‹ Grammaire historique de la langue française (volume 4)Chapitre 7 sur 125 · ONOMATOPÉES · texte numérisé non relu

ONOMATOPÉES

13. Les onomatopées sont des mots imitatifs, c. à d. des mots qui prétendent imiter par les phonèmes dont ils se composent certains bruits tels * que le cri ou le chant des animaux, le son des instruments de musique, le vacarme des machines, le bruit que produisent certains mouvements ou certaines actions, le bruit qui accompagne les phénomènes de la nature, etc. L'onomatopée est toujours une approximation, jamais une reproduction exacte, et il n'en peut pas être autrement. Les phonèmes de la voix humaine diffèrent dans leur timbre et autres qualités des bruits de la nature qu'ils veulent imiter. Donc, il n'y aura toujours qu'une sorte de traduction plus ou moins exacte et plus ou moins conventionnelle. Dans plusieurs cas cette traduction est assez mauvaise, parfois elle est tout à fait à côté. Le plus ou le moins d'exactitude dépend de la difficulté que présente le bruit à imiter. Certaines voix d'animaux s'imitent facilement par la voix humaine. Dans presque toutes les langues la brebis dit beh ou meh [me:], le chat miaou ou gnao^ nao (italien), nau (finnois), et ces onomatopées sont très satisfaisantes.

Elles présentent, pour les voyelles, une correspondance assez parfaite, et le désaccord qu'offrent les consonnes est insignifiant. En voici quelques autres exemples: les chiens disent tantôt voo vov (danois), tantôt hau hau (finnois), tantôt bowwow (anglais), etc., et les cochons, dont le grognement se rend ordinairement par ô/, disent ôh [œx] en Finlande; — il est vrai que le finlandais ne connaît pas le /", mais ce petit trait montre suffisamment combien il faut se méfier de la correction des onomatopées.

14. Le plus souvent les onomatopées diffèrent beaucoup d'un pays à un autre. Voyons, par exemple, ce que dit le canard dans les différents pays. Je citerai d'abord un souvenir personnel.

Un jour, je me promenais à la campagne avec un ami français, et nous passions devant un petit lac où il y avait des canards. »Voilà des rap rap,« lui disais-je, en imitant le parler des enfants danois. »Des quoi?« s'écria-t-il, »des rap rap? Mais ce sont des canards, et les canards disent couin couin. Écoutez bien, et vous entendrez qu'ils produisent un son nasal. Jamais un canard qui sait parler n'a dit rap rap.^

Qui se douterait que ce fût le même animal qu'on désignât par des onomatopées tellement différentes? Ajoutons qu'à côté de couin couin, on trouve couan couan et cancan. Pour Montargis, E. Rolland cite une onomatopée sans voyelle nasale mouac mouac. Cette forme avec son a oral pur rappelle un peu le danois rap rap, mais elle se rapproche surtout des formes allemandes qui finissent toutes par -ack: gack gack, gick gack (gigaj, pack pack, quack quack. Comp. roum. mac mac, it. qua qua, russe kriak, angl. quack, cat. mech mech. Voici encore quelques remarques sur les mots imitant les voix de quelques autres animaux :

L'agneau s'exprime, comme nous venons de le dire, de la même manière dans presque toutes les langues: grec /î^; roum. he he he; it. bé bé; esp. beée beée ou ba-a ba-a ; cat. bee bee; angl. baa; dan. bœh ou mœh.

Le chien paraît avoir dit bau bau dans les langues classiques (comp. les verbes: ^avÇeiv et baubare). Voici maintenant quelques formes que nous offrent les langues modernes: roum. ham ham; it. bu bu; esp. guau guau; cat. bup bup ; port, béu béu ; angl. bow wow; dan. vov vov.

Le coq: roum. cucurigu; it. chicchirichi ; esp. kikiriki; cat. quiquiriqui cocoroci; port, co-que-ro-co ou cô-crô-cô; angl. cock a doodle doo; dan. kykiliky ; suéd. kukeliku; fin. kukkukiekuu.

La corneille (ou le corbeau): roum. car; it. gra gra; esp. gra gra; russe kark ; dan. kra kra; angl. caw. Selon Tennyson les corneilles disent maud, et il a employé ce mot comme titre d'une de ses poésies.

La grenouille: grec x6a§; roum. oacaca; it. gra gra ou brè brè.

La vache paraît avoir dit mu chez les anciens (comp. les verbes juvxâod^at et mugire). La même onomatopée se rencontre fréquemment dans les langues modernes: roum. mu; esp. muû; cat. muûu. Parfois la consonne initiale est changée contre un b; on trouve en anglais boo moo; le danois emploie buh et bôh; fin. môô. L'italien est isolé avec mah mah.

