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CHAPITRE QUATRIÈME INTERJECTION

Les interjections proprement dites sont en assez petit nombre. Voici les principales :

0 ( long et ouvert). On s'en sert quand on adresse de loin la parole à quelqu'un. Il suit ordinairement le verbe dijâ (dites) : dijâ, ô! — Moins long et moins ouvert à la fois, il exprime la réprobation.

0, très-long et fermé, où l'on entend comme deux o dont le second est très-affaibli, exprime la souffrance physique. A, prononcé de la même manière, sert au même usage, ainsi que ai ( monosyllabe ).

A, long et très-ouvert : satisfaction. Moins ouvert, il peut exprimer, selon l'intonation, l'étonnement, l'ironie, le mécontentement, la douleur.

E, long et très-ouvert, sert pour appeler. Moins ouvert, il a les mêmes emplois que le français eh, et s'associe de même avec l'adverbe bene : ê bé!

Vouei, joint ordinairement à vê, forme contractée de veez, impératif pluriel de veire : vouei vê! C'est probablement Voi de l'ancienne langue. Bas-lim., èom; haut-lim., éoMe2. Cette interjection, de signification d'ailleurs peu précise, exprime surtout la surprise moqueuse, l'ironie et le dédain.

Chou a le même emploi que le français chut. On le redouble quelquefois.

U et î servent seulement pour exciter les animaux et particulièrement les bêtes de somme.

Outre les interjections proprement dites, on emploie encore au même usage d'autres expressions prises des autres parties du discours, et dans la plupart desquelles la signification primitive a complètement cessé d'être sentie. Je mentionnerai jes principales.

Bondi (littéralement bon Dieu). Exprime la surprise, l'admiration. Pourinvoquer Dieu, on dit moun Dî (Deû), formule qui

sert aussi, surtout précédée de â, à exprimer la douleur et, avec une intonation différente, la frayeur, quelquefois une surprise subite, Tironie, etc.

Pardi, avec «bref. Cette expression (littéralement par Z^eew) signifie certes, sans insistance. On n'y sent plus rien qui rappelle un serment. La même chose est à dire de mafl = ma foi.

Bounogen ! paubre ! Exclamations analogues au pecaire des dialectes plus méridionaux, et par lesquelles on exprime principalement la pitié, mais qui peuvent aussi, surtoutle dernier, servir à traduire d'autres sentiments, comme l'étonnement, l'admiration.

Diable. Mêmes emplois qu'en français. L'ancienne langue s'en servait déjà : e don diables es vengutz? {Jaufre, p. 151 b). Remarquez dans cet exemple Vs de diables. Est-ce Y s adverbiale ou la marque du pluriel? Dans tous les cas, le haut-limousin a une forme très-altérée de cette interjection, diaurei (cf. diaule en v. fr.), qui renvoie à une forme antérieure en es final comme celle-ci. — Diable est encore partie essentielle de quelques locutions elliptiques, à tournure imprécative, par lesquelles on exprime la contrariété, le mécontentement de soi-même ou des autres : Diable te sio ou te sio pâ I Diable me sio ou me sio pâ ! ou même, par une ellipse encore plus forte, diable me pâ !

Les formules de salutation sont adî [adeû] ; adisiâ * quand on s'adresse à plusieurs ou à quelqu'un qu'on ne tutoie pas; boun jour; boun sei; bouno né; Dî sio cen {Dieu soit céans), quand on entre dans une maison.

Pour remercier : mem ou marci, gramarcei (ou gran a perdu sa nasale). Uei final de ce dernier mot s'explique par une forme antérieure en es, qui est en effet fréquente dans les anciens textes. Ex. : Seiner, la vostragran merces !{Jaufre, 170 b)'

Pour exprimer un souhait, on emploie pleit-a-Deil (ou Dî), littéralement plût à Dieu, qui est une altération de plagues ou

* ï"orraule ancienne dans la langue. Voy. Raynouard, L. R., III, 32, et d'autres exemples dans Flamenca, vv. 6880, 7344.

plases a Deu^ ou plutôt peut-être de l'expression française.

Pour appeler quelqu'un qu'on tutoie : vêque fou vaque), composé de vé et de qui {viens ici). Qui, ainsi devenu que et dépouillé de son accent, n'a plus été reconnu. Aussi dit-on souvent, par un pléonasme inconscient, vêque qui. Une expression de même sens et de composition analogue, mais dont les éléments sont placés dans l'ordre inverse, existe en Languedoc et en Gascogne : savi (sabi) = ça viens.

Deici (à Tulle), à Nontron teici, par renforcement du d, proprement d'eici= {hors) d'ici, s'emploie pour chasser les chiens. Pour chasser les chats, on dit ackd, les deux a bref. — S'il s'agit de mettre quelqu'un dehors, on dit defôro !

Pour exciter à l'ouvrage, presser de partir, etc., on se sert, comme en français, des impératifs de aller et de voir. On y ajoute même souvent l'infinitif de ce dernier verbe : Anem ! vesam! vesam veiref

Le français assez / se rend par /a/ et aussi parprow/

La formule de serment la plus ordinaire est per moun armo, ou simplement moun armo, où persiste l'ancienne forme de anima, devenue âmo partout ailleurs. On dit aussi, ?.vec l'adjectif possessif au féminin, marmo {m'arma), selon l'ancien et correct usage, dont c'est là, si je ne me trompe, la seule trace qui nous reste .

Je m'abstiendrai de relever les jurements. Ils sont en général fort grossiers Je noterai seulement deux ou trois jurons anodins, produits d'altérations inconscientes ou volontaires:

Sangî pour sang - Dieti; — sangiurei pour sandiaurei = sang-diable ; — ma jargocîl ■^ mon reniement (Voy. Ruben, Œuvres de Foucaud, p. 229); — foutringo; — sucre.

Dans les imprécations où entre «acre, c'est toujours sous la forme française que ce mot est employé. On prononce Va trèslong, et il arrive souvent, par suite, qu'il attire à lui l'accent de Ve final.

Page 21, ligne 13. — J'aurais pu me dispenser d'exprimer un doute. Iln'est pas possible en effet d'admettre abbas parmi des rimes en as, la finale de ce mot étant atone. Il faut probablement corriger albas, comme je l'ai depuis proposé ailleurs.

