Pênhci ■■^- pingëre. Inusité au prétérit. Part, pen-to
7. Plânhei = plangërs. — Prétérit plangué, nnssi planhé, mais moins bien; part, plan-cho.
8. Pounje ■= pungëre. Inusité chez nous; mais Béronie le mentionne; c'est pour cela que je le donne sous la forme du bas-limousin.
9. Eitrênhei ■=■ stringëi^e. Inusité chez nous, à ce que je crois, sauf à l'infinitif et au participe passé. Le composé desirenje existe en bas-limousin avec le sens de débarrasser .
10. Tênhei= t ingère. Inusité ou peu usité au prétérit, qui est tenhé plutôt que fengué; T^SiVi. ten-to et cho.
11. Ounhei = ungëre. Y erhe peut-être inusité. Je croispourtant me rappeler l'avoir entendu à l'infinitif.
* Voir Phonétique, chapitre V., p. 69
2î8 DEUXIEME PARTIE
12. Crdnhei (cremerj •= tremere. Ce verbe a été, comme en français, assimilé à ceux en ngëre d'origine. Je ne sais à quelle époque on peut faire remonter cette assimilation. Dans la langue classique elle n'avait pas eu lieu — Prêt, cranhé ei crenhé; part, cran etcren, peu usités l'un et l'autre.
Remarque. — Dans notre dialecte, le radical de ces verbes reste, à toutes les formes de la première série, le même qu'à l'infinitif {nh ou, à Tulle, nj). Dans l'ancienne langue, le g dur reparaissait quelquefois au subjonctif présent: planga, franga, fenga, cenga, etc. Ceci se retrouve aujourd'hui dans la plupart des dialectes plus méridionaux que le nôtre. Les Leys d'amors, au XIV siècle, donnent les deux formes [nga et nha] comme également légitimes, sauf pourtant dans franher ei ses composés {franhae no franga, 11, 398).
Deuxième classe. — Prétérit en set
Cette deuxième classe ne comprend plus aujourd'hui que bien peu de verbes, la plupart de ceux qui la composaient autrefois ayant, comme on vient de le voir,, passé dans la première classe. Tous ont gardé leur participe fort. A cela près, et sauf intercalation de s entre leur radical et la flexion proprement dite, dans lestemps de la deuxième série, ils se conjuguent aujourd'hui comme vendre. — Leur prétérit a pour tjpe originaire le parfait latin en si {xiy'psi). Le c qui est dans xi s'est assimilé à s après i et vocalisé en i après u. — Tous ces verbes perdent ou vocalisent à l'infinitif leur dernière consonne radicale. Ceux qui ont plus de deux syllabes laissent souvent tomber la dernière, ce qui avait lieu, dans l'ancienne langue, même pour ceux de deux syllabes, comme dire et rire. Ainsi nous disons eicrî eieicrire, counduire et counduî. Aussi quelques-uns de ces verbes, le dernier par exemple, ont-ils une tendance à passer dans la deuxième conjugaison. Ce passage a été depuis longtemps accompli par couft = confîcere^ pour lequel Raynouard n'indique d'autre infinitif que confir.
1. Dire = dicei^e. Prés, dise ; imparf. disio ; impératif dijo,
dijâ; subj. dise ; prêt, disse ; part, di-dicho. Dans l'ancienne langue, le c radical, comme dans traire, restait dur au subj. présent ou plus rarement y devenait / (j) : diga, dija. La première de ces deux formes persiste dans les dialectes plus méridionaux que le nôtre. — La première personne du prés, de rind. était die, aussi, mais plus tard dizi ou dize, comme chez nous aujourd'hui.
Les composés ont passé à la conjugaison en ir inchoative : beneizî; ind. prés, beneizisse ; prêt. 3" personne beneizî; part, beneizi-ido et benei , forme forte conservée au sens liturgique; — môudi; deidî. Mais, pour ces deux derniers, on préfère encore à l'infinitif les formes pleines maudire, deidire. Deidire^ se conjugue aussi quelquefois au prétérit comme le simple : deidîssé et deidi.
