Mots apparentés ou identiques
Aigle. — Une aigle remonte directement au lat. aquila, un aigle paraît tiré de cette forme pour désigner le mâle. Il y a eu longtemps hésitation entre les deux genres. Dans la langue actuelle aigle est presque toujours du masculin; par un aigle on désigne l'oiseau, un homme supérieur (sens ironique) et l'insigne de certaines décorations: Vaigle noir de Prusse, etc.; rappelons aussi le terme technique papier grand aigle. On ne dit une aigle qu'en parlant d'une enseigne : les aigles romaines, les aigles napoléoniennes; mais une aigle pour un aigle femelle ou la femelle de Vaigle est absolument vieilli.
Amour, voir § 699.
Automne, est emprunté du lat. au tu m nus; il est donc étymologiquement masculin, mais déjà au moyen âge on le fait aussi féminin. Cette hésitation s'est continuée jusqu'à nos jours malgré le décret de Vaugelas: » Automne est tousjours féminin* {Remarques, II, 454). Les grammairiens modernes ont essayé d'établir une différence entre un automne et une automne. L'usage actuel incline décidément pour le masculin: un bel automne, un automne pluvieux.
Cartouche. — Le cartouche, encadrement sculpté ou gravé, emprunté de l'it. cartoccio. La cartouche, emprunté de l'it. cartuccia.
Claque, voir § 715.
Couple. — Le couple, du latin populaire copulum. La couple < lat. copula. L'hésitation entre les deux genres, qui existe dès le moyen âge, a été employée depuis le XVII* siècle pour exprimer une nuance de sens; on dit un couple heureux, un
couple de chiens, un couple de tourterelles, mais une couple d'œufs, une couple d'années.
Crêpe. — Le crêpe est l'ancien adjectif crespe, crépu (lat. crispum) employé substantivement. La crêpe est ou le féminin de l'adjectif crespe (comp. § 647) ou un postverbal tiré de crêper (§ 548).
Critique. — Le critique, emprunté de cri tic us; la critique, emprunté de critica.
Délice, voir § 675.
Espace, voir § 683.
Exemple. — Un exemple < exemplum. Une exemple < exempla (comp. II, § 247, i, Rem.). Le genre féminin s'est conservé longtemps dans l'expression une exemple d'écriture; on ne se sert plus du genre féminin.
Faune. — Le faune, emprunté du lat. fa un us. La faune, tiré du masculin, d'après flore.
Foudre. — Ce mot est masculin selon l'étymologie (lat. fulgur), il est devenu féminin à cause de la terminaison. On a longtemps dit le foudre et la foudre indistinctement. Dans la langue moderne la foudre a prévalu ; le foudre est vieilli et ne s'emploie qu'au sens figuré et en poésie: un foudre de guerre, un foudre d'éloquence.
Gens, voir § 712. • .
Hymne. — Ce mot, qui est emprunté du lat. hymnus, est régulièrement masculin; on l'a aussi fait du féminin, peut-être à cause de Ve final (§ 701), et on a attribué à une hymne le sens de chant d'église. L'Arrêté ministériel du 26 février 1901 dit: »0n tolérera les deux genres aussi bien pour les chants nationaux que pour les chants religieux. « Il faut pourtant remarquer que le mot est senti comme essentiellement masculin par les Français de nos jours; un bel hymne est une expression toute naturelle, une belle hymne est plutôt un archaïsme et on préfère dire un cantique.
Laque. — Le laque, ouvrage recouvert de vernis de la Chine, a été tiré du féminin la laque qui désigne une matière résineuse, récoltée sur divers arbres; il vient du latin du moyen âge lacca, mot d'origine persane. Le peuple dit fautivement du laque en bâton, et de la vraie laque de Chine.
Manche. — Le manche, du lat. pop. m a nie u m, forme mascuHne tirée de manie a. La manche < lat. m a nie a.
Mémoire. — La mémoire reproduit memoria; le mémoire est tiré du mot féminin, et le genre modifié peut être dû au changement du sens; on pourrait aussi le faire remonter à *memorium.
Mensirue. — Ce mot qui reproduit le lat. menstruum est indifféremment masculin ou féminin, sans aucune différenciation de sens.
Mode, voir § 675.
Œuvre, voir § 675.
Orge. — Ce mot était autrefois indistinctement masculin ou féminin; peut-être a-ton transmis et hordeum et hordea (comp. II, § 247,1, Rem.); peut-être le genre féminin est-il dû à l'influence de la terminaison. Dans la langue actuelle le mot est généralement féminin: de Vorge commune; pourtant l'Académie prescrit orge carré, orge mondé, orge perlé. L'Arrêté ministériel du 26 février 1901 dit: »On tolérera l'emploi du mot orge au féminin sans exception.*
Orgue. — Un orgue ( lat. organum. Au pluriel le mot est féminin, et cette particularité est peut-être due à la forme organa qui a dû donner une orgue (comp. ci-dessus exemple). On dit un bon orgue, de bonnes orgues; mais il est impossible de dire cet orgue est un des plus beaux que j'aie vus. Pourtant il y a maintenant une forte tendance à généraliser le genre masculin, et l'Arrêté ministériel du 26 février 1901 suit l'usage populaire en permettant d'écrire un des plus beaux orgues. L'expression toute faite de grandes orgues, serait difficilement remplacée par de grands orgues.
Période. — On dit la période conformément au genre du mot primitif latin periodus. L'emploi simultané en français du genre masculin est peut-être dû à l'influence de la terminaison latine; la langue moderne ne l'a conservé que dans la seule expression le plus haut période (pour : le plus haut point, le plus haut degré), qui appartient plutôt au langage soutenu.
Poste. — Le poste < it. posto. La poste < lat. posita (comp.