21, note 1. — En rapprocher la note 3 de la page 290.

22, 1. 10-14. — On peut'voir, dans une même page de G. de Rossillon {162 de l'édit. Hofmann), les trois formes cha, che et chi (ces deux dernières dans le même vers (7572). On trouve aujourd'hui cho en Auvergne, co en Rouergue et en Quercy. — Des exemples anciens du même affaiblissement en o de l'a [an] tonique sont so {sanum) et certos [certas =^ *certanos), dans des textes limousins de 1371 et de 1475.

23, 1. 30. — On peut ajouter chivalier, forme qui se rencontre déjà très-fréquemment dans les anciens textes. L'a reste dans chavau.

23, 1. 11. — Ajoutez bounhâ=^ banhâ (fr. baigner), les deux formes étant usitées l'une et l'autre, mais dans des acceptions différentes.

24, E, 1. 5-6. — Il faut faire une exception pour le baslimousin (contrée de Tulle), qui, au contraire, affaiblit souvent en i Ve tonique ou protonique de toute origine .

25,1. 1. — Supprimer cultellus, coûté.

25, note 1. — Supprimer cette note. L'î, en effet, bien qu'on ne puisse pas toujours constater le fait, a dû se développer, à l'intérieur du mot comme en finale, avant la chute de Vs, en

* A moins d'indication contraire, la ligne désignée est toujours celle du texte. — Dans le compte des lignes on a négligé le titre courant, ainsi que ceux des chapitres, sections et paragraphes. — On n'a pas cru devoir faire un errata particulier pour les fautes purement typographiques ; on s'est borné à les relever, à leur ordre, parmi les autres.

sorte que la série normale est es, eis, ei. II y a lieu, en conséquence,de remplacer dans le texte, ligne 5, les mots « à la suite de cette consonne» par « et cette consonne tombe.»

26, 1. 3 de la fin: « atones. » — Lis. : atone.

28, dernière 1. — On peut ajouter damandâ, qui se lit déjà plusieurs fois dans un document limousin de 1371 {L'im. hist., pp. 598, 610, 644, etc.)

31, note 4. — Les lettres initiales des deux dernières lignes ont été interverties.

33, 1. 1-5 et note 1. — Je citerai, comme pouvant servir à confirmer l'opinion ici exprimée, une pièce de B. de Ventadour {Quan vei la laudeta) et une autre de B. de Born {Quart la novella flors), où des mots comme fron (frontem), pon {pontem), retpon (respondet), etc., riment &Yecmon{mundum,)y segon secundum), son {sunt), etc.

34, 1. 8-9. — Feulha se lit dans un texte de 1463. A côté de feulho existe aussi, en haut et bas limousin, felho, qui provient de la forme classique fuelha, par réduction de la diphthongue ue.

34< 1. 12 du bas. — La langue classique considérait aussi comme estreit Vô dans cette condition, c'est-à-dire le prononçait ou. C'est ce que prouvent les exemples sans nombre que l'on a de bo{n), so(w), rimant avec des mots tels que chanso{n), razo{n), etc.

37, 1. 20. — Envio ne vient pas directement de envidia. Il a été précédé de enveia, où ei s'est ensuite réduit à i comme dans mia-né{p. 53, 1. 3) de meia-nuech, etc.

41, 1. 9. — Effacer *refutiare, refusar, refusa. L'étjmologie de refusar est incertaine ; mais ce ne peut être refutiare, forme inconnue et invraisemblable.

43, 1. 4 :« requeule, » — Lis.: requeulo.

43, 1. 7 du bas : « Viduare, voidar. » — Cette étymologie de voidar n'est pas certaine. Voy. la Romania, II, 327, et IV, 257.

44, 1. 1. — A notre froujâ on peut comparer, en ancien français, aïger = *œdicare çouv œdificare.Yoj . Romania, 1, 166, 1.5.

45, 1. 1 1 : (( caitis . )) — Lis . : caitius . 46, 1. 2 du bas: « ou Me.» Lis.: ou owe.

46, dernière 1.: u*bodma, houeino. »— L'intermédiaire nécessaire boina, dont je n'avais pas remarqué d'exemples, se peut voir dans des documents limousins et languedociens du XIV® s. Voy. Br€Viarid'amor,\. 17003 (variantes); Limousin historique, p. 604.

47, 1. 10 du bas : « Dans le haut-Limousin. » — Lis. : Dans le haut comme dans le bas Limousin.

51, 1. 9 du bas. — Ajoutez : ie se réduit souvent à e, en haut Limousin, dans les finales en ier, après les chuintantes ck et y. Ex. : archer, barger :=: archier, bergier, formes nontronnaises.

53, 1. 3: « rainos^ ranoû. » — Ranoû est plutôt l'ancien renos, par changement d'e en a. (Voy, p. 28, dernier alinéa.)

53, 1. 7. — Couei peut très-bien être le résultat de la contraction de co ei =z(a)co es. Mais je crois plus probable que la série des formes est celle-ci : {a)co es, (ajco's, {a)cois ; d'où coueis, couei, par le développement normal d'oi en ouei (voy. p. 46). Cf., dans les Coutumes de Limoges, noys tengut= no es tengut et soy assaber = so es a. Un autre exemple de ce développement de r{ devant s, résidu d'es, ainsi affixé, est le suivant, tiré d'une des nouvelles de R. Vidal {Gedichte der Tr., II, p. 26, 1. 19 du bas): tota ma rancurays merce^=. .rancura es. Le même phénomène se produisait souvent devant s = se, pronom réfléchi. Voy. ci-après l'addition à la p. 179, 1.8 du bas.

54-55. Syncope. — Ce qui est dit ici est insuffisant et trop peu précis. La question a besoin d'être reprise et étudiée de plus près et dans un plus grand détail, à la lumière de l'excellent mémoire récemment publié par M. Darmesteter sur la protonique en français [Romania, V, 140).