15. Nous constatons ainsi que les onomatopées, pour une grande partie, diffèrent de langue à langue, de parler à parler, et ce fait, qu'on a souvent négligé, suffit pour prouver combien elles sont conventionnelles. Souvent on n'arrive pas à les déchiffrer si on n'a pas d'avance le mot de l'énigme. Ainsi, qui serait capable de dire au juste quelle est la voix que les Milanais ont voulu imiter par qua quai On peut émettre des suppositions plus ou moins probables. Mais il est absolument impossible de donner à priori une réponse certaine. Les Milanais savent par tradition que qua qua imite non seulement le coassement des grenouilles, mais aussi le croassement des corbeaux. Ordinairement ces deux voix ne se confondent pas dans une seule dénomination; en Suède, par exemple, les grenouilles disent kvak kvak, les corneilles krax krax. Comme nous connaissons toutes ces onomatopées dès la tendre enfance, elles sont si intimement liées aux animaux dont elles sont censées imiter la voix et dont elles évoquent immédiatement l'image qu'elles n'éveillent jamais la critique. Nous les avons acceptées presque inconsciemment, et la question de leur conformité avec le substratum naturel ne se présente pas.

16. On ne comprend pas, d'ordinaire, à quel point nous sommes dupes de la tradition et esclaves de l'habitude: nous n'observons pas nous-mêmes, nous entendons ce que nous nous attendons à entendre pour y être préparés dès le temps où nous commencions à parler. M. M. Grammont a excellemment mis en lumière cette étrange paresse de l'esprit. Voici une de ses expériences:

»Un soir que j'entendais un coucou répéter son chant monotone, je priai un de mes amis de l'écouter avec attention et

de me dire si c'était bien coucou qu'il entendait ou quelque autre son. »Alors, me dit-il, tu voudrais que le coucou ne fasse pas coucoul<^ — »Je ne veux rien du tout; écoute et dismoi ce que tu entends.* Au bout d'un instant, il me répondit qu'il entendait bien coucou »à n'en pas douter« et qu'il trouvait d'ailleurs ma question assez saugrenue. » Saugrenue tant que tu voudras; je prétends que tu n'entends que ou ou, c'est-à-dire la même voyelle ou répétée deux fois avec une légère différence d'intonation, mais aucune occlusive, aucun c devant elle.« Après quelques minutes il était convaincu que j'avais raison. « — Pour ma part, je suis aussi convaincu que le cri n'est pas cou cou; mais je me demande s'il est vraiment ou ou, je distingue dans le cri deux sons qui me semblent assez différents. Passons maintenant à reproduire une autre expérience, entreprise également par M. M. Grammont: »Si l'on se met en face d'un balancier et qu'on l'écoute en commençant au moment où il bat à gauche, on entend tic tac, tic tac; si l'on cesse d'écouter, et que l'on recommence au moment où il bat à droite, il semble que l'on doive entendre tac tic, tac tic. Il n'en est rien: le balancier fait toujours tic tac, tic tac, ce qui montre bien que par ce mot tic tac nous ne reproduisons pas exactement le bruit du balancier; nous croyons entendre tic tac parce que c'est là ce que nous nous attendons à entendre, et si nous essayons de changer l'ordre pour entendre tac tic, nous entendons encore tic tac parce que la force de l'habitude domine les impressions de notre oreille. «

17. Phonétique. Les onomatopées se composent de une, de deux ou de plusieurs syllabes. Dans les onomatopées polysyllabes on observe une certaine harmonie phonétique procédant de la répétition rhytmique des phonèmes. Les consonnes comme les voyelles se répètent de syllabe en syllabe: cri cri, crin crin, cou cou, gtou glou, ronron, etc. A côté de la répétition simple, on observe aussi, pour les voyelles, une certaine altération harmonique: bredi breda, cahin caha, cric crac, cric croc, pif paf pouf. La modulation vocalique est soumise à certaines règles harmoniques qui ont fixé invariablement l'ordre des voyelles; on dit flic flac, jamais flac flic. Si l'onomatopée se compose de deux parties on a i-a, rare-

ment i-ou; si elle se compose de trois parties, on a i-a-ou. Exemples:

1^ I — A: clic clac, cric crac, flic flac, fric frac, tic tac, hredi hreda.

2^ I— O: cric croc, flic floc.

3^ I — A — OU : him bam boum, pif paf pouf. Nous verrons que dans les refrains on a souvent une alternance vocalique différente.

Remarque 1. En parlant de la phonétique des onomatopées, il faut constater le fait curieux et pourtant très naturel que ces mots se soustraient à tout développement phonétique (comp. I § 109 ss.); il persiste pendant des siècles sans aucun changement. Cela tient à ce fait qu'ils se créent constamment de nouveau, et en se renouvelant toujours, ils ne se renouvellent jamais; il faut maintenir l'exactitude des onomatopées, toute imaginaire qu'elle soit, et c'est pourquoi on les conserve pieusement et sans aucun changement. Une évolution phonétique régulière finirait par les rendre méconnaissables et hors d'état de remplir leur rôle.

