‹ Grammaire Limousine: phonétique, parties du discoursChapitre 100 sur 119 · Plaire (plaze/l — placer c, pf. plncui. La. forme plazer · texte numérisé non relu

Plaire (plaze/l — placer c, pf. plncui. La. forme plazer

* La riclhàno de l'ensei

Méno l'aigo j'asei; IjU riclhàno de 1 enmati Méno l'aigo a pie chami. (Proverbe)

« L'arc-en-ciel da soir môao l'eau coucher : l'arc-en-ciol du inalia iiiène l'eau à plein chemin. »

(plazei) subsiste comme substantif, de même qu'en français plaisir. Ind. ■çvé'». plaze, 3® pers. sing. />/« et p lai, dualité de forme qui remonte à l'ancienne langue {plas (platzj et plai). Subj. prés, plaze, plazam (dans Fane, langue plassa ou plaja). Prêt, plagué; part, plagu.

15. Plôure (bas-lim. pleuré) = pluere, pf. pluit. L'w avait développé un v devant lui Cpluvebaf, * pluvit, cf. *fuvit=fuit). Ind. prés, plôu; impf. plouvio; subj. prés, plôve; prêt, plougué et plougué, part, plougu et plc'mgu. En bas-lim., la mutation d'o (^OMJ en e, qui se remarque à l'infinitif, a lieu également ailleurs: /)/eyïrt.

16. Poudei ■.■l'ierj ==■* potei^e, pf. potui. Ind. prés, pôde ; l'anc. langue avait pour cette première personne une seconde forme pose --= *poxum (par métathèse des éléments du x) = possum. Subj. prés, pèche pour puêc/ie= puesc/m de l'ancienne langue, qui avait aussi /jwesca, posca, poscha. Prêt. pougué{Sinc. fort poc) ; part, pougu. Avec le radical du subj. présent nous avons formé à ce verbe un nouvel inûmtiîfpeeheij, que nous employons concurremment avec poudei. La même chose a eu lieu en Provence, où l'on trouve à côté de poude, pousque. Cf. (ri-dessus ayâ formé pareillement du rad. du subj. prés, de avei (habere).

17. Pounei (pondre) = poncre, pf. posui. Ind. prés. 3" pers, poun; impf. pounio ; prêt, poungué ; part, poungu. Ce verbe, dans l'ancienne langue, appartenait à la 2" classe ci-dessus, ayant gardé Vs du latin au prétérit et au participe. Je ne saurais dire à quelle époque remonte l'attribution que nous lui avons faite, à ces deux temps, des tlexions en g. Dès l'ancienne langue, on lui trouve un subj . présent en ga (apongu, exponga (Legs, II, 398^j à côté de la forme plus régulière en mi fapona, expona), qui seule reste chez nous. — L'ancienne forme de l'infinitif, poundre, ne subsiste plus guère que dans le futur et le conditionnel {poundrô, poundrio). — Les composés de ce verbe, assez nombreux, comme on sait, sont tous aujourd'hui inusités, sauf, en bas-limousin, re/>0M»</re; qui so conjugue en tout comme vendre. Le participe rehoundu subsiste

seul à Nontron, dans ce dicton dont le? enfants poursuivent par jeu et raillerie ceux de leurs camarades qu'on a tondus très-ras :

Toiindii, rebonndu, Per toù quatre piau tu sirâ pendu '.

18. Prure {pruze^^) = prurii^e. Ind. prés, prvzc; impf. pruzio; prêt, prugué; part, manque. Je n'ai pas rencontré le prétérit de ce verbe dans l'ancienne langue. .Je ne sais donc si le g y csi d'introduction récente.

19. Tenet = tenëre, pf. tenui. Ind. prés, lene (anc. aussi tenh, tenc, à la T" pers.) Imp. te ^, tenê; subjonct. prés, tcnhe, f en ham; prêt . teng ué {a,nc. fov i tenc et ^ec);part. tengu. - Ici, mieux que dans la 2° conjugaison, se placerait vent (V. cidessus, p. 246), qui se conjugue et s'est dès le principe conjugué comme tenei, bien qu'il n'eût pas dans le latin classique son prétérit en u. Il n'en diffère qu'à l'impératif, 2'^ personne sing., où, au lieu de ve, qui serait la forme régulière, nous disons vêqup, ^ , en haut-limousin vaque. A Tulle on dit vêne, plus analogue à vent, mais qui est néanmoins une forme anomale.

20. Valet = valêt^e, pf. valut. Ind. prés., 1'° p. vale (aussi valh dans l'anc. langue). Subj. prés, valhe, valham. Prêt, vôugué (anc. fort valc). Part, vongu (anc. valgut).

21. Voulei (voler) =* volêre, pf. volui. Ind. prés. P" pers. vole (aussi volh dans l'anc, langue), 2* pers. volei fvolesj et vonei, à Tulle vo (vols), 3" pers. vàu (vol). Subj. prés, vêlhe, velham pour \.v.elhe, am. Prêt, voiigué (anc. fort' vole, volg). 'Psirt.lvougu. On voit que 1'/, au lieu de se vocaliser devant le g, comme dans valer, est ici simplement tombée. En baslimousin,' il en est autrement : vàugu et non pas voiigu. — Le

* Sur i'origine probable de ce dicton, qui appartient aussi au bas Limousin, voy. Béronie, au mot reboundre.