56, 1. 1: « Pouvero (polveraj = pulverem.n — Remplacer le signe = par «de.o

56, 1. 19-24. —Il n'est pas aussi sur que je le croyais que ei, dans eiranho, soit prosthétique. L'ancienne langue offre, en effet, eranha, où l'e n'est probablement que le résultat d'un affaiblissement de l'a de aranea, et d'où notre eiranho pourrait très-bien provenir.

58, 1. 19. — Ajouter: Dans la basse Auvergne et les cantons

avoisinants de la Marche limousine, un a s'insère de même entre eeir (ex.: tearro =' ferra) et peut persister après la chute de IV / peadre= perdre.

58, note 1. — Viala est plusieurs fois dans la Chanson de la Croisade albigeoise. On y trouve aussi ^a/, mialsoldor, umialmens. De pareilles formes (souvent en iel: viela, fiel., etc.) se rencontrent, plus ou moins clairsemées, dans d'autres textes du Languedoc, du Rouergue, de TAuvergne, même de la Provence ^ Ainsi fiell, corrigé sans nécessité en fill par l'éditeur, est la forme constante de filium dans Sancta Agnes. — Cette insertion a lieu même quelquefois entre un ^ final et l'article ou pronom appuyé l, et c'est alors presque toujours e qui s'introduit. La plupart des éditeurs ou rejettent cet e, ou le détachent de Vi précédent, ce qui, dans ce dernier cas, a le très-fâcheux effet d'induire en erreur sur sa vraie nature et de faire voir un article el où il n'y en a pas. Voici des exemples: Folquet de Lunel, édit. Eichelkraut, p. 22, v. 45 : quial vis = qui lo Yis (édit.: qu'ai vis, ce qui n'a aucun sens); — Croisade albigeoise, v. 592 (note): aquiel an GdiV^Qi-=aqui Tan;

— Guerre de Navarre, v. 224: lo règne yel pays = y lo;

V. 743: E siel cosseiltz e yeu ( si lo); v. 1374 : Ez el qu'auziel message {auzi lo); v. 1389 : per quiel rey {qui Io];y. 2366 : Niel murs quez esfendutz (nilo); — Giraud Riquier, p. 215, v. 235 : quiel enten =^m"(=sion) /'enten (édit.: quie /'enten, leçon inadmissible et qui, d'ailleurs, changerait le sens); — Matfre Ermengaud {Troubadours deBéziers, p. 132): Si es quiel defenda {qui lo); le même (Denkmœ 1er , 80, 26): Li plaser son mays queilh pessier nielh marri men {ni li) ; — Las vertutz de Vayga ardent [Denkm.j 314, 13): Siel pal del cap = si li pel ; - Poésies religieuses du XI II* s. [Chrestomathie, 21 A^ 12) : qu'amîW fassa = qu^a mi lo .

A ces exemples on peut, je pense, ajouter le suivant, où, malgré l'apparence contraire, c'est e, et non {, qui se sera

* Toutes provinces où elles ont encore cours aujourd'hui. Dans l'Auvergne, l'a s'introduit aussi entre e non modifié Bil. Ex: chandealo, tealo. Des formes semblables se rencontrent dans des textes languedociens du XIV s.: tealas {Petit Thalamus de Montpellier); prealatz {Breviari d'amor, 2575).

introduit, après mutation en ^ de Ye de ^-Me; Non fes parven quiel pesses = que H {Flamenca, 5342). Pour ce changement de que en qui, cf., dans le même poëme, v. 5069, quiestiers = que estiers ; v. 4996, quieus = que vos ', v. 6530, quil = que H; et damsle Breviarï d'amor, passim, quil ou quilh, également pour que li. On en a, d'ailleurs, bien d'autres exemples.

59. Paragoge. — A coumo ajoutez ounfe font) et quanet fquantj, où Ve s'est attaché au i final longtemps après la chute de l'e et de Yo étymologiques de unde et de quando.

62, 1 . 12. — Sur cette influence de la diphthongue au, voy. la Revue des langues romanes, VII, 405.

63, 1. 12 du bas. — Cette mutation se remarque encore, en bas-limousin, dans trounso^^ " trunca (cf. p. 106, note 1). Elle n'a été sans doute immédiate ni dans ce cas, ni dans l'autre, et une première mutation de ca en cha a dû précéder. Cf., p. 72, 1. 5, messan = mechan, etc. On trouve dans Rochegude, blanza pour blanca ou blancha; dans Ste Agnès (577), Sansa pour Sancha, nom propre .

63, 1. 8 du bas : « au bas limousin ». — Lis. : en bas limousin .

63, 1. 6 du bas. — Ajouter : Dans mêguc, b.-lim. mergue (petit lait) = allem. molken, la gutturale, tout en changeant de degré, reste dure. Mais elle a dû s'amollir eny pour pouvoir produire la-mêzi (même sens), qui appartient au bas-limousin. Cf. manso, trounso, Sansa, blanza, qui font l'objet de l'avant- • dernière note.

65, 1. 7: « ecclesia.n — L'insertion de Yi après c/, dans ce mot et dans quelques autres, est ancienne dans la langue. Ainsi on trouve très-fréquemment f/Zié-yza, eglieyza, dans des textes limousins et languedociens du XIV® siècle. Clier =i clericm est plusieurs fois dans G ■ de Rossillon et ailleurs.

67, 1. 18-19. — L'ttde seuta et degraulo s'expliquerait peutêtre mieux par la chute de la gutturale et l'attpaction de Yu des originaux latins. Morne observation pour teule = tegulum p. 70, 1. 4.

67, note 2. — Lutz et patz sont ici cités à tort. Le ^ y est

* Quieus se sera développé de quius, comme sieus de sius {si vos).

un développement du z des formes initiales luz et paz ( = lucent etpacem],et nullement le résultat d'une mutation directe du c dur de pax et de lux. Voj. là- dessus la Bev. d. l. r., V, 335.

68, 1. 3 et 10 : a gurges, gorjo.n — Lis. :* gurga(gurges), gorjo.

68, 1. 4 et 5 en remontant. — Esmai est plutôt le substantif verbal à'esmajar. Quant à proubai, il est peut-être plus sûr de le tirer de propage (propaginem) , par ablation de Ve final, que du nominatif latin propago. Rochegude a une forme féminine probaina que je n'ai pas remarquée ailleurs.

