I. Indicatif présent
C'est à tort qu'on ajoute « à la première personne (dans la deuxième et la troisième conjugaison), pars, rends. Cette lettre, contraire à l'étymologie (video, réddo), n'existait point dans l'ancien français, qui disait : je rend, je voi, conservant avec raison la lettre s pour caractériser la deuxième personne du singulier , tu rends ( reddis ) , tu voii (vides).
Sur l'origine de cet s à la première personne du
gulier, voir ce qui a été dit plus haut (p. 188).
Le { caractéristique de la troisième personne du singulier, — amal, vider, legil, audir, — persista dans
l'ancien français, il aimeT\ il voit, il lit, il ouït. Par me de ces inconséquences dont notre langue n'oflVe que trop d'eiemples, ce t étymologique disparut de la première conjugaison (il aime), tandis qu'il persistait dans les autres (il lit, voit, ouït).
La première personne du pluriel amàmtis était à l'origine non pas aim-orw, mais aim-omes. Plus lard toutes ces désinences en ornes s'assourdirent en ons, et le seul débris qui en soit resté dans la langue moderne est sommes (sumus), qui aurait dû faire sons^ comme aim-ome5 fait aim-orw.
La troisième conjugaison latine (1 égare), avait fortes la première et la deuxième personne du pluriel Icgtmus, léyîliSy qui auraient dû donner limes ^ lîtes, et non lisons, lisez, qui sont des formes faibles. C'est à tort qu'on a accentué la terminaison et prononcé leg-imus, legitis qui dès lors ont donné lisons, lisez. Dites (dfcïtis), et faites (fâcitis), qui apparaissent comme des exceptions dans notre conjugaison moderne, sont au contraire très-régulièrement formés. Notre ancienne lanj^e avait aussi forte la première personne du pluriel de ces mêmes verbes, dîmes (dfcimus), au lieu de discns, et faimes (facimus), au lieu de faisons,
n. Imparfait.
Abam, devint en français suivant les dialectes (et en allant du midi au nord) ève, oie, ew, oue. C'est ainsi qu* amabam était en dialecte bourguignon am-ève, on dialecte de l'Ile-de-France ou français am-oie, en dit-