette forme était propre à la partie orientale de l’Empire, et se retrouve en roumain (sâmbâtà), en rhétoroman, en vieux slavon (sçfbota), en hongrois (szombat) et en vieux haut-allemand (sambaz-tac, d’où Samstag).
B. EXPLOSIVES DENTALES.