70, note 2, dernière ligne : « dont. » — Lis. : où.

71, 1. avant-dernière. — On trouve des exemples de ces réductions dans plusieurs textes anciens, tels que la Chanson de la croisade albigeoise, la Vie de Saint Honorât, Guillaume de la Barre. Voy. là-dessus la Bévue des langues romanes, VI, 293. — Devant d'autres voyelles (a, o, ou), le parler de Tulle, loin de réduire ch à t, aime au contraire à le doubler d'un s, en sorte que le son total est sts. Ex. : vascho {vastso, comme écrit Béronie), bouscho, bouschou.

74, dernière ligne. — Ajouter : Il est devenu^ dans guindé, qui se dit pour dinde en divers lieux du Périgord et du bas Limousin.

74, note 2. — Sur cet intermédiaire, pocs, que je suppose ici entre postetpois, voy. la Bev. d. l. r.,V, 331, note 2. On trouve de même prebox=prœpositum. En Saintonge, buste se prononce buxe.

76, dernière ligne. — L'existence d'une forme telle que *noclus est encore confirmée par l'adjectif nouclu ■= noueux, qui a cours aujourd'hui dans une partie de la Saintonge.

76, note 2. — Des « poésies religieuses » mentionnées dans cette note, il en est une, et c'est celle précisément à laquelle j'ai emprunté deux exemples, qui n'est pas limousine. C'est par inadvertance que je l'ai confondue avec les autres, lesquelles appartiennent incontestablement à notre dialecte.

77, 1. 5. — Enclunhe vient, non de incudem, mais deincudicem, d'où enclutge dans l'ancienne langue. Incudex se lit dans les spiitivexinxTa. de Julius Pollux, publiés par M. Boucherie, p. 166. Cf., dans le provençal moderne, iruge, qui renvoie à *hirudicem et non à hirudinem.

77, 1.4 du bas. — Ajoutez: Ce développement de t en #« et de d en dz se constate aussi quelquefois en haut-limousin. Ex.: betsiomen, moucandzier. — Plusieurs textes anciens offrent des exemples du dernier de ces phénomènes : ex.: adzorar =: adorar, etc.

77, dernière ligne. — Ajoutez : Un exemple de la mutation inverse, mais à Tintérieur du mot, est senséno = fr. sentène, si le t, dansce dernier mot, est bien la consonne primitive. Cf. Servagan = Tervagan^ dans une chanson d'Austorc d'Orlac ( Mahn Gedichte, IX).

79, 1. 15. — Il va sans dire que puesca ne représente pas exactement possim {poxim ). On n'a ici en vue que le radical, qui est puesc = pose = pox.

79, 1. 3 du bas. — A Fabri de l'influence de Vi, s est devenu ch dans chôullia = solhar {*suculare), et dans pouchâ (tousser ), si du moins ce dernier mot est bien le même que polsar, traduit par a valde anhelare » dans le Donat provençal (36 h). — C'est ici le lieu de noter que plusieurs dialectes de l'ancienne langue, j compris le limousin, comme le prouvent des textes de Limoges et de Périgueux, changeaient souvent Ys dure suivant i, particulièrement i engagé dans une diphthongue, en une consonne probablement identique au ck français, et qu'on figurait sch^ sh ou ch. Sur sh, vojez un passage des Leys d'amors^ I, 62, qui prouve clairement que cette combinaison n'avait pas la valeur d'une *' simple *. Les trois notations, ou seulement deux d'entre elles, sont quelquefois employées concurremment dans les mêmes textes, ce qui démontre leur équivalence. Ainsi les Coutumes de Limoges ont ayschi, punischen, mais plus souvent,par ch, laychen, poicha, etc. La Croisade albigeoise a creish^ laish, preisha, ishitz, Saishes, à côté de baicha, ichitz, Saichag, etc. Un même ms. du Bremari à'amor offre ensemble yshi, isschauzada, naischensa, ichia, conoichensa, etc. Mais ce mélange ne se remarque pas partout, et même, là où il a lieu, il y a toujours une des notations qui paraît la préférée. — En finale, il arrive quelquefois que les deux éléments de sh se transposent ( de là des formes comme nayhs, qu'on trouve par exemple, dans les Joyas, àcôté de naysh

* Cf. môme ouvrage, TI, 186 .

et de naych ) ou que Ts tombe. Ex. : laih, dih, poih, Foih, etc. Ces dernières formes sont fréquentes dans la Chanson de la Croisade albigeoise, texte qui nous offre aussi d'assez nombreux exemples d'une autre modification de notre sh final, à savoir g : poig, Foig, etc. Je pense que g dans ce cas, comme h dans le précédent, devait figurer un son peu difîérent de celui du g allemand .

83, note 3. — Ici et plus loin ( 122, note 1 ), j'ai oublié que scopulum était aussi représenté en provençal ( escolh, escuelh ) .

86, l. 8 du bas : nGuilhaume. » — Lis. Guilhem.

87, 1. 7-8. — Saumo et sôumâ, au lieu de provenir immédiatement de salva et de salvare, comme je le suppose ici, par mutation directe de v en w, pourraient n'en provenir que par l'intermédiaire de saula et de sôulâ^ formes résultant de lamétathèse du v ( cf. teune =• tenuem ) et dont 1'/ se serait ensuite changée en m. Sôulâ n'est pas d'ailleurs une forme fictive. Elle existe à côté de sôumâ, en haut limousin. Cf., dans le prov. moderne, maulo = malva.

88, 1. 8 du bas. — Le provençal moderne dit de même souveta (souhaiter), «vous (août). Cette dernière forme se trouve déjà (auos#)dans le Petit Thalamus de Montpellier (p. 67)*. Des exemples anciens du même phénomène en initiale sont, dans le dialecte provençal,yo = aut ou Aoc, vont =- unde, vora = ora {Gloss. occit., SSS a), vostar = ostarj vueills^^oculus. — Mentionnons encore les formes gasconnes daubus daubussis = dau(s) us ( des uns, c'est-à-dire quelques-uns) et ibe (Bajonne) = ïe = ûe = una ( Yn intérieure tombe en gascon ), dans lesquelles, selon le génie du même dialecte, c'est b qui s'est introduit au lieu de v.

