PRONOMS POSSESSIFS
espérance. Ta et sa devinrent de même t\ s* : t*amie et fdmef au lien de ta amie et de ta âme. Cette distinction commode, claire, qui est étymologique et fondée sur une juste connaissance de la langue, disparut à la fin du quatorzième siècle. Au siècle suivant, on ne dil plus m'ânie, t' espérance, ï amie y mais comme aujourd'hui mon dme, ton espérance^ ton amie, accolant ainsi par une erreur détestable le pronom masculin m;0n (meum) à un substantif du genre féminin. Ce so- Iccisme a persisté, et la construction de Tancien français est tombée dans Toubli *. c C'est ainsi que « les choses se changent et aujourd'hui notre oreille • serait aussi étonnée d'entendre m'espérance que » Toreille d'un homme du douzième siècle l'aurait été « d'entendre mon espérance. Seulement remarquons « que la logique grammaticale est pour lui, et que nous a n'avons pour nous que la sanction brutale de l'usage. « A (jui remonte vers l'antiquité, la logique gram- « maticale se montre de plus en plus sûre et exacte ; « ce qui ne veut pas dire qu'une langue qui, en che- « minant, fait nécessairement des pertes de ce côté, 1 ne paisse les compenser et au delà par d'aulres qua- I lités. Ce qui ne veut pas dire non plus que je pro- « teste contre l'usage actuel et qu'en grammairien « inexorable je désire qu'on efface le solécisme e: « qu'on restitue l'ancienne régularité ". »
4. Elle ett restée dam l'ex]Mrei8ion m*antour : Alltz, m'arnoor, tt dites à votre notaire qu*il expédie ce que voue save$ (Muliëre, MaiaJe imaginaire^ III, 2).
t78 FLEXION.
CHAFITRE m.
niONOMS DâMONBTHATiyB.
ju9s pronoms démonstratifs français sont au nombre de trois : 1« cet, 2*» celui, 3* ce, combinés Tun et l'autre aux deux adverbes ci et là.
I. CE. — Au treizième siècle, ço; au onzième, il devient iço, c'est-à-dire ecce-hoe.
II. CET. — Dans notre ancienne langue cest, plus anciennement cist, et au douzième siècle icist, c'està-dire ecciste
III. CELUI. —En vieux français celui esi le cas-régime de cel ou cil, qui est plus anciennement icU, c'est-àdire eccille. Voilà pour l'étymologie *.
Quant au sens, cist ou cest ou cet avaient celui du latin hic, et servaient à indiquer les objets les plus rapprochés; cil, cel ou celui avaient le sens de ille et servaient à désigner les objets les plus éloignés : ainsi dans la fable de La Fontaine (III, 8), les vers
Vivaient le cygne et l'oison, Celui4à destiné pour les regards du mal trei Celui-ci pour son goût,
ussent été au treizième siècle :
Vivaient le cygne et Toison IcU (ou cil) destiné pour les regards du maître. leest (ou cest) pour son goût.
I. Csux, Tieaz français iceui, représente eecillot, comme eux (nous l'avoDi tu p. 473), représente illot.