‹ Grammaire historique de la langue française (volume 2)Chapitre 161 sur 294 · D intervocalique s’amuït · texte numérisé non relu

D intervocalique s’amuït

audire ouïr

s u d a r e suer

v i d e r e vëoir, voir

cadere chëoir, choir

Cad ur ci s Cahors

cauda queue

cruda crue nuda nue *ridam rie 1 a u d a t loue

Avant de s’amuïr, [d] a passé par [5] (comp. § 380): audire > odir > oïr, ouïr. La spirante dentale n’a disparu complètement qu’au commencement du XIIe siècle; les Serments de Strasbourg la marquent par dh: Lodhuuigs, les autres vieux textes par d ou tli: adunel (Eulalie), lauder (St. Léger), fideilz (St. Alexis), lethece, ledece ( ib .), etc.; comp. § 380. La chute de la dentale s’est effectuée d’abord entre deux voyelles identiques; dans des chartes du Xe siècle provenant de la région entre Langres et Mâcon, on trouve les graphies Aalsenda, Ermendraa, Aalaidis, etc.

Mots d’emprunt. Adorer (vfr. aorer ), cadavre, céder, commode, crédit, crédule, crudité, fidèle (comp. féal), fraude, habitude, humide, modérer, nudité, odeur, pédestre, perfide, remède, solide, stupide, etc.

Remarque. Un passage apparent de d à r se trouve dans le langage des marins, où l’on dit suroi (écrit surott) pour sud-ouest; il faut y voir une influence analogique de nord-ouest, que les marins prononcent norouê, sans lier le d; comp.: le hasar(d) a fait la chose. Voir O. Jespersen, Fonetik, p. 445.

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