‹ Grammaire historique de la langue française (volume 2)Chapitre 165 sur 294 · C + consonne reste sans changement · texte numérisé non relu

C + consonne reste sans changement

clavem clef credere croire

clarum clair crucem croix

Cas isolés. Dans quelques mots, la sourde est devenue sonore. De bonne heure crassus est devenu grassus (sous l’influence de grossus), d’où gras. C > G dans glas (classicum), gratter (germ. *k rat ton), gril (craticulum), grille (craticula), groseille (dér. de l’ail, kraus, dans krausbeere?); grotte est emprunté de l’ital. grotta (crypta). On

disait au moyen âge gravanter, greanter, grisulite, grisoprase, etc. ; ajoutons que Claude s’est longtemps prononcé Claude, dans prune de reine-Claude.

Remarque. Dans les mots commençant par qu [kw], la palatale reste sans changement, et la labiale s’amuït (§ 452): on écrit tantôt c: quare > car, quomodo > comme, quadratum > carré, quadragesima > carême, q u i e t u m > coi ; tantôt qu : quando > quand, q u a 1 e m > quel, quatuor > quatre, quartum > quart (comp. écarter), quindecim > quinze, q u a d r aginta > quarante. Dans quelques mots, l’élément labial a disparu par dissimilation (§ 114) avant le VIIe siècle, et la palatale, se trouvant devant une voyelle d’avant, s’est changée: quinque > *cinque (§ 513) > cinq; quinquaginta > *cinquaginta> cinquante. Querquedula > *cercedula > sarcelle. Comp. quiritare > crier (§ 260).

Page 1