PRÉFACE DE LA NOUVELLE EDITION X
mes collègues qui décideraient d'en tenir comp^ soit pour la quantité elle-même, soit pour l'accent tonique.
Enfin, quelque longues que soient déjà ces explications, je ne puis me résoudre à y mettre le point final sans m 'acquitter d'un devoir de reconnaissance envers tous ceux qui ont bien voulu m'honorer de leurs avis ou de leurs critiques, mais particulièrement envers notre éminent Collègue, M. Clairin, à qui je dois un grand nombre de judicieuses et d'excellentes corrections.
Tous mes vœux seraient accomplis si, au moment où tant de voix, et non des moindres, poussent le cri d'alarme, réclamant le relèvement des études classiques en péril, je pouvais être l'un des utiles collaborateurs dune telle besogne et concourir, si peu que ce lut, pour ma modeste part, à ce relèvement.
Albert Lafargue.
Notions préliminaires.
1. Le latin est une des langues indo-européennes, mères de presque toutes les langues parlées aujourd'hui en Europe, en Amérique et dans une partie de l'Asie. Les mots français ne sont que des mots latins modifiés peu à peu par la prononciation.
2. Pour bien comprendre comment le français est sorti du latin, il faudrait lui restituer sa prononciation antique. Malheureusement, par tradition, nous le prononçons à peu près comme le français. Cette prononciation conventionnelle s'éloigne beaucoup de la prononciation vraie (i).
(i) Il nous paraît inutile de donner ici les règles de la prononciation conventionnelle, que le professeur enseigne en quelques minutes. Voici, à titre d'indication, la valeur des lettres que nous altérons :
Voyelles : i se prononçait toujours i comme nous le taisons dans in, quin; u se prononçait comme le français ou. Consonnes : c était touj ours guttural et dur : Cicero =Kïkero.
g = gu ; gêner = guéner. — t n'avait jamais le son sifflant. — s, toujours forte, comme ss en français. — j se prononçait comme y dans payer. — Enfin v se prononçait comme ou dans ouate.