2. Rire ^=. ridere, pf. risi pour ridsi. — Le c? radical s'est changé en z aux temps de la première série. Ind. prés, rize; impf. rizio : prêt, risse ; part. r/. La duplication de Ys au prétérit, due peut-être à l'analogie de dire où elle est normale, paraît récente. Les Leys d'amors donnent rizi à la première personne.
3. Duire (composés de) = ducere"'. — La diphthongue ui. normale au prétérit et à l'infinitif, où elle représente uc, a été mal à propos propagée depuis l'âge classique, probablement sous l'influence du français, au temps de la première série {counduise, counduisio), ce qui produit une espèce de pléonasme, le c y étant déjà représenté par z ou s doux. — Le prétérit de ces verbes est peu usité, et, lorsqu'on s'en sert, on lui donne de préférence les flexions de la conjugaison en ir [counduisiren, plutôt que counduiseren) . L'assimilation à cette conjugaison est même quelquefois complète : counduiren. — Part, coundui — counduicho, pour counducho, même faute qu'au présent de l'indicatif.
' Notons ici une signification singulière quo co verbe a prise, outre l'ordinaire : c'est colle df; démettre, déhoiter (un membre) : ou s'o deidi l'dpanio — il s'est dimis l'épaule.
* Counduire, prod)tiri\ reduirr, traduire.
4. Deitruire et les autres composés de stî^uere (enstruire, coimsfruire). — Nous faisons aujourd'hui dans ces verbes la même faute que dans duù'e, c'est-à-dire que nous propageons la diphthongue aux temps de la première série, qui ne doivent pas l'avoir et qui ne l'avaient pas en effet dans l'ancienne langue, le c ' radical y étant déjà représenté par s. — Leur prétérit est peu usité, et les observations que j'ai faites tout àPheuresur celui de rfwîre lui sont également applicables. — Le participe passé de enstruire est enstrui — enstruicho {siu lieu de enstrucha, forme ancienne et correcte). Pour counstruire, on dit plutôt à la française counslrui — truito.
5. Eicrire (escriure et escrire )=. scribere. Ind. prés, eicrive; prêt, eicrissé ; part. pas. eïcri-icho. Ce verbe, comme on voit, a un radical différent pour chacune des séries de ses temps, le second résultant de l'assimilation de sa consonne finale à l's de la flexion. Le participe passé avait deux formes : escrit-ita et escrich (ou escrig J-icha. Cette dernière seule persiste chez nous.
6. Torcei (torccr) = * torcere pour torquere, pf. torsi. Ind. prés, torse; impf. toursio; prêt, toursé; p.p. tor-torto. Nous avons, de plus, donné à ce verbe un participe faible toursuudo, plus usité que le premier.
7. Quêi^e = quœrere. — Le simple n'est plus employé qu'à l'infinitif, où on dit aussi, mais moins fréquemment, querî, qu'avait également l'ancienne langue. Cette dernière forme est la seule qui soit usitée dans les composés counquerî, s'enquerî. Le dernier suit la deuxième conjugaison. Quant au premier, on ne s'en sert guère, et ceux qui l'emploient l'habillent à la française. — Du radical du parfait latin ques a été formé un nouveau verbe s'enquesî, usité concurremment avec s'enquerî, et qui suit également la deuxième conjugaison,
* Le c, qui est dans le radical du parfait striixi. avait été certainement propagé dans le latin vulgaire aux formes qui, dans le latin classique, en étaient privées. L'italien, qui a conservé la gutturale {struggere, struggo); le français et le provençal, où elle s'est, soit résolue eu i, soit changée en s, sont d'accord pour le prouver. Cf. ci-dessus f mire.
8, lidme (reaner, rezemer) -■■■- redimere, inusité chez nous. Je l'ai relevé dans Béronie (Dict. du bas-limousin), qui donne de plus le participe faible reimu. Je ne sais s'il lui reste d'autres formes. — L'ancienne langue offre à la fois le prétérit fort î^ederns ou reems f = * redempsit pour redemit) aile prétérit faible rezemet. De même au participe : fort rezems, faible rezemut.
