C final libre
1° La postpalatale, qui se trouve après o et peut être suivie d’un o, paraît rester: a b hoc > avuec, avec (on avait aussi autrefois poruec, senuec ); illo loco > vfr. illuec. Pourtant, le simple hoc devient o (§ 14, Rem.); ecce hoc > vfr. iço, ço (fr. mod. ce); à côté de poruec, on trouve poro. Sur focum > fou, feu; paucum > pou, peu, etc. voir § 248 et § 201, Rem. Dans certains mots, c a dégagé un yod: à côté de pou, on rencontre le vfr. poi.
Mots d’emprunt. Caduc, réciproque.
2° La médiopalatale, qui se trouve dans le groupe ac final ou suivi d’une voyelle vélaire caduque, se change en yod (comp. § 415,s): fac > fai, fais; *veracum > vrai: Camar a c u m > Cambrai: Sparnacum > Épernay : p a c o > vfr. pai; illac > vfr. illai, lai; ecce bac > vfr. çai. Mais à côté de lai, çai, apparaissent lét, çà, qui ne s’expliquent que par la chute du c: là proviendrait de la forme attestée ilia, qui aurait entraîné ecce ha par analogie, d'où çà. Pour l’évolution du suffixe -iacum, voir § 208.
Mots d’emprunt. Ammoniac, bac, bivouac, cornac, lac, micmac, tric-trac, etc.; le c est muet dans estomac, tabac.
3° La prépalatale, qui se trouve devant e, i, devient [ts] et dégage un yod. Le yod se combine avec la voyelle précédente, et l’afiriquée [ts] se simplifie en un [s] (§ 404), qui finit par s’amuïr; par réaction savante, s est souvent remplacé par .r: nucem > noiz, nois, noix; vocem > voit, vois, voix: decem > diz, dis, dix; picem > peiz, peis, poix; vicem > feiz, fois: berbicem > brebiz, brebis; perdicem > perd riz, per-
dris, perdrix: soricem > souri:, souris. P ace ni donne pais, paix. Sur le sort de -ce final dans les proparoxytons, voir § 251,6 et § 403,2.
Mots d emprunt. Atroce, calice, cilice, féroce, précoce, etc. Duc est primitivement un accusatif tiré du nominatif ducs (plus tard dus; cf. § 314, Rem.) < lat. dux.
4" La prépalatale qui se trouve dans le groupe ic final ou suivi d’une voyelle vélaire caduque, disparaît (comp. § 41 5, s): sic > si; ecce hic > ici; dico > vfr. di; a mie uni > ami; *s pi eu ni > épi; fi eu ni > vfr. fi, puis écrit et prononcé fie par réaction étymologique; il en est de même de picum > pi, puis pic ; l’ancienne forme est conservée dans pivert.
Mots d’emprunt. Arsenic, ombilic, public, syndic, pronostic, etc.
5° Dans le groupe ec final ou suivi d’une voyelle vélaire caduque, c tantôt disparaît: nec > vfr. ne, tantôt dégage un yod qui se combine avec la voyelle précédente: prèco > priei > vfr. pri; nèco > niei > vfr. ni (comp. § 415, s).
Mot d’emprunt. Salamalec.