‹ Grammaire historique de la langue française. PréfChapitre 3 sur 168 · DE LA DEUXIÈME ÉDITION. VU · texte numérisé non relu

DE LA DEUXIÈME ÉDITION. VU

Le procédé d'après lequel le français 8*est formé du latin est très- simple et très-régulier; M. Brachet le résume ainsi : La syllabe accentuée du mot latin est gardée; la syllabe ou les syllabes qui la suivent, et qui sont atones, sont sacrifiées; dans les syllabes quilî précèdent, la consonne médiane est annulée, et le mot français apparaît. Voyez ligare\ lier; domina, dame; f)orticus , porche ; sollicitarej soucier, et ainsi à l'infini. Ce procédé est si uniformément observé, qu'on l'appellerait un système s'il n'était pas une opération spontanée et inconsciente.

Il n'est, du reste, dit M. Brachet, que la généralisation de ce qui, au temps même de la latinité, se passait dans le parler populaire. Ce parler. disait cal' dus, au lieu de calidus; frigdus, au lieu de frigidus; moblis, au lieu de mobilis; postuSj au lieu de positus; stablum, au lieu de stabulum; anglus, au lieu de angulics. A ces transformations, le français ajouta, comme il vient d'être dit, la suppression de la consonne médiane; cela, qui lui est propre, sépare son procédé du procédé italien qui la garde généralement, comme il garde les syllabes atones, faisant fichole de pebilis^ dont le français fit floibey aujourd'hui faible. De là vient que l'italien représcate si fidèlement le type de provenance; plus près du soleil latin, il en reflète bien mieux les rayons que la Gaule, qui ne les receait qu'affaiblis et modifiés à travers son ciel lointain .

Le procédé form;^Jif du français, une fois déterminé, fournit le moyen de reconnaître au premier coup d'oeil les mots faits par les lettrés et par les savants, à une

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