89, 1. 2. — Il faut ajouter brundî, forme dans laquelle le b s'est substitué au g disparu de grundire, et qui existe à côté de rundî, mais non pas partout avec sa signification première.

89, 1. 5. — Autres exemples de g remplaçant v ou l'aspiration : gûet = uet (octo) dans diverses parties du Périgord ; gausar= ausar (Languedoc et Gascogne), [déjà tel au XI V° s.;

* Cf. le catalan iot?os==pr. laors. On dit de même en Saintonge lavoure = là où.

gahor =ivaporem (Dict. langued., dans un texte du XIV s.); pagur=paor (dans Jaufre, supplément, p. 168); degorar=. dévorai' {Blandin, 180); couga=coua, coar (Languedoc); deguens = dehens=: dedintz, gocz=oc, après un infinitif en a ( bouta-goc), digamar = diffamer, engouloupa =envelopper (Gascogne). Dans un texte de Béziers du XV® s. ( Soc. archéol. de Béz., III, 163 ), je trouve segon = se on = se non (cf. le mod. soun dans sounque, sounco, ci-dessus, p. 332, note 2.) — Au lieu du g, c'est c qu'on a dans lacoun •= la oun, fr. là où ( Espalion ).

89, 1. 13-14. — Il est plus légitime" et beaucoup plus naturel, dans le cas présent, de supposer que si s'est tout entier substitué kui (vi), comme flexion verbale, que d'expliquer cette mutation par un simple accident phonique. Mais la langue d'oc nous offre beaucoup d'exemples certains du changement de V ens (z), ou, ce qui est la même chose, de l'insertion d'un z, en place d'un y, pour obvier à l'hiatus, c'est-à-dire pour remplacer l'aspiration. C'est naturellement dans les dialectes méridionaux qu'on doit surtout les rencontrer*. Tels sont pazimen { = pavimen, païmen), azounda (abondar, aondar), azourta (fr. avorter). D'anciens textes de la Provence et du bas Languedoc offrent crezet(créa ), glizeiza ( = glieiza ), dezitat {déité ), bonet malazuratz, cavazier ( = cavayer = cavalier ), et même sazer pour saber {Mascaro, p. 121 ), azer pour aver [Dern. Trouh., p. 124, 1. 1). L'inverse, c'est-à-dire v remplaçant z, est plus rare, mais se constate aussi dans les mêmes contrées. Ex.: cauvo ( aussi cwio)., très-fréquent en Provence pour causo ; de même pauva {poser), pérévous (= perezos)*. Des exemples anciens sont gramavi ( =-gramazi ), juvizi et juzivi ( = juzizi ), devon= dezon == deron ( Mascaro, 114 ), cavet = cazet { ibid., 134), sovar (Donat prov., 33 b) = suzar '.

* Le limousin en offre pourtant quelqaes-uns: tel est eiblouzi, qui, à Nontron, traduit éblouir. Mais nous disons eibalouvî, bouvî, on le Languedoc prononce esbalauzi, abauzi. — Cf. dans les patois français bleuvir et bleuzir = bleuir. La môme substitution se remarque, en initiale, dans sounte, qui se dit à Nyons pour ounte (prov. vounte).

' Les fo! mes intermédiaires cauo, paua, ont également cours, peutêtre aussi péréous. Dans tous les cas, ce dernier a existé, car on le trouve ( pereos ) dans un texte cité par Rochegude.

» Il faut peut-être en voir un autre dans un mot que je soupçonne Ro-

F se substitue de même à s dur, en Provence encore, nonseulement dans melfo, cité dans mon texte, mais encore dans plusieurs autres mots, tels que boufin (déjà dans Flamenca : bofi, V. 4591) =■ boussiin) ; moufo = mousso, founfoni (cornemuse) de symphonia, fioula (siffler) = sioula {sihilare). L'abbé de Sauvages enregistre, dans son Dictionnaire languedocien, fourupa et souroupa (sucer, humer), gaf et gasi (gué).

A ces formes modernes on peut joindre bofo {=bosso)^ qui se lit dans la Croisade albigeoise (v. 4017) ; ai fa, qui est peut-être pour aissa, au v. 6620 de Flamenca, et enfin sofanar =subsannare, qui se rencontre au lieu de soanar, dans quelques textes {Leys d'amers, ly 176; Ferabras, 1401; G. de la Barre, 46)'.

J'ai moins d'exemples du changement de /"en s. Le limousin mausso répond au languedocien majofo (Raynouard : majofa) ; mais est-ce bien Vf qui est primitive ? La chose n'est pas douteuse pour les formes gasconnes gersaut = gerfaut, sistolo = fistule, et pour prosemna = profemna, qu'offrent plusieurs textes toulousains du XVP siècle. En finale, on peut citer (je ne distingue plus ici z de s ni y de /) : voutz [volz) pour volv dans les Lei/s d'amors III, 210 (cant es moutz. Le blatz en farina se voutz), et, d'après le ms. 5232 de la Vaticane, dans un vers de P. d'Auvergne (E volz doutz en amarum), exemples qui confirment, en les expliquant, les formes 7'evols et vols[=^revolvit et volvit) de la Croisade albigeoise (vv. 7529 et 8905); cers^ régime singulier, rimant avec fers, dans la Vie de saint Honorât, p. 14, ce qui confirme la même forme hors de la rime à la page 10; sers = servit àoxi^ une pièce de Pistoleta {Lex. R.,

chegude, qui le rapporte, d'avoir mal lu. Ge mot, imprimé aine ( Gloss. occil., 9 a), ne serait-il pas plutôt aive =ai3e ? Rochegude lui donne la signification, qui convient fort bien à l'exemple cité, de «meuble, vaisseau, vase, ustensile », et telle est aussi l'une de celles deaize.Voy. la Vie de saint Honorât, p. 181, note 16, et Milà y Fontanals, Poètes catalans, p. 17, 1. 14.

* De là gafa et gaza {guéer), tous deux usités.

