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ADVERBES DE NÉGATION

priment la négation*. Pour donner plus de force à ''expression de nos jugements, nous les accompagnons 7olontiers d'une comparaison (pauvre comme Job, fort comme un lion, féroce comme un tigre, etc.), ou d'une estimation : « cet objet ne vaut pas un sou. » Les Latins disaient de même : ne pas valoir un as, une plume, une noix, un hilum (point noir de la fève). De à l'expression ne-/ii7um, qui est devenu ni-hil :

Nil igitur mors est, ad nos ne\\i% pertinet hilum.

(Lucrèce, De nat. rer., III, 483.)

Les locutions adverbiales qui servent en français à exprimer la négation sont au nombre de six : pas, point, mie, goutte, personne, rien :

Pas (du latin passus). « Ne point faire un pas. »

Point (du latin punctum). « Je ne vois point, »

Mie : du latin mica qui avait le sens de miette: mica

est devenue mie en français, comme urtica (ortie)

vesica (vessie) , pica (pie), etc. . . . Mie fut employé comme

négation jusqu'à la fin du seizième siècle (je ne \i

vois mie) ; et dt'jàchez les Latins, mica servait au môme

usage :

Nullaqiie m'.ca salis.

(Martial, VII, î6.)

Goutte. Du latin gutta, employé aussi au senf

gatif par les Latins :

Quoi r.eqtie par2ta gxtta certi consiliL

(PUut^ )

1. Voyez Schweighân»er.*Z)c la négation dan» les langues românes ^ et Chev. III, 330-340.

Cette locution adverbiale qui était autrefois d'un usage général (ne craindre goutte, n'aimer goutte, etc.), est restreinte depuis le dix-septième siècle aux deux verbes voir eX entendre (n'y voir, n'y entendre goutte).

Personne (du latin persona)^ joint à la négation ne, prend le sens de nemo.

Rien (du latin rem) était substantif dans l'ancien français et gardait le sens originaire de chose : la riens (res) que j'ai vue est fort belle. Une très-belle riens (res) . — Joint à une négation, il signifie nihil, comme ne ,., personne signifie nemo : Je ne fais iien. — Cet emploi de rien est très-judicieux, et il ne perdit son sens naturel de chosey pour prendre celui de nihil [conmie dans la locution : « on m'a donné cela pour rien*], que par l'habitude que Ton avait de construire ce substantif avec ne pour former une expression négative. C'est aussi par l'histoire du mot rien que s'explique ce passage de Molière dans lequel rien est à la fois négatil et positif :

Dans le siècle ou nous sommts On ne donne rien pour rien.

{École des Femmes, II, 2.)

Terminons par l'observation générale qu'à l'origine les locutions adverbiales pas, mie, goutte, point, etc., furent employées d'une manière sensible, c'esi-à-dire placées dans une comparaison où elles avaient une valeur propre : Je ne marcheras, je ne \ois point, je ne mange mie^ je ne bois goutte» Atc...

SECTION II Prépositions.

Les prépositions latines ont ponr la plupart persisté en français; cependant aby cis, ex, ergo, ob^ prx, propter et quelques autres de naoïndre importance ont disparu.

Les prépositions nouvelles créées par la langue française sont ou des compositions de prépositions simples : envers (in-versus), encontre (in-contra), dans (de intus), etc., ou des substantifs : c/iez(ca8a), ou bien aussi des participes présents : durant, pendant, moyennant, nonobstant, etc.

On peut diviser les prépositions en huit catégories.

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