EMPLOI DES ADVERBES D'INTERROGATION
On emploie :
1° -ne, est-ce que? placé après le mot sur lequel porte la question, quand on ne prévoit pas si la ré^ponse sera oui ou non :
Vidistinë Romam? as-tu vu Rome?
2° Num, est-ce que, placé en tête de la phrase, quand on prévoit que la réponse sera non :
Num insanis? est-ce que tu deviens fou?
3° Nonne, est-ce que ...ne pas, placé en tête de la phrase, quand on prévoit que la réponse sera oui :
Nonne amicus meus es? est-ce que tu N'es pas mon ami?
4° Utrum ou ne pour le premier membre, an pour le second membre, quand on fait une interrogation double (ou non se rend par annon ou necne) :
Utrum pacem an bellum vultis? est-ce la paix ou la guerre que vous voulez?
I. P. — • On remarquera bien la différence entre les formes nunquam, nusquam, nullus qui sont négatives, et les formes unquam, usquam, uUus qui, à elles seules, ne sont -pas négatives.
95. L'adverbe se place généralement devant 9 le mot qu'il modifie, de sorte qu'il faut en traduisant faire porter le sens de l'adverbe sur le mot suivant :
Prude ns homo prudenter agit, l'homme prudent agit pru-
demment.
Vir eximie doctus, homme remarquablement savant.
Particularités. — 1° Gerte, 1ère, paene, prope, quidem se
placent plutôt après.
2* Ne ... quidem enclave le mot qu'il modifie : Ile dix! quidem, je n'ai pas même dit.
8» Non suit la règle générale, de sorte qu'il faut faire porter la négation sur le mot qui suit non.
Mais si non est soit près du verbe, soit en tête de la phrase, la négation porte sur toute la proposition :
Possum non dicere, je puis ne pas dire.
Non possum dicere, je ne puis pas dire.
4° En général lorsque, dans une phrase latine, plusieurs mots sont susceptibles de contenir la négation, elle est exprimée dès le premier mot :
/Vaque quisquam unquam venit.
C'est le contraire en français :
Et personne jamais n'est venu.
N. B. — Désormais, pour Y adverbe, la préposition, la conjonction, les règles sur la place des mots sont beaucoup plus rigoureuses. Pour les mots variables, chaque mot portant avec lui la marque de sa fonction peut à la rigueur avoir n'importe quelle place; mais pour les mois invariables, qui n'ont pas de terminaisons, la liberté est beaucoup moins grande.
I. P. — * Cela parait être une conséquence de la règle générale qui fait metlre en latin le complément avant le terme complété. — Il faut beaucoup Insister sur celte place de i'adverbe, parce que les habitudes de désorganisa* tion de la phrase, engendrées par l'abus du mot à mot, portent trop souvent V élève d séparer l'adverbe du mot suivant»