* Je trouve pharmapheutique (sic) dans un curieux document saintongeais de 1615 (Extraits du livre des maîtres apothicaires de Cognacpubliés par Jules Pellisson, Poitiers, 18T5) . Plusieurs, dans le même pays, prononcent la foupe pour la soupe . A Genève on dit de même desolafi&n, etc. Voy. ïUtter, Recherches sur le patois de Genève.

I, 507, V. 15); sers =servum dans las Rasos de trobar, p. 84 (citation de P. Vidal] et dans la version de rÉvangile St-Jean, publiée à Berlin, en 1868, d'après le ms. 2425 de la B. N., chap. XVIII, V. 10). Cf. dans l'ancien français troz, trois, truis, pour trof om truef {àe trover); rois, ruis, pour rof on rue f (de rover) ; pruis pour prof ou pj^uef (de prover], et au subjonctit des mêmes verbes, truisse [troisse, trusse), iruist, misse, ruist ; priistyYoy. Burguy et Diez, Grammaire, II, 216j. J'ajouterais dist {débet) des Serments, si cette leçon était certaine ; mais je crois plus probable, avec MM. Burguj et Cornu [Romania, IV, 454), qu'il faut lire dift.

89, note 1, 1. 5 : « virtuel. » — Effacez ce mot. La forme vounte existe réellement, en Provence, à côté de mounte.

90, 1. 12: iipois.)) — Lis. poitz,

90, 1. 13. — Le />ona^ remarque lui-même, p. 55 a, à propos des mots en ohlz, comme cohtz (coctus), que « tuit poden fenir in oitz, sicum coitz, voitz.» On trouve, dans Sancta Agnes, sapha à côté de sapia, et le même texte et d'autres offrent mah = mais (magis),puh ou pueh = pueis (post)^ fah (factum ou facit), lah = la i (Ferabras, 4943J, buh {S. Agnes, 864, mal à propos changé en bruhj := buis de Flamenca, 7207, etc. Lorsque 1'^ se substituait ainsi à Vi, Ys ou le t final pouvait tomber, comme le montrent les exemples précédents. — Un des emplois les plus remarquables de h = i était celui qu'on lui voit dans les formes telles que tuh, cargah, garnih, où il représente Vi du nominatif pluriel latin, et qui sont assez fréquentes dans quelques textes. Voy. là-dessus la Revue d. l. r.,VI, 102.

91, 1. 4. — Exemples bas-latins du même phénomène : gregnabit, gregnanolus (voj. Boucherie, Un almanach auX°s., Revue d. L r., III, 143). Le fr. grimer, grirneler, doit peutêtre s'expliquer de même. Voy. encore là-dessus Boucherie, Revue, IV, 519. A l'appui de cette opinion vient ce fait qu'en Auvergne on dit rimer ( non grimer ) au sens de froncer, rider ( Mège, Souvenirs de la langue d'Auvergne, p. 223 ). — Le phénomène inverse (rejet du g initial étymologique) se remarque chez nous dans roumeû (râle : lou roumeû de la mort), qui a la même origine que grommeler^. On trouve ce dernier mot dans

» Je raisonne ici dans l'hypothèse que gromm,eler a l'origine germa-

Montaigne, sous la forme rommeler,et Brantôme emploie roumeau, qui existe du reste, aujourd'hui, avec roumeler, en Saintonge, en Poitou et en Berry.

91, note 1. — La mutation de r en s (moins fréquente en français que je ne l'ai dit ici par inadvertance), et inversement celle de s en r, se constatent assez souvent dans quelques textes languedociens et provençaux du XIV° siècle et de la fin du XIIP. Voy. là-dessus les recherches de M. Paul Mejer, Romania, IV, 184, 464, et cf. Rev. d. l. r., VIII, 238, note 1.

92, note 1. — A la notice citée, il faut maintenant ajouter celle de M. l'abbé Vayssier sur le dialecte rouergat {Rev. d, l. r., III, 354), dont quelques variétés pratiquent avec constance cette substitution de c? à r. J'ai sous les jeux un écrit publié en février 1876, à Villefranche-de-Rouergue, où je lis : bigneidou^ escloida, gaide, traide, beide. — Au reste, je considère aujourd'hui comme plus que douteuse la mutation que je supposais ici de r en t, dans les formes verbales mingeten, begueten, etc. Cf. p. 280.

92, note 2. — Supprimez cette note. Putnais, que j'y vise, avait aussi la forme pudnais, d'où a pu plus facilement dériver pumai. Je mentionne en passant, comme exemple de la mutation contraire en pareille position, govidnar = governar, que je Us dans un document limousin de 1475. — Une autre forme ancienne de putnais est pugnais, qui pourrait aussi avoir donné naissance à notre pumai. Cf. rito^ ritou ( cane, canard ) = guito, guitou de la Gascogne. Guita est dans Rochegude.

94, 1. 2 et note 1. — On a un exemple de la mutation de / en d dans idoula (Tulle), anc. udolar = ululare. Baissa n'est pas seulement gascon, comme il est dit dans la note. Cette forme est également languedocienne, et on la connaît aussi en Périgord.

95, 1. 2. — Ajouter: Exceptionnellement, /, au lieu de se

nique admise par Littré. Mais le tout ne pourrait-il pas venir du latin? Le fr. du Centre et de l'Ouest n'a pas seulement roumeler; il a encore, dans la même signiQcation, roumer, rouminer, qui renvoient directement à rumare etruminare. Roumeler [le rommeler de Montaigne) représenterait alors *rumillare, forme des plus plausibles et d'un type essentiellement populaire, et nous aurions dans grommeler un nouvel exemple de la prosthèse du g.

vocaliser selon la règle, est tombé, après a, dans ram/jam = rampalm ( rameau bénit ou jour des rameaux ), qui est ailleurs rampau. Vr tombe de même, en Languedoc, devant la nasale dans Joun =Jorn, can-salado = carn salado.

95, 1. 18 : « en limousin. » — Lis. : en langue d'oc.

96, note 2. — Notre ancienne langue a eu peut-être aussi muit; du moins cette forme se rencontre dans le poëme de la Guerre de Navarre, vv. 640, 2023.

98, note 1. — Le Donat provençal (p. 41 ) excepte baltz (qui est notre bal ) des mots que l'on peut « virar en autz » ; mais il excepte aussi cavaltz et gais, et nous disons chavau etj'au.

