D intervocalique s’amuït
audire ouïr
s u d a r e suer
v i d e r e vëoir, voir
cadere chëoir, choir
Cad ur ci s Cahors
cauda queue
cruda crue nuda nue *ridam rie 1 a u d a t loue
Avant de s’amuïr, [d] a passé par [5] (comp. § 380): audire > odir > oïr, ouïr. La spirante dentale n’a disparu complètement qu’au commencement du XIIe siècle; les Serments de Strasbourg la marquent par dh: Lodhuuigs, les autres vieux textes par d ou tli: adunel (Eulalie), lauder (St. Léger), fideilz (St. Alexis), lethece, ledece ( ib .), etc.; comp. § 380. La chute de la dentale s’est effectuée d’abord entre deux voyelles identiques; dans des chartes du Xe siècle provenant de la région entre Langres et Mâcon, on trouve les graphies Aalsenda, Ermendraa, Aalaidis, etc.
Mots d’emprunt. Adorer (vfr. aorer ), cadavre, céder, commode, crédit, crédule, crudité, fidèle (comp. féal), fraude, habitude, humide, modérer, nudité, odeur, pédestre, perfide, remède, solide, stupide, etc.
Remarque. Un passage apparent de d à r se trouve dans le langage des marins, où l’on dit suroi (écrit surott) pour sud-ouest; il faut y voir une influence analogique de nord-ouest, que les marins prononcent norouê, sans lier le d; comp.: le hasar(d) a fait la chose. Voir O. Jespersen, Fonetik, p. 445.