I. 8olij, Mémoires, H, t
d'épuration que Malherbe avait commencé, mais en Texagérant au delà des bornes nécessaires, et en desséchant les sources vives de la langue. Ces coupures et ces suppressions sont consacrées par le Dictionnaire d^ l* Académie (dont la première édition paraît en 1694). C'est un recueil par ordre alphabétique de tous les mots admis « par le bon usage * , » hors duquel il n'est point de salut pour tout écrivain qui aspire au titre de pur. Si j'écrivais V histoire de 1« langue française, au lieu d'en tracer une fugitive esquisse, ce serait ici le lieu de retracer l'influence personnelle des grands écrivains sur la marche de la langue, et sur sa formation, celle de Pascal, de Bossuet, de Molière au dix-septième siècle , — de Voltaire , de Montesquieu , de Rousseau, au dix-huitième, et l'empreinte qu'ils ont laissée sur tiotre idiome.
La langue subit peu de changements au dix-huitième siècle , et le néologisme y est à peu près insensible. Voltaire opère quelques réformes orthographiques (par exemple la diphthongue ai pour oi : français au lieu de fraiiçois, etc..) Tandis que des grammairiens isolés (l'abbé Dangeau , etc. i,), tentent, après Ramus au seizième siècle, ExpiUy au dix-septième, de conformer l'orthographe, sur la prononciation, en un mot d'écrire comme l'on parle, — tentative absurde en elle-même, puisque l'orthographe du mot résulte de son étymologie, et que la changer, ce serait lui enlever ses titres de noblesse,— quelques autres rêvent la chimère d'unr