Remarque 2. Grimm (Deutsche Grammatik, F, 562) et après lui Diez voient dans l'alternance vocalique i — a le résultat d'une influence des langues germaniques. Cette hypothèse nous paraît impossible. Il est vrai que l'alternance entre i et a dans les formules onomatopéiques est très générale en allemand et dans les langues Scandinaves (comp. dan. bim bam , kling klang, misk mask, vis vas, slidder sladder, etc.), mais il est impossible de prouver que les Gallo-Romains, en se servant de ce procédé, ont imité les Francs. L'hypothèse nous paraît aussi superflue; la création onomatopéique à alternance vocalique est, semble-t-il, un phénomène linguistique si naturel qu'il peut se produire spontanément partout. Ajoutons que notre phénomène se retrouve dans d'autres langues romanes où l'influence germanique est sensiblement moins grande qu'en français: prov. drin-dran, flist e flast, frist e frast, gnic e gnac, trin-tran\ esp. chis-chas, zis-zas, tris-tras, nifi-nafe, rifi-rafe; ii. ninna-nanna, liffe-taffe, tric-lrac, chiccheri e chiaccheri, et une foule d'autres exemples dans les dialectes. Ce fait suffira presque seul pour démontrer le peu de probabilité de l'hypothèse émise.

18. Le trait caractéristique des onomatopées, la répétition à courte distance des mêmes phonèmes, parfois accompagnée d'une modulation vocalique, se retrouve dans beaucoup de formations qui, sans être proprement des onomatopées, sont créées à leur modèle; citons comme exemples méli mélo, mie mac. Nous constatons l'existence des mêmes particularités phonétiques dans le langage des enfants et le langage hypocoristique (voir I, §§ 121, 509, i): bobo, dada, toutou, etc.

19. La sensation eurythmique provoquée par les phonèmes répétés est souvent mise à profit par les poètes. Ils recourent, pour produire certains effets, à la répétition de la consonne ou de la syllabe initiale (I, § 510); au besoin, ils ont même parfois altéré arbitrairement la forme du mot (I, § 509, 2). Dans d'autres cas ils répètent la phrase avec quelques variations artistiquement choisies pour produire une harmonie imitative. Voici deux refrains qui peignent le souffle du vent:

C'est le vent qui vole, qui frivole, C'est le vent qui va frivolant.

(Rolland, Chansons populaires, 1, 252.)

C'est le vent qui va frétillant, C'est le vent qui va, qui frétille, C'est le vent qui va frétillant.

(Bujeaud I, 135.)

Remarque. Nous observons le même procédé dans le langage enfantin ou plaisant. Exemple: Tout le monde m'appelait une rapporton et l'on chantait à mes oreilles: ^Rapporti rapporta, Va t'en dire à notre chat Qu'il te garde une place Pour le jour de ton trépas* (L. Perey, Histoire d'une grande dame. Paris, 1903. Vol. I, 38). Citons aussi une chanson de vignerons qui se chante dans le Hainaut. Elle commence ainsi :

De terre en vigne — La voici la jolie vigne!

Vignî, vigna, vignons le vin — La voici la jolie vigne à vin.

De vigne en branche —

La voici la jolie branche!

Branchi, brancha, branchons le vin —

La voici la jolie branche à vin.

20 Fonction. Sur l'emploi de la fonction des onomatopées il faut noter les points suivants:

1^ L'onomatopée devient souvent un pur substantif et s'emploie comme désignation de l'animal ou de l'objet en question: Un bribri, un coucou, un coq, un teuf-teuf; voir § 31.

2^ L'onomatopée sert souvent à former des verbes: boubouler, cacarder, chuinter, froufrouter, miauler, roucouler, etc.; voir § 32.

3^ L'onomatopée peut s'employer comme interjection: chut, couic, crac, han, hue.

4^ L'onomatopée s'emploie souvent comme refrain, surtout des chansons populaires ; voir § 28 ss.

5^ L'onomatopée joue un rôle assez considérable dans le langage enfantin.

21. Animaux. Dès l'antiquité on a fait des essais nombreux pour imiter les voix des animaux, et les essais se répètent de génération à génération. On imite surtout la voix des animaux domestiques et des oiseaux chanteurs, mais tout animal, pourvu qu'il possède une voix expressive et particulière, excite le besoin d'imitation de l'homme. On peut dire que les voix d'animaux constituent le domaine où la formation onomatopéique joue le plus grand rôle. Ajoutons qu'il paraît tellement naturel de désigner un animal par une imitation de son cri ou de son chant, que dans beaucoup de cas l'animal n'a pas d'autre nom. Citons bribri, coucou, courlis, cricri, froufrou, tritri, furlut, etc. ; il en est de même de plusieurs animaux étrangers couagga, gecko, guit-guit, ouistiti.

22. Examinons maintenant quelques-unes des formations onomatopéiques qui se rattachent aux animaux; nous donnerons à côté de l'onomatopée pure les différents dérivés auxquels elle a donné lieu.

