‹ Grammaire historique de la langue française (volume 2)Chapitre 25 sur 294 · E fermé protonique libre s’affaiblit en e féminin [a · texte numérisé non relu

E fermé protonique libre s’affaiblit en e féminin [a

devoir

bï s a cci a

besace

dënarium

denier

mïnare

mener

fënuculum

fenouil

menu

pë(n)sa re

peser

pï 1 a re

peler

Cas isolés. On trouve a dans: balance < *bil an ci a (§ 506, i) ; jaloux < zelosum (influence de jalne, jaune?); faner < vfr. fener (encore dans Vaugelas, Remarques, II, 385) < *fœnare (dér. de fcenum); glaner < vfr. glener (encore dans A. d’Aubigné, Misères, v. 1040 et dial.) mot d’origine gauloise. — Un ï protonique a été syncopé devant r dans quïrïtare > crier ; cf. § 151, Cas isolés.

Formes analogiques. Sur créons > croyons, néons > noyons, pelu > poilu, etc., voir § 300,2.

Mots d’emprunt. Bitume, cigogne (vfr. ceogne ); ciguë (vfr. cëue), mineur (vfr. menor), ministre, sinistre; féminin, uénal. nérité; notez aussi désert, désir, désirer, dévorer qui ont remplacé desert, désir, desirer, devorer ( Manuel phonétique, § 83, Rem.).

Remarque. L’existence de l’e féminin protonique au moyen âge paraît assurée par la signature d’Anne de Russie sur un diplôme royal de Philippe Ier, daté de l’an 1063. La reine mère, dont la souscription se trouve au-dessous du du monogramme du roi, écrit en français, tout en se servant des caractères cyrilliques. Voici la signature: ANA PbHNA, c.-à-d. Ana reïna (pour reine). L’emploi de b à la première syllabe est très curieux: on sait que cette lettre désignait autrefois un son obscur, qui a dû se rapprocher beaucoup de l’e féminin moderne (voir A. Thomas, Essais de philologie française, p. 159 ss; comp. Ilomania, LIV, 309).

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