9. Moulje = mulgere. C'est encore là un verbe particulier au bas-limousin, du moins est-il inconnu dans la contrée de Nontron. Je l'ai relevé dans Béronie, et je ne sais s'il est usité ailleurs qu'à l'infinitif. On ne peut douter qu'il ne remonte à l'ancienne langue ; mais il devait être rarement employé, car Rajnouard ne le donne pas.
S*" Classe. — Prétérit en guet
Le prétérit des verbes composant cette troisième classe a pour origine le parfait latin en ui ou vi (non précédé d't ), lequel dut être, comme je l'ai déjà expliqué, renforcé en gui par l'attraction normale du g devant Vu consonne. Cette forme de prétérit fut prêtée aussi à plusieurs verbes qui n'avaient pas dans le latin classique leur parfait en ui, venir, par exemple, déjà mentionné. Elle fut ensuite propagée, dans plusieurs dialectes, à beaucoup de verbes qui ne l'avaient pas reçue d'abord, du moins dans la langue littéraire, et dont un certain nombre, étymologiquement, y répugnaient. C'est ce qui a eu lieu en Provence, en Languedoc, en Quercy, non-seulement, comme je l'ai déjà noté, dans les verbes en ir, où la faute est commune au haut et bas-limousin, mais encore dans la plupart de ceux de la troisième conjugaison, forts ou faibles dans le principe, que nous venons d'examiner. Ex. : diguet, respoundeguet, espandiguet, perdeguet, meteguet, nasqueguet, pareisseguet, rende.guet, plaseguet, creseguet, seguiguet, etc., etc'.
* Dans les pays gascons, gu devient squ : fasquèron =^' firent, mourisquet = mourut, partisquet — partit.
262 DIOUXIEMi: PARTIK
La plupart des verbes de cette classe avaient déjà leur participe faible (û) dans l'ancienne langue; mais tous avaient le prétérit fort : c = * guit à la troisième personne, et, à la première, soit également c, soit ^mî' atone.
Le subjonctif présent avait une triple forme : a pur, ia ou ga. La première, a, était la flexion propre aux verbes provenant de la troisième conjugaison latine ; mais elle fut prêtée à la plupart de ceux provenant de la deuxième ou de la quatrième, dont le radical ne se terminait pas on / ou n. Ex.: bevam = bibamus, (iscrùmm = scribamus, metam = mittamus, et aussi mova =; rnoveam, deva = debeam, ôuvam = audiamus. La flexion in (lat. iam ou mw) appartenait proprement aux verbes en we ou ère d'origine; mais les premiers, excepté ceux dont le radical se terminait en / ou en n, la rejetèrent, comme je l'ai déjà noté, pour adopter la flexion sèche de la troisième conjugaison latine. Quant aux seconds, presque tous la gardèrent ; seulement, Vi j eut diverses fortunes :
a. — Il se consonnifia simplement en y, sans s'unir à la consonne antécédente : ai/arn = habeamus, veyn = oideat, chaya = *cadeat.
b. — Après / et n il s'unit à ces deux consonnes pour former Ih ou nh : remanha =^ remaneat, dolha — dolcat, valha = valeat, venha = veniat, tenha = teneat.
c. — Il se condensa en / .• aja, veja, cliaja, déjà = dcbeat, plaja = placent; ou en ch : sapcha = sapiam, recepcha*= recipiam. Cette dernière mutation ne se produisit qu'après les labiales muettes restées telles.
d. — Enfin il se durcit en ^ ' : venga=veniat, caga==*cadeat, dolga = doleat, tenga =(eneat. Cette dernière mutation se constate très-rarement dans la langue classique, et le limousin ne la connaît pas. Elle est propre au Languedoc et aux pays Toisins, où le goût pour ces flexions en g au subjonctif est si prononcé qu'on les a prêtées à beaucoup de verbes, par pro-
* Forme exceptionnelle. — Ce verbe régulièrement prenait la flexion sèche et il l'a gardée chez nous.