Agneau (voir brebis).

Alouette. — Tirelire. Son cri est aussi désigné par le verbe grisoler qui est probablement de nature onomatopéique.

Ane. — Hi hi hi, han han han (Testament de Vâne, Bujeaud I, 63; cf. Mélusine II, 300); on trouve aussi hi-han, hin-han: comp. La prose de VAne (XIII* siècle).

Bec-figue. — Tri-tri. Le cri désigne aussi Toiseau: un tri-tri.

Brebis. — Français moderne bêh. Brunetto Latini remarque que les brebis noires disent meh, les autres beh (Trésors, p. 254). De bee on a tiré le verbe beeler, devenu bêler, bêler.

Bruant des haies. — Bribri; l'onomatopée désigne aussi l'oiseau.

Caille. — Son cri est désigné par le verbe courcailler, d'où le substantif courcaillet.

Canard (voir § 14), — Couin couin. On trouve aussi quand quand (p. ex. dans le conte fantastique Bout de Canard).

Chat. — Miaou^ d'où miauler, et ronron, d'où ronronner.

Chien. — Vow\ vow. — Hou, hou, hou, je garde la porte (Chanson). Un cri retentit: Ouap! C'est le petit chien Toto . . . (A. France: Pierre Nozière p. 49). Dans Cyrano de Bergerac (I, Se. 4, p. 34) M. Rostand fait pousser au public les cris suivants: Hihan! Bêê! Ouah, ouah ! Cocorico. Dans un texte du XVP siècle on trouve une forme nasalisée ouan, ouan (voir Moyen de parvenir, chap. XC).

Chouette. — Son cri est exprimé par le verbe chuinter.

Colombe. — Roucou, d'où roucouler (l'explication de G. Doncieux dans la Romania 1899, p. 437 me paraît inacceptable) ; on trouve dans la vieille langue rouconner, rencouller.

Coq, nom dû à une imitation du chant de l'oiseau. Comme onomatopée on emploie ordinairement coquericot ou cocorico. Dans l'ancienne langue on trouve aussi coquelicot (appliqué maintenant à un pavot dont la fleur rouge rappelle la crête du coq).

Corbeau. — Croa, croa, d'où croasser; on dit aussi, moins fréquemment, croailler, crailler.

Corneille. — Son cri est désigné par le verbe croailler.

Courlis ou courlieu, noms dus à l'imitation du chant de l'oiseau ; comme onomatopées on trouve aussi courleri, courleret, courleru. L'oiseau s'appelle aussi turlut.

Dindon. — Glouglou, d'où glouglouter. Dans Le missionnaire de Montrouge, Béranger imite la voix du dindon dans le refrain: »Glous! glous! glous! glous! Reconnaissez la voix d'Ignace: Pleurez et convertissez-vous. «

Farlouse. — Turlut; est aussi devenu le nom de l'oiseau.

Grenouille. — Coax! coax! ou coi! Le verbe correspondant est coasser; A. Paré donne coaxer (comp. le latin coaxare). Quelques auteurs ont employé croasser, qui désigne ordinairement le cri du corbeau. — Dans Le rossignol et la grenouille. J. -B. Rousseau emploie le refrain: Brrke ke ke kex koax koax (sans doute d'après Aristophane).

Grillon. — Cri cri (on écrit aussi cricri). L'onomatopée désigne aussi l'insecte: un cri-cri.

Hibou. — Son cri est imité de plusieurs manières différentes: boubou, houhou, hourougou, hourouhou, ugou, dugou, dugo, ho ho, etc. De boubou on a tiré bouhouler ; de ho, hôler.

Loup. — Hou hou, faisait le loup (Daudet, La chèvre de M. Seguin).

Moineau. — Guilleri

Mouche. — Zon zon (G. Grandmougin, La chanson des mouches).

Oie. — Son cri est exprimé par le verbe cacarder.

Oiseau-mouche. — Frou frou. Désigne aussi l'animal.

Poule. — Son gloussement au moment de pondre est exprimé par caqueter ou creteler.

Ramage des oiseaux. Cui! cui! Tiou! Ré! Toti! Cui! Oui, oui! (P. et V. Margueritte, Zette, p. 104).

Rossignol. — Au moyen âge on imite le chant mélodieux et mélancolique du rossignol par oci (ou occï): Quant j'oi chanter à mes oreilles Le roussignol oci, oci (Meraugis). Pour d'autres exemples, voir Godefroy. Cette onomatopée très dure et très peu satisfaisante ne se trouve pas après la Renaissance. Dans une chanson moderne on trouve ii ou ti ti ou d ti ou ti ti.

Serinette, s'appelle aussi turlutaine, dérivé de l'onomatopée turlut.

Souris. — Son cri est désigné par le verbe guiorer.

Vache. — Meuh; cette onomatopée se retrouve probablement dans le verbe meugler, altération de beugler; on trouve aussi moû!

