ARE. Les mots en -are influencent ceux en -ard
Jard—jareux (comp. catarrhe — catarrheux); on disait autrefois jardeux (voir Godefroy et Dictionnaire Général).
98. ERE. Sur le modèle de fer — ferré, pierre — pierrée, etc. on a créé Pivert — piverré (voir Godefroy).
99. L Les dérivés de quelques mots en -zs, -it montrent la suppression de la consonne finale:
Brebis — brebiage, brebiette. Ces formes remontent au moyen âge, qui offre aussi brebiail, brebiaille, brebiole, brebion (voir Godefroy). A côté de brebiette on avait brebisette; comp. brebisière, gardeuse de brebis. Comp. § 86.
Mauvis — mauviette, dérivé récent.
Petit— petiot. Petitot s'emploie comme nom propre.
Souris — souriette (E. Deschamps).
Taudis — taudion, dérivé récent.
100. 1ÈRE. Un mot en iers s'est réglé sur Molière— moliérisme: Thiers — thiérisme (voir Wahlund), thiériste (voir Sachs).
101. ON. Le type patron — patronner détermine parfois la forme des dérivés des mots en -ond. Exemples:
Plafond — plafonner, plafonneur, plafonnage.
Quart-de-rond — quarderonner.
Vagabond — vag abonner ; c'est la seule forme que donne le Dictionnaire de Trévoux (I, § 60), et l'Académie l'admet. On dit maintenant vagabonder.
102. OUR, OURRE. Quelques dérivés des mots en -ourt ou -ourg se sont conformés au modèle de tour — touriste, bourre — bourrade, bourrer, etc. :
Dancourt — dancourade.
Faubourg — faubourien.
Concourt — goncouriste, goncourisme (voir Sachs, Supplément); on trouve aussi goncourtiste et goncourtisme. En parlant d'ornemaniste M. Remy de Gourmont remarque: »Des professeurs eussent forgé ornementiste, comme ils ont forgé goncourtiste qu'ils opposent à goncouriste , forme vraie puisqu'elle est la seule qui ne déforme pas la sonorité du radical « (Esthétique de la langue française, p. 128).