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IL G + CONSONNE

425. Suivi d’une consonne, G [g] se développe de différentes manières.

1° Dans les groupes GD, GT, GR, l’explosive se change en un yod, qui se combine avec la voyelle précédente: frig(i)da > froide, flagrare > flairer (§ 426 — 427).

2° Dans le groupe GM, l’explosive se change en [u] (§ 428).

3° Dans les groupes GL et GN, l’explosive se fond avec la consonne suivante, qu’elle mouille: coag(u)lare > cailler, d ignare > daigner (§ 429 — 430).

426. GD, GT. G se change en yod qui se combine avec la voyelle précédente: f ri g(i)dum > freit, froit, froid (§ 395, s); frig(i)da > freide, froide; rig(i)dum > reit, roit (remplacé par le féminin raide, de rigida; II2, § 389); leg(i)t > lit , fug(i)t > fuit.

Cas isolés. Amygdala est devenu en latin vulgaire amandula (it. mandorla) > amande. G est tombé dans Magdalena > Madeleine (coinp. v. angl. Maudeleyne). La vieille forme Bandas, pour Bagdad, est peut-être provençale.

427. G R. G se change en yod, qui se combine avec la voyelle précédente:

fragrare (§ 361, i) flairer legere lire

nigrum noir frigere frire

integrum entir, entier Ligerim Loire

Cas isolés. G disparaît sans laisser de trace dans peregri-

num > pèlerin, pigritia > pagritia (Reichenau) > paresse (§ 245). Sur le développement de rgr, Igr et ngr, voir § 431.

Mots d’emprunt. Flagrant, intégral, intègre, intégrité, dénigrer, régressif, etc.

428. GM. G se vocalise en [u : sagma > saume, somme (§ 12, 1°, n° 348); flegma > vfr. flenme; figmentum > vfr. fiument; pigmentum > piument > piment; phantasma > phantagma > fantôme (§ 169). Ce changement, qui suppose comme étape intermédiaire la palatale fricative [y], est d’ancienne date; déjà Y Appendix Brobi recommande de dire »pegma non peuma«, et on trouve plus tard, dans des textes vulgaires, fraumentum, sauma (cf. § 12), fie uni a.

Mots d’emprunt. Augmenter, diaphragme, dogme, énigme, flegme, fragment, pigment, pygmée, segment, etc. Les grammairiens anciens protestent parfois contre la prononciation vulgaire qui néglige le g: alimenter, flemme, dramme (pour

dragme, cf. § 410, 1). La forme flemme est restée populaire et s’emploie dans la conversation familière; cf. l’expression populaire flémard (ou flemmard).

429. GN. Ces deux consonnes se fondent en une seule, en un n mouillé [p]: agnellum > agneau [apo], d ignare > daigner [dspe], etc.; pour les détails, voir §§ 333 — 336.

Cas isolés. Dans plusieurs proparoxylons d’adoption postérieure, N est tombé: pagina > page, etc., voir § 327,a. Notez plantaginem > plantain, et propaginem > provain, remplacé par provin (§ 222, a). Vfr. imâgene (d’où image, voir § 259, Rem.) < imaginem est savant.

430. GL. ( les deux consonnes se fondent en une seule, en un / mouillé: coagulare > cailler; vigilare > veiller, etc.; pour les détails, voir § 350 ss.

Cas isolés. Fr agi le m > fraile, frêle; on a eu aussi une forme fraisle due probablement à l’influence de graisle (gracile m). Dans quelques mots, (j s’est vocalisé en [u]: Tegula

> liule, tuile (§ 518,4). Régula > vfr. reule (resté en anglais sous la forme rule) > riale > mile, d’où ruiler, ruilée; on avait aussi reille (§ 352). Le nom de saint Regu lus avait au moyen âge les formes Rieul et Reelle.

Mots d’emprunt. Règle, régler, coaguler, fragile, etc.

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