Dans Le Déluge, Xanrof (I, § 81) a réuni un certain nombre de voix d'animaux:

Et tous les animaux ravis

Poussaient de grands cris ahuris:

Hi-han, miaou, cocorico,

Ouaf-ouaf, meii-meu, bé-bé, couin-couin.

N'y avait que les poissons

Qui ne disaient rien.

23. On interprète souvent le chant des oiseaux de différentes manières; on croit y entendre des mots intelligibles, même des phrases entières qu'on transpose en des dictons populaires, et les oiseaux arrivent ainsi à donner aux hommes des conseils de conduite, de morale, d'économie, etc. Voici quelques faits recueillis par M. P. Sébillot: »En Wallonie on

interprète de la même manière le chant de la mésange charbonnière: Si si deu (bis), Pây tè dèt' Si tu deii. Dans le Midi l'alouette dit: Que te fa fali (fais-lui ce qu'il te fait). Le corbeau qui est carnassier, exprime cyniquement sa voracité; plusieurs formulettes méridionales se rapprochent de celle-ci usitée en Auvergne: Couac! couac! couac! Vole de la car! Couac! couac! (je veux de la chair); aux environs de Rennes, il répète: Cadavre! cadavre! (Folklore de la France. Paris, 1906, p. 260). Sur les grenouilles M. Sébillot (z/?., p. 260) observe: »0n sait qu'un chœur de grenouilles figure dans la comédie athénienne qui porte leur nom; il est fort possible que l'idée en ait été suggérée à Aristophane par une interprétation populaire de leur coassement, apparentée à celles qui sont usitées en plusieurs pays. Parfois c'est une petite saynète où le dialogue s'engage entre un coryphée et une sorte de chœur. Dans le pays fougerais, la première grenouille qu'on entend le soir est la reine et elle dit aux autres:

Qu'est-ce qui lavera L'écuelle du roi?

Alors toutes de répondre:

Ça n'est pas ma, Ni ma, ni ma, etc.

Jusqu'à ce quelles soient endormies l'une après l'autre, alors leur prière est finie. A Genève, on traduit ainsi leur coassement:

Le roi est allé — Où! Où!

A Cognac!^

24. Instruments de musique, armes, etc. Dans ce domaine les onomatopées sont moins nombreuses. Comme les bruits et les sons dont il s'agit ici sont ordinairement plus difficiles à imiter que les voix d'animaux, on se contente généralement d'approximations assez peu satisfaisantes.

Canon. — Poum poum. On trouve dans la vieille littérature petouf (Farce des trois Galants v. 96).

Clarinette. — Trum (Th. de Banville, Odes funambulesques, p. 99).

Cloche. — Bim ham boum. Din dom, din dom ou din don, din don. Rappelons un vers de Béranger: Digue, digue, dig, din, dig, din, don (Le carillonneur).

Cor de chasse. — Trantran ou traintrain. Au XVP siècle on avait le verbe trantraner.

Fusil. — Pan pan! Pif paf. Le pif paf pouf des balles (Scribe, Les Huguenots).

Sonnette ou timbre. — Bing bing. Exemple: Il n'y a que lui pour faire vibrer le timbre de sa porte, — bing . . . bing, deux coups rapides (G. Droz, Entre nous, p. 242). Drelin drelin, d'oii derliner (comp. I, § 518): La cloche derlinait à toute volée (Huysmans, Les sœurs Vatard, p. 75). Drelin dindin. Tintin (ib., p. 89). E. Pasquier parle du tintin de la cloche que les enfants appellent dindan (Recherches de la France, VIII, chap. 6).

Tambour. — Rataplan, rataplan, ou planplan. Un petit tambour qui fait planplan (Chanson enfantine). On trouve aussi ran tan plan (Nisard, Chansons populaires II, 168) ou ran plan plan (Daudet, Nostalgie de caserne); tarare et boumboum. E. Pasquier cite le palalalalan des tambours (Recherches de la France, VIII, chap. 6).

Triangle. — Ktsin (Th. de Banville, Odes funambulesques, p. 96).

Trompette. — Ratata! ratata ou tatarata. Tarata! (Daudet, Tartarin de Tarascon). Une belle petite trompi-trompette qui fait trara déri dérette (Chanson enfantine).

Violon. — Les sons du violon sont reproduits de beaucoup de manières très différentes. On trouve crin crin, d'où: un crincrin pour un mauvais violon, flon flon, zon zon, zig zig. Voici un exemple de cette dernière onomatopée qui se trouve dans le texte de H. Cazalis pour la Danse macabre de Saint-

Saëns :

Zig et Zig et Zig, la Mort en cadence Frappant une tombe avec un talon, La mort à minuit joue un air de danse, Zig et Zig et Zig, sur un violon, etc.

Violoncelle. — Vzrumz (Th. de Banville, Odes funambulesques, p. 97).

