G suivi d’O ou d’U reste sans changement
1° G (-(- o, u) initial d’un mot: gobionem goujon; gu la > gueule; gurga > gorge; gustare > goûter; gutta > goutte; gu nd fanon > gon fanon (on a dit aussi confanon).
2° G (-f- o, u) initial d’une syllabe, après une consonne: ungustia > angoisse.
423. G suivi d’A, d’E ou d’I devient [g], orthographié g ou j.
1° G (+ a, e, i) initial d’un mot:
galbinum
jaune
gard-
jardin
joue, jatte
geindre
joie
gent
jouir
genou
jaiet, jais
gela re
geler
ga(l)l i n a
geline
gingiva (§ 51 2, i)
gencive
Mots d’emprunt. Gabelle, galactite, galbanum, gambader, gamelle, gamme, galline, etc. Pour gangrène (gangræna), Vaugelas observe: »I1 faut escrire gangreine, auec vn g au commencement, et non pas cangreine, auec vn c, mais on prononce cangreine, auec vn c, et il est plus doux à cause qu’on euite la répétition des deux r/« (Remarques, II, Gl).
2° G ( -f- a, e, i) initial d’une syllabe, après une consonne :
larga large And(e)gavum Anjou
v i r g a verge argentum argen t
purgare purger nav(i)gare nager
Si le groupe ge (gi) est précédé de / ou de n. la palatale se combine avec celle consonne, el l’on a [Æj et [p]: *colligire
cueillir, fingebat > feignait ; sur longe > loin, plangit > plaint, voir § 336.
('.as isolés. Longa > vfr. longe, remplacé par longue, forme refaite sur le masculin (II2, g 418). Gingiva > gencive, par dissimilation (§ 114 et 512, i). Parchemin renionle au lat. vulg. ♦particaminum, où se sont fondus lat. pergaminum et lat. parthica pellis (cf. vfr. parche, couverture de livre).
Mots d’emprunt. Organiser, divulguer, promulguer, purgatoire, etc. Vergue, doublet de verge (virga), est emprunté au norman no- picard.
424. Le développement de g en [g] est parallèle à celui de c en [J] (voir § 402). Le son [3] est une simplification de l’affriquée [dg] ; on prononçait au moyen âge [d3oj9] (joie), jardin] (jardin), [lard^a] (large), [verdga] (verge), etc. Dans les mots d’emprunt français, ce son est rendu en moyen haut-allemand par sch, zh, j, ti: schent, zhoie, sarjenl, tiost (vfr. jouste; il passe en bas-allemand sous la forme de dust, et devient dyst en danois). Le son [dg] s’est conservé dans plusieurs patois; en lorrain, on dit par ex.: dgens, djardin, etc., en tourquennois: djaune, djéole, djambe (jambe), etc. Nous le retrouvons en anglais où il s’est conservé dans les mots d’emprunt: giant, gentle, general, gest, George, just, jog; la graphie budget (vfr. bougelte) est remarquable. Dans le francien, [d^] se réduit, au XIIIe siècle, à [3], mais l’orthograpbe reste intacte; [d3] n’existe aujourd’hui que dans des mots d’emprunt: djinn.