‹ Grammaire historique de la langue française (volume 2)Chapitre 163 sur 294 · V. DD · texte numérisé non relu

V. DD

396. Un I) double n’existe que dans les mots d’emprunt, tels que Edda, ou dans les rencontres de mots ou de syllabes, par l’amuïssement d’un e féminin: là-dedans [laddâ], beaucoup de dames [bokuddam]. Voir Manuel phonétique, §§ 126 — 132.

G. EXPLOSIVES PALATALES.

397. On avait en latin la palatale sourde [k], dans cura, quare, car rus, cervus, et la palatale sonore [g], dans gui a, galbinus, gel are. Le lieu de l’articulation des palatales dépend de la nature de la voyelle suivante (parfois, précédente): devant les voyelles d’arrière (»back vowels«), o, u [u], on articule une postpalatale; devant a, une médiopalatale; devant les voyelles d’avant («front vo\vels«), e, i, une prépalatale (l’influence de la voyelle précédente se Jait sentir dans les combinaisons oca,-uca, gca; non dans oce, uce, ace). Cette différence d’articulation, qui se retrouve, plus ou moins marquée, dans toutes les langues (comp. en français moderne cou, cas, qui, et goût, gars, gui), n’est pas notée par l’orthographe ordinaire; elle est aussi assez mince au point de vue acoustique, mais au point de vue physiologique, elle est très notable; aussi voyonsnous que les trois palatales aboutissent, dans les parlers néolatins, à des résultats très différents, ce qui ne pourrait avoir lieu si elles avaient, comme on le pensait autrefois, un même son.

Remarque. Pour l'explosive sourde, l’alphabet latin nous offre, en certains cas, trois caractères pour les trois variétés. La postpalatale est désignée par q, devant un « non syllabique: quare, qualis, q u u ni, etc.; la médiopalatale, par k, devant a: kalendæ. Kart h a go; la prépalatale, par C, devant e ou i: centum, cingere.

Page 1