Voici pour finir le premier couplet d'un vieux noël lyonnais où sont représentés et imités les sons de plusieurs instruments:

La musette quine, Hautbois font nana, Tarantant la buccine La viole zon za, Fan fan la trompette, Frin frin le rebec; Tiirlu dit la flûte, Toutou le cornet.

25. Nous donnerons ici par ordre [alphabétique diverses autres imitations.

eu cla clo clou imite le gazouillement de l'eau d'un petit ruisseau passant sur des cailloux.

Clic clac. Exemple: Le clic-clac de ses gifles (Huysmans, Les sœurs Vatard, p. 140).

Crac exprime le bruit sec que font les corps durs se rompant ou s'entrechoquant. Dérivés: craquer, craqueler, craqueter.

Cric exprime le bruit d'une chose qu'on déchire.

Cric crac peint le bruit sec d'une chose qui se rompt ou se déchire.

Croc exprime le bruit que fait une chose qui se brise sous la dent, sous le pied.

Flic flac exprime le claquement d'un fouet et le bruit de soufflets donnés.

Fric frac imite le bruit d'une chose qui se déchire. S'emploie aussi dans quelques locutions : ne trouver ni fric ni frac (rien à manger). Il n'y a ni fric ni frac. Dans l'argot des cambrioleurs fric frac désigne l'art d'ouvrir les portes.

Frinc frinc imite le son que produit un trousseau de clefs qu'on agite. Exemple: »M. Viot ne prononça pas de discours, mais ses clefs, frinc frinc frinc, parlèrent pour lui d'une façon si terrible, frinc frinc frinc, si menaçante que toutes les têtes se cachèrent«, etc. (Daudet, Le petit Chose, p. 61).

Frou frou exprime le froissement des feuilles et surtout de la soie. Halévy a personnifié cette onomatopée dans une pièce très connue, Froufrou (1869).

Glou glou imite le bruit que produit le vin sortant du col

d'une bouteille. On se rappelle les vers du Médecin malgré lui

(I, se. 6):

Qu'ils sont doux, Bouteille jolie, Qu'ils sont doux Vos petits glous-gloiis.

Pan pan exprime soit le bruit occasionné par un corps qui tombe subitement ou frappe sur un autre corps, soit le bruit de quelque chose qui éclate. On frappe à la porte: pan pan; on tire un coup de fusil : pan pan ; on débouche une bouteille de Champagne, et le bouchon fait pan pan.

Pim peint le bruit d'un marteau frappant sur l'enclume.

Plie ploc plac imite le bruit de la pluie. Exemple: Il tomb' de l'eau, plic^ ploc, plac, Il tomb' de l'eau plein mon sac. (Richepin, Chanson des gueux, p. 22).

Tac imite le bruit du fer qui vient choquer le fer. S'emploie comme substantif: Parade du tac, riposter du tac au tac.

Tac tac imite la répétition uniforme d'un bruit sec: le tac tac d'un moulin; d'où taqueter. J'entends le moulin tique tique taque J'entends le moulin taqueter. (Rolland, Chansons populaires, I, 79.)

Teuf teuf — le bruit que fait une automobile, d'où le substantif: un teuf-teuf.

Tic tac imite le bruit d'une horloge ou d'un moulin.

Toc toc exprime un bruit, un choc sourd; on frappe à la porte: toc toc.

Trictrac exprime le bruit des choses qui se heurtent.

26. Interjections. Beaucoup d'interjections, surtout celles qui expriment la douleur, la surprise, le dégoût, sont d'origine onomatopéique; elles reproduisent souvent assez fidèlement le bruit naturel qui accompagne la sensation en question (comp. § 631—632):

Aïe exprime la douleur; nous retrouvons probablement cette interjection dans le substantif aï, nom d'une maladie.

Bouf, forme originaire probable de bouffer.

Brrou. Exemple: Désirée avait des frissons dans le dos, brrou! ça devait être -froid (Huysmans, Les sœurs Vatard, p. 86).

Couic. — Dès que le rat a goûté l'exquise substance [la mort aux rats]: couic! (P. et V. Margueritte, Zette. p. 144).

Cric crac. — Les situations s'engagent, se dégagent, se rengagent, cric^ crac, sans que les personnages aient pu seulement prendre le temps de s'asseoir. (P. Hervieu, Peints par eux-mêmes, p. 116).

Han, cri des gens qui font effort.

Haro, exclamation pour appeler à l'aide. Tel est l'emploi primitif de ce mot dont la langue moderne fait un autre usage.

Hi hi imite les pleurnichements et les ricanements des enfants; appartient surtout au langage familier.

Houp, cri pour appeler ou exciter un chien, un cheval; d'où houper.

Ouich. Exemple: J'étais passée dans sa chambre à coucher, comptant bien qu'il me suivrait pour m'aider, ah! bien ouich! (Huysmans, Les sœurs Vatard, p. 149).