99, note 2. — On a, à Nontron même, un exemple pareil dans greu de grelh {grillum]^ que l'on aurait dû s'attendre à y voir devenir grei.

100, 1. 1-2. — On a peut-être un autre exemple de lamême mutation ( m en b) dans brujo =myrica (?). Cf. en grec Ppôros = Hp6roç, etc.

100, 1. 10 : « Sôulâ = sôumâ » . — C'est peut-être plutôt l'inverse. Yoj. la note sur la p. 87, 1. 7-8.

100, note 2. — Voy. une autre étymologie ( plus probable ) du fr. fange, et par conséquent de noire fonho, dans les Mémoires de la Soc. de linguistique, II, 70.

101, N, 1. 3. — L'étymologie donnée ici de degu [nec unus) est contestée (Voy. Bomania, IV, 289, note 2). A l'appui, on peut citer dostan ( Montauban et ailleurs ) = nostan {Joyas del gay saber, 238), et arda = arna, deux formes anciennes d'un même mot. Dans le Forez, on trouve la forme legun, résultat d'une mutation différente, mais moins rare, de l'w étymologique.

102, note 1, 1. 5: a Vorterbuch .» — Lis.: W'ôrterbuch.

105, 1. 13-14. — Gru, rattaché ici à granum, a plutôt peutêtre une origine germanique. Voy. Littré, au mot gru. Il se sera, dans ce cas, produit une confusion des deux mots. C'est ce qu'indique Vn du dérivé engruna (p. 113, 1. 3 ) = fr. égrener.

106, note 1. — A l'appui de cette explication de trounho, je citerai blanha (■= blanca), forme que je trouve dans Rocliegude, mais que je n'ai d'ailleurs rencontrée, ou du moins remarquée, dans aucun texte.

107, 1. 11. — Ajoutez à ces exemples besouei [besonh ), coudouei{codonh), louei[ lonk), que] j'ai entendus dans les cantons de St-Pardoux-la-Rivière et de Champagnac. Au contraire, effacez perpai, que je regarde aujourd'hui comme un exemple trop incertain. L'étymologie perponh ou pcrpoing, où d'autres s'étaient aussi laissé prendre (voy., p. ex., Ruben, Œuvres de Foucaud,2l, note 4), m'avait séduit. Mais, si notre perpai peut s'y ramener, il n'en est pas de même du bas-limousin porpar, qui renvoie, par porpal, à un porpalh qui serait la source commune des deux formes. D'un autre côté, perpount, perpouen, au sens propre &e pourpoint, existe à côté deper/)ai(=poitrine). Tout se réunit donc pour rendre plus que douteuse l'étymologie que j'avais adoptée pour ce dernier mot, et que je retire .

107, à la fin. — Ajoutez : Nh, comme Ih, se réduit quelquefois à y. Ainsi entanhâ du bas-limousin est chez nous eniayâ. Ce mot signifie «embourber», et je remarquerai en passant qu'il nous offre peut-être (en le tirant de fanho) un exemple de la même mutation de f{ph) en t, que l'on constate dans blastemar = blasphemare. Le contraire se remarque dans le languedocien fanfasti = fantastic.

108, 1. 7 du bas : u eirisseii.» — Ce mot n'est pas aussi particulier que je l'avais cru au dialecte limousin. Du moins ne l'était-il pas autrefois, car on le lit {eiressel) dans un troubadour languedocien ( Daude de Prades). Rochegude le mentionne, mais il en ignore le sens, ce qui peut faire supposer qu'on ne le connaît pas aujourd'hui dans le Languedoc.

109, 1. 21. — Le y radical du verbe avei tombe même quelquefois, en haut-limousin, à l'imparfait de ce verbe ; oyo = avio.

112, 1. 2 de la sous-note : « frar.n — Lis.: frair. Cette forme et les formes semblables, mair, pair, se rencontrent déjà accidentellement dans Bertran de Born, et l'on trouve même mai ( à la rime ) dans Bernard de Ventadour.

114, 1. 6 du bas. — Cette étymologie de dabeuro est probablement erronée. Voy. p. 308, note 3.

123, note 1. — La forme banna, ici supposée, se trouve en effet (p. ex.: Vie de saint Honorât, p. 13). Je remarquerai à ce sujet que l'assimilation de c? à n, dans le groupe nd, suivie ou non, mais plus souvent suivie, de la réduction à l'unité des

deux n ainsi obtenus, est un phénomène très-fréquent dans le dialecte provençal et dans le dialecte gascon, surtout dans ce dernier. Ex.: segona [S. Honorât, 127 o), redounello, grannessa, etc. — Très-analogue est l'assimilation de la même dentale à / dans soullats = souldats, forme usitée dans le Tarnet-Garonne et probablement ailleurs.

127, 1. 7-8. ^- Sur boueidâ =viduare (?), voj. ci-dessus la note sur la p. 43, 1. 7.

136, dernière ligne de la note: «176.» — Lis.: 134.

137, 1, 5 du bas: « qui ne tenta rien nulle part pour faire revivre les cas de ces substantifs. » — Ceci serait trop absolu, si l'on s'en rapportait aux textes écrits. On voit en effet, par quelques exemples, que les noms intégrais recevaient parfois l'allongement ffs au sujet singulier. Mais, comme à l'époque où ces formes commencèrent à se répandre, la langue parlée n'avait plus probablement conscience de la distinction des cas, ma proposition, en somme, doit rester vraie.

139, note 2, 1. 3 du bas: a 188. » — Lis.: 149.

140, entre les 1. 8 et 9 du bas, placez ligô = lugan (lucanus), sans pluriel. C'est l'étoile du matin.

141, note 3:« est devenu. » — Il serait plus exact de dire « est resté », car la resta se trouve dans des textes, et non pas seulement limousins, du moyen âge. Resto n'a donc pas été emprunté au français ; seulement, à Nontron, sous l'influence de la langue nationale, il a pris le genre masculin.

146, 1. 18. — On peut ajouter paure = paor, qui se dit en divers endroits.

