SYNTAXE DU COMPLÉMENT
Observations générales sur l'emploi de l'Indicatif et du subjonctif.
172. Observation grammaticale. — Les confonc-^ tions ne gouvernent pas par elles mêmes l'indicatif ou/ le subjonctif; c'est le sens de la phrase qui exige l'emploi de l'un ou de l'autre.
On emploie l'indicatif pour exprimer la réalité des faits; le subjonctif, pour exprimer les disposi-
I. P. -— • L'infinitif sujet est presque toujours accompagné en français de la préposition de, qui ne se traduit pas en lalin.
tions de l'âme relativement à des faits {désir, doute, hypothèse, etc.).
173. Observation historique. — Dans la langue latine, l'usage du subjonctif s'est de plus en plus développé. 11 s'est même, en bien des cas, substitué à l'indicatif.
1" Série : PROPOSITIONS RELATIVES.
(Propositions compléments de nom.)
174. Principe général : Les propositions relatives sont à l'indicatif; si elles sont au subjonctif, c'est qu'elles remplacent des propositions circonstancielles.
A. — Propositions relatives à l'indicatif.
Est mihi liber, qui utilis est.
175. La proposition relative, qui ajoute simplement un complément à un nom ou pronom de la proposition principale, est à Vindicatif :
Est mihi liber, gui utilis est, j'ai un livre qui est utile.
En ce cas, le relatif qui équivaut à et ille : J'ai un livre, et il est utile.
B. — Propositions relatives au subjonctif.
176. La proposition relative qui ajoute à la proposition principale une circonstance de but, de cause, de concession, de conséquence, etc., est au subjonctif :
Misit legatos qui pacem peterent.
1° But. — Tantôt qui*, suivi du subjonctif, est l'équivalent de ut ille (subj.), afin que lui :
Misit legatos gui (= ut Mi) pacem peterent, il
envoya dea députés (m. à m. poon qu'il* demandassent la paix)
= pour demander la paix.
t. P. — 'Selon les cas, qui esl aussi l'équivalent de ut ego, Ut tu, Ut nos, etc.; cujua l'équivalent de ut inei, ut tui, ut illius, etc. Ex. : Non is suxn qui faciam... où qui « ut ego, je ne suis pas tel que jt fbsâft .., je ne suis pas homme à faire.
fortunate adules cens, qui tuae virtutis Homerum
praeconem inveneris.
2° Cause. — Tantôt qui (souvent quippe qui),
suivi du subjonctif, est l'équivalent de cum ille
cum tu (subj.), puisque lui, parce que lui, attendu
que lui, etc. :
O fortunate adulescens, qui (=cum tu) tuae virtutis Homerum praeconem inveneris, heureux jeune homme, puisque tu as trouvé un Homère comme chantre de ta valeur.
Miserrimo exercitui luxuriem objiciebant, cui semper omnia defuissent.
3° Concession. — Quelquefois qui, suivi du subjonctif, est l'équivalent de cum ille (subj.), quoique lui, etc. :
Miserrimo exercitui luxuriem objiciebant, cui (= cum illi) semper omnia defuissent, ils reprochaient la mollesse à cette pauvre armée quoiqu'elle eût toujours manqué de tout.
Nemo tam pavidus débet esse, qui mortem me tuât.
Is est quem omnes admirentur
Dignus est qui imperet.
Sunt qui putent.
4° Conséquence. — Très souvent qui, suivi du subjonctif, est l'équivalent de ut ille ou ita ... ut ille dentelle sorte ... que lui, à tel point ... que lui :
Nemo tam pavidus débet esse, gui (= ut ille) mortem me tuât, personne ne doit être (m. à m.
tellement craintif qu'il redoute la mort z=z) ClSSez craintif
pour redouter la mort.
Is est quem (= ut eum *) omnes admireaiur, il
est tel que tous l'admirent.
Dignus est qui (= ut ille) imperet, il est digne
(m. à m. qu'il commande =) de commander .
Sunt qui (= taies Ut illi) pUtent, m. à m. U y a de» gens
tels qu'ils pensent, = il y en a qui pensent.
I. P. — 'On trouve aussi dans ce cas-là is est ut eum omnes admirentur; mais il ne faudrait pas croire qu'on paisse toujours substituer l'un d l'autre qui et ut ille.
108 GRAMBftMRtt LATINE.
2* Série : PROPOSITIONS COMPLÉTIVES.
(Propositions compléments de verbe.)
177. Principe général : Il y a trois sortes de propositions complétives :
i° La proposition infinitive, complément des verbes d'opinion;
2° La proposition au subjonctif (précédé de ut, ne, quin, quominus), complément des verbes de volonté;
3° La proposition au subjonctif (précédé de mots interrogatifs), complément des ver* bes de demande et autres (proposition interrogative indirecte).