^Un savant hellénisle, M. Theil, lapproche cette forme du rr, homérique, qui signifie la même chose (V. Dictionnaire d'Homère, stb. vac), sans prétendre, bien entendu, qu'ell; en vienne.

^ Vêque est peut-être pour vé qui = viens ici, les deux monosyllabes ayant été réunis en un seul mot et par conséquent sous un même accent.

Donat provençal indique pour ce verbe, dans Fancienne langue, une 2' forme de prétérit vols, qui paraît avoir été peu usitée et qui suppose un pai^fait bas latin *volsi, attesté d'ailleurs par les formes analogues de Titalien et de l'ancien français. Ce changement de ui (ou y/) en si avait eu lieu du reste au parfait d'autres verbes; mais il paraît avoir été peu sympathique à la langue d'oc, qui ne l'accepta décidément que dans solvere (sols, absols), que nous n'avons plus, probablement parce que la substitution de si à vi avait été dans ce verbe, en latin vulgaire, plus générale que dans les autres .

Les verbes suivants n'ont à Nontron, pas plus que dans l'ancienne langue, leur prétérit oa\ guet .heViV place est cependant ici, non-seulement parce qu'ils le font ainsi dans d'autres variétés de notre dialecte, mais encore parce que c'est aussi d'«/ latin (classique ou vulgaire) que dérive leur forme nontronnaise.

22. Reçahei (aussi recebre qui est la forme classique), composé de capere, qui, je l'ai déjà dit, a passé, sous la forme chabi, dans la 2'^ conjugaison. Ind. prés, reçâhe, reçabei, reço ou rece (recep). Subj. prés, reçàbe. Prêt, reçùubé (anc. fort receup). Part, reçùubu {anc. receubut). Il y a hésitation entre a et e ix certaines formes à flexion tonique de la ]"'^ série {reçobio, recebio}. — L'dw (— eu] du prêt, et du part, provient de la métathèse de Vu qui est dans la flexion *recepui pour recepi. hln bas limousin, on dit reçôugué, reçùugu, qui sont des formes anomales créées après la transposition de Vu et où cette lettre est deux fois représentée, une fois dans la diphthongue 6u, une deuxième fois dans la flexion gué, gu. — A côté de receubut, l'ancienne langue avait gardé un participe fort tiré lie receptm, dont le féminin recepcha (cf. escricha = scripta) se lit dans les Coût, de Limoges, Lim. hist., p. 630.

Un autre composé de capere, apercebre, se conjugue aujourd'hui chez nous d'une manière très-confuse ; quelques-uns le font rapporter ksegre, d'autres lui prêtent les formes françaises. Il est du reste défectif et peu usité.

23. Sabe.i==. sapere, pf. sapui. Ind. prés. 1" pers. sahe et sai (cette dernière forme ne sert plus que dans quelques locutions négatives : ne saiquan, ne sai que), 2'' pers. saôei, 3*= pers. so [Lim. se, Tulle sa) = anc. sap. Subj. prés, sache, sacharn (anc, sapcha). Prêt. sôuOé (anc. fort saub, saup). P. passé sùubu. — L'dw du prétérit provient ici, comme dans reçôiibé, de l'attraction de Vu de la fluxion uit. En bas-limousin on dit sôugué, sôugu, comme reçôngué, et par suite de la même faute.

Avec le radical sack du subj. prés, nous avons formé ù ce verbe un nouvel infinitif sachei, qui sert concurremment avec l'ancien. Cf. ci-dessus péchei et ayd, formés de même respectivement des subjonctifs de poudei et de avei.

Dans l'ancienne langue, saher, outre sa signification la plus usuelle (celle du fr. savoir), avait conservé, mais seulement dans une acception métaphorique et morale, le sens primitif du lat. sapei^e. Ainsi, G. de Ross., v. 2811: E quan K. l'auzit, no Ihisaubbo. Il en est encore ainsi dans plusieurs variétés de la langue d'oc*, y compris le bas-limousin, mais non pas dans la contrée de Nontron.

Remarque. — En provençal moderne, on a, tant dans ce verbe que dans capere et ses composés, propagé abusivement à l'infinitif et aux temps de la 1" série la diphthongaison qui, étjmologiquement, n'a de raison d'être qu'à ceux de la seconde. Ex., saupi^e, chaupre, etc. lien résulte qu'ils ont partout dans ce dialecte le même radical. Le limousin, du moins à Nontron^, conserve pure à l'infinitif la voyelle de ces verbes; mais, en cela moins régulier que le provençal, il propage la diphthongue au futur et au conditionnel : sabei-s6ub?m, reçabei-reçôubrai.

' Il n'est pas rare d'entendre, en divers lieux du Midi, des gens vous dire, croyant parler français : Ça m" sut mal. pour : Ce'.a me fut désagréable ou me fit de la peine, ce qui dans leur langue serait aussi correct qu'expressif.

- Je crois que saiipre se dit à St-Yrieix.

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