* Cf. en itahon : saUjo = salio, tengo - teneo, vengo = venio
PAirniiS DU DISCOURS 263
pagation à ce temps du (j (normal ou anomal) du prétérit. Ex. : que sentigue, que jouigue, que auzigue (Nie, Fizes) = que je sente, jouisse, ouïsse. Cet abus était déjà fréquent, dès le XIV® siècle, à Toulouse et dans les contrées voisines, car les Leys d'amors constatent les doubles formes beva et hcga, mola et molga, cola et colga, mova et mogua*, dont les secondes, qui sont de vrais barbarismes, ont été évidemment formées d'après les prétérits bégiti, molgui, colgui, mogui.
1. 4yeî = habere. Voir ci-dessus, p. 221, le paradigme et les observations.
2. Beùre =■ bibere. Ind. prés. ieye;subj. prés, bcve, bevam; prêt, begué ; part. pas. begu-ndo. Le parfait latin était ùibi à''oii*b€vi, *begui, et enfin bégui, bec, dans Tanciennc langue.
3. Clialei ~ calere, pf. caluit. Verbe unipersonnel inusité à Nontron, mais qui subsiste en bas Limousin et en plusieurs lieux du haut Limousin. Ind. prés, chau; prêt, chùngné; part. chùugii. Subj. prés, châlhe ou châlho.
4. Falei = fallere, pf. * falluit pour fefellit. Mémo sens et même emploi que clialei (ir. falloir). Ind. prés. /b?/.-subj. prés, fâlhe; prêt, fougue ; part, fôugu.
5. Couneitre (conoisser) = cognoscere, pf. cognovi. Ind. prés. coMneme/subjonct. prés, couneisse, couneissam; prêt, couneigué, part, couneigu-udo. La forme de Tinfinitif paraît empruntée au français. La diphthongue ei ( = uei = oi^), où 1'? provient du c transposé de cognoscere, cognoscOj etc., a été chez nous propagée abusivement au prétérit et au participe, faute que la langue classique n'avait pas faite et dont le bas-limousin paraît s'être gardé.
6. Coure r:=: currere. Ind. prés, coure; subj. prés, coure, cou-
' Moqua pourrait, sans doute, venir de moveavi ; mais ce verbe avait rejelé IV, car la forme classique- constante est mova. On ne trouve ni mooia, ni maya, ni imja. Il est donc plus probable que mogua a ôtô formô abusivement sur mojui, comme je le suppose ici.
' V Phonéliriue, p . 'i7 .
t6i i);:uxiE.Mi!] i»ji;uiE
rarn; prêt, courgué; part, courgu-udo. Ces formes supposent que le parfait latin cucurri avait été remplacé par un autre tel que currui. L'ancienne langue offre correc, et au participe corregut.
I . Deûre (dever) = debêre, pf. debui. Ind. prés, deve; subj. prés, deve, devam; prêt, degué ; p. p. degu-udo.
8. Dâure fdolerj =■ dolere, pf. dolui. Ind. prés. rfo/Ae, subj. près, dolhe, doidliam; prêt, dougué; p. p. dôugu-udo. L7 mouillée, conservée à la l'' pers. présent de Tind., s'assèche aux autres personnes comme dansl'ancienne langue fdolh= doleo, dnl == doletj .
9. Esseï fesser) ou être (estre) = * essere. Voir le paradigme et les observations.
10. Jairc et fazei^ (jazer) = jacere, pf. jacui. Ce verbe n'est plus usité qu'à l'infiiiitii et au participe présent jazen, pris substantivement : la jazen = l'accouchée.
II. Mùure (moire) = molere, pf. molui. Ind. prés. m(i/c, prêt. môugué, p. p. môugu.
12. Eméure (pour emàure) = movere, pf. moy«. Forme du bas-limousin, où ôi< (^= oy^, comme on Fa déjà vu, devient eu. Je ne crois pas que ce verbe soit usité dans la contrée de Nontron. Prêt, emegué; part, emegu.
13. Pareitre <= [Kirescëre. La forme classique de l'infinitif estpareisser. Ind. prés, pareisse; subj. prés, pareisse, pareissam {paresca dans l'anc. langue); prêt, pareigué: part, pareigu. Le prétérit, emprunté à pareo, était dans l'ancienne langue parec (^=. * pareguit== * parevit =. paruit). Cf. correc et remarquez que l'e élidé dans ce dernier, après l'allongement (courgué pour courregué), a été maintenu dans paregué.