Patati patata exprime un babil insignifiant et ennuyeux: Il entre et soudain dit: Prêchi! prêcha! — Et patati, et patata. Prêtons bien l'oreille à ce discours-là. (Déranger, Le juge de Charenton).

Patatras, peint le bruit que fait un corps qui tombe.

Plouf. — Se sentir mourir, et ressusciter soudain, à la dernière seconde, quand, plouf! l'air brusquement vous rentre dans le corps (P. et V. Margueritte, Zette, p. 238).

Tproupt. — Si ne pot pas atemprer s'ire, Ainz dist al messagier : ^Tproupt, sirei« (Ambroise, Guerre sainte, v. 1466). Cette exclamation d'injure et de mépris est qualifiée dans le poème cité (v. 1471) de »mot huntus«.

Vlop. — Turc, lui, est sociable, trop familier même, quand il avale, vlop! d'un coup de gueule le morceau de pain qu'on lui offre (P. et V. Margueritte, Zette, p. 134).

Zest, zeste ou zist s'emploie pour marquer que quelque chose s'est fait lestement ou pour rejeter ce dont il est question: zest, me voilà rendu; il se vante de cela, zest.

Zut. Exemple : Ah zut pour leur bière au vinaigre et vive le vinl (Huysmans, Les sœurs Vatard, p. 162).

27. Cris de chasse. La langue des chasseurs offre beaucoup d'interjections qui sont souvent difficiles à expliquer; plusieurs

d'entre elles sont indubitablement d'origine onomatopéique. Exemples:

Ça-va la-haut, cri par lequel on excite les chiens.

Hallali, cri que pousse le chasseur pour exciter les chiens.

Hourvari.

Hoye, cri destiné à poursuivre le héron (Eust. Deschamps, Œuvres, IV, 320).

Taïaut, cri pour lancer les chiens après la bête. C'est par ce cri que fut accueilli le convoi funèbre de Louis XV (Maugras, Le duc de Lauzun, p. 433).

Velci aller, mot adressé au chien pour l'obliger à suivre les voies d'une bête.

Velci-revasi (voi-le-ci, revas-y), se crie quand un cerf ruse et revient dans ses mêmes voies.

28 Refrains. Des réunions arbitraires de syllabes présentant le plus souvent un caractère onomatopéique s'emploient beaucoup dans les refrains. Ces refrains sont tantôt vides de sens, tantôt imitatifs.

Remarque. Dans plusieurs cas le refrain peut devenir un substantif et prendre le sens de > refrain*. Tel est le cas de faridondaine, flonflon, lanturelu, turelure, virelai (de vireli, sous l'influence de lai). On trouve de même dans la vieille langue un dorenlot Citons enfin mirliton qui parait aussi être un ancien refrain.

29. Refrains vides de sens. — Ces refrains ont tous un caractère euphonique très prononcé; grâce à la répétition harmonique des sons, ils sont faciles à chanter et faciles à retenir. Plusieurs d'entre eux reviennent dans toutes les langues. Ils s'emploient surtout dans la poésie populaire.

Exemples : La la. Tra la la. Tra déri déra. Laire la, laire lan laire; laire la; laire lan la; Ion Ion laire, Ion Ion la. Landerirette lande riri. Lon lan la derirette Ion la deriri. O gué Ion la lanière. 0 reguingué o lon lan la. Et ron ron ron petipatapon. Palatin patatan, tarabin taraban. La farira dondaine, la farira dondé. Mirliton, mirlitaine.

30. Refrains imitatifs. Ces refrains sont très employés dans la poésie lyrique bachique et burlesque. On crée des

refrains qui imitent les instruments de musique, le chant des oiseaux et les bruits qui accompagnent une bacchanale.

P Instruments de musique. Les refrains qui imitent le son des instruments sont très employés. En voici quelques exemples:

Biniou. — Bohino pinpin. Pin bobino bino bino binai (Rolland, I, 64).

Cor de chasse (cf. § 24). — La tridenne dondenne. La tridenne dondon (Bartsch, II, 30). Tra vadelaritandenne. Tra vatelaritondon {ib., II, 44).

Ces imitations sont médiévales; en voici une plus moderne: Du cor n'entends-tu pas le son? Tonton, tonton, tontaine, ionton (Béranger, La double chasse).

Musette. — Civalala duri duriaus. Civalala durette.

Violon (cf. § 24). — Flon flon flon, tarira dondaine, Flon flon, tarira dondon. On emploie aussi zig avec des variations:

En revenant de Bordeaux

La belle zigue, zigue,

La belle zigue zon, De Bordeaux à la Rochelle

Zigue, zon zaine, etc.

Voici pour finir quelques refrains prétendant imiter le bruit de tout un orchestre.

Boum! malaizim! malatzim malatzim! zim! ...

Ta ra ta ta pan ! ta pan ! ta pan ! Boum malatzim! malatzim malatzim! zim!

Ta ra ta pan ta prum ! ta prum ! ta prum!

(Sai'repont, Cliansons militaires de la France, p. 71).

Sonnez, trompette, en avant la musique, Dzing boum boum, Dzing boum boum, Dzing malatapoum.

Remarque. On crée parfois des refrains en transformant le nom de l'instrument en question. En voici un exemple tiré d'une chanson napolitaine moderne de Paris (Paroles et musique de Marinier).

Sous ton balcon, ô ma divine, Je viens te chanter en passant Aux accords de ma mandoline La joyeuse chanson de mon amour naissant. Refrain: Mandoli, mandoli, mandata, etc.

2^ Voix d'animaux. Des refrains formés sur les voix d'animaux sont fréquents dans la vieille poésie lyrique. En voici un exemple tiré des poésies de Froissart. Le poète demande pourquoi on aime tant le chant du rossignol et il répond:

Pour ce qu'il est jolis et amoureus,

Et dist: Oci, oci, joieus, joieus,

Fui de ci, fui! Tout mi est bon, dur et mol.

Une chanson populaire très répandue, L'alouette et le pinson, a pour refrain :

L'alouette fit: Falurette, Le pinson fit: Faluron.

(Puymaigre, Chansons populaires, II, 79).

La poésie moderne emploie de ces refrains surtout dans le genre comique :

Mia-mia-ou! Que veut Minette?

Mia-mia-ou! c'est un matou.

(Béranger, La chatte.)

Co, co, coquérico.

France, remets ton shako.

Coquérico, coquérico.

(Béranger, Notre coq.)

3^ Chansons à boire. Dans les refrains qui accompagnent ces chansons, on cherche souvent à imiter le bruit qui se produit quand on débouche une bouteille, quand on verse le vin et qu'on le boit, quand on choque les verres et les cruches, etc. Exemples: Tru, tru, trut. Dihhedibhedon. Cli clo cla clou, eu clo cla la tirette la liron. Glou glou (§ 25). Pon pon pon. Pan pan pan. Tin tin. Trinquons, et toc, et tin, tin, tin! Jean, tu bois depuis le matin (Béranger, L'ivrogne et sa femme).

31. Noms. A côté des onomatopées substantifiées telles que cricri, crincrin, coucou, mirliton, turelure, etc., dont nous avons déjà parlé, il faut nommer les suivantes: Du bric-à-brac, du brouhaha, un cliquetis, un ou plutôt une gnangnan, un haha, une haha, un méli-mélo, un mic-mac, un patapouf, un patatras, un trantran, un zigzag, etc.

Rappelons aussi le mot you-you, dont voici un exemple de Guy de Maupassant. Il écrit: Le yacht s'incline portant toute sa toile et court suivi toujours du you-you dont l'amarre est

tendue (Sur l'eau, p. 26). Ainsi ijou-ijou signifie ,yole^ et imite probablement par ces phonèmes le clapotis de l'eau contre les bords du bateau.

32. Verbes. Aux exemples déjà cités, tels que croasser, derliner, hôîer, roucouler, etc. il faut ajouter les suivants: bahillery barboter^ caqueter, chuchoter, claquer y vfr. cliquer, cliqueter, craquer, croquer, criquer, crisser, flaquer, frétiller, gargouiller, haleter, hennir, Imcher, japper, papoter, ronfler, tinter, zézayer.

33. Particules. Un petit nombre de formations onomatopéiques s'emploient comme adverbes ou interjections. Exemples:

Bredi-breda. — Raconter quelque chose bredi-breda, c. à d. en embrouillant tout par trop de précipitation.

Buf-baf. Si je dy nuf elle dit naf, Si je dy buf elle dit baf (Montaiglon, Recueil de poésies françaises, II, 189).

Cahin-caha, tant bien que mal, avec peine. — Il se porte cahin-caha. L'affaire va cahin-caha. Un fiacre allait trottinant Cahin-caha, Hudia, hopla! (Xanrof, Chansons sans gêne, p. 61). L'étymologie proposée par le Dictionnaire Général (qua hinc, qua hac) est inacceptable.

Couci-couci, comme-ci, comme-ça, entre les deux; emprunté de rit. cosî cosî. On trouve aussi une forme populaire avec alternance vocalique: couci-couça.

Dare dare, en grande hâte — venir dare dare, faire quelque chose dare dare.

Ric-à-rac. — Payer ric-à-rac, c. à d. avec une exactitude scrupuleuse. Cette formule est une variation moderne de ricà-ric, comme on disait au moyen âge.

Remarque. Pour les exemples cités dans les paragraphes précédents, nous nous sommes tenu, en règle générale, à la langue littéraire. Un examen méthodique et détaillé des patois et des argots donnerait une moisson bien plus riche. C'est surtout dans le parler populaire que se développent librement les créations onomatopéiques, qui, grâce à leurs qualités phonétiques, prêtent à la langue une certaine grâce alerte et une sonorité pittoresque.

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