146, 1.3 du bas: (((V. p. 3)». —Lis.: (voy. t. II, p. 168).— Un passage du même ouvrage (II, 62) montre clairement qi^'au XIV^ s., dans les noms dont il s'agit ici, la forme du cas sujet {aire) prévalait déjà, comme dans la langue actuelle, sur celle du cas régime.

148, note 1, 1.6. — Ajouter: Ces formes en ei =es se rencontrent assez fréquemment dans G. de Rossillon. Ainsi prei, marquei, mercei, pagei, Agenei, etc.

152, 1.7. — Placez après crosle signe =.

152, l.^'.apô. » — Je ne sais comment je n'avais pas reconnu dans ce mot l'ancien post, dont les exemples ne manquent pas, et qui vient de postis.

153,1. 2-6 : « proubai,)) — Voyez ci-dessus la note sur la p. 68,1. 4-5 du bas.

156, 1. 5 du bas. — Ajoutez 5*0 (anc. ga) = vadum, où l'o bref du singulier reste au pluriel sans changement, contrairement à ce qui se passe dans les autres noms en o bref provenant d'un a radical, comme mo, crestio, germo. Voy. p. 140.

156, note 1, 1. 2 : « 149. «—Lis.: 151.

156, note 3, 1. 1: « Colp.n —Lis.: Cop.

160, dernière 1. de la note 1:(( as. » — J'ai trouvé, depuis, un exemple ancien de cet adjectif au féminin pluriel. C'est dans le Recueil de M. Paul Meyer, p. 141, 1. 92: « que sas coberturas de fer foron totasasos.» M. Meyer, à la vérité, corrige arsas; mais je crois que c'est à tort.

161-2, à la fin de la note 4, ajouter: Au sujet de ces adjectifs ainsi allongés au pluriel, je noterai que, dans le Quercy, le Rouergue et diverses parties du Languedoc, la nouvelle flexion es, non -seulement se substitue, mais encore s'ajoute souvent à l'ancienne et régulière flexion en s. Je n'ai remarqué cela que dans le pronom el [elses], dans plusieurs adjectifs déterminatifs {aquelses, calses, quanses, tanses, toutses, unses ou usses ; au féminin, toutsos, ussosY, et dans deux ou trois substantifs {eusses = oculos/pelses =pilos, reizes^= reges (le jour des Rois), fiousses =fila). Dans les .mêmes contrées, je vois ces flexions prêtées même aux particules, régulièrement invariables, mais et gis, et au nom composé toupie, qui enjoué le rôle. Ex.: Per decouops n'a pas gisses (Villefranche de Rouergue); touplesses d'autres légats (id.); — H fôu maysses de pelses grises (Béziers).

163, note 4, avant-dernière ligne : a religieuse . » — Lisez : religieuses.

164, n" 16. — Aux trois adjectifs en «m, exclusivement féminins, ici mentionnés, il faut ajouter bringau, du verbe bringâ (sauter, danser), qui n'est, à ma connaissance, employé qu'avec le subst. féminin feûre (fièvre). On dit d'une jeune fille trop

' Je trouve déjà elses, aquelses et totses^ dans des documents languedociens de 1465 et de 1501. — Une pièce de même origine, du commencement du XVII* s., a lous teusses = tous teus {les tiens).

fringante qu'elle a « lafeiire bringau. » — En haut-limousin, l'adjectif ymM {=vilis, comme fiau=filum; voyez p. 58), garde les deux genres. Mais on. lui donne souvent aussi la flexion féminine audo fviaudoj, en l'assimilant faussement à ceux où au provient de aldus, comme chau.

166, 1. 12 : a singulier. » — Lis. : masculin.

167, n" 7. « ors — orso. » — Lis.: or — orso.

167, n" 8. — Ajoutez : For reste encore féminin dans aigofor (eau-forte), qu'on dit aussi, du reste, aigo-forto.

168, n" 10. — C'est par erreur qu'il est dit ici que les adjectifs endour — doueiro, dont il s'agit, ne « correspondent phonétiquement à aucun type latin. » Ils sont formés sur le modèle des adjectifs en torius, tels que ama/orms, mais répondent pour le sens, soit à des participes en urus^^oii des adjectifs enbilis. Voy. Diez, Grammaire, t. II, p. 327 de la trad. française, et Leys d'amors, II, 60-62.

173. Pronom de la première personne. — Il faut ajouter au paradigme des formes anciennes mw, dont les exemples ne sont pas rares dans des textes de diverses provenances.

173, note 3. — Après nos autri, ajoutez : cas sujet ; et pareillement, p. 175, note 1, après vos autri,

174, note 1. — Supprimez les deux exemples cités dans cette note. Le premier, tiré d'une pièce dont je neipuis comparer les diverses leçons, me paraît décidément trop suspect. Quant au second, j'ai eu le tort,' le trouvant cité dans Raynouard, de le transcrire sans le vérifier. Le premier vers est trop long et doit se lire : Eveus m'alvostre plazer, ce qui rétablit la mesure et fait disparaître l'invraisemblable anomalie syntaxique que j'y croyais voir.

176, première ligne après le paradigme : « vocalisation de Ve. )) — Lis. : .... de Yl.

177, note 1, 1. 7. — Voy. d'autres exemples, plus anciens, de cet emploi de se, dans la Romania, IV, 343.

177, note 2. — Un exemple encore plus ancien de l'emploi de il au régime pluriel nous est offert par le v. 2082 de G. de Rossillon:

E coro los ferir elh nostre il.

178, 1. 2 du bas. — J'ai oublié ici ew, qui s'emploie aussi, mais plus rarement que ôm, et seulement, comme au mas-

culin, dans des phrases interrogatives : plôu-t-eû = pleut-il? Quant à 6u, l'expression « qui est sujet et régime », dont je me suis servi, pouvant, malgré la distinction faite dans le paradigme, induire en erreur, je crois utile de faire remarquer que, en tant que sujet, 6u = éu= el, de même qu'au masculin, tandis que, comme régime, ce pronom n'est autre que l'ancien o. Pour les autres formes du pronom neutre, dérivées de hoc, et qui sont très-nombreuses en langue d'oc, voy. la Romania, IV, 338, et V, 232.

178, note 3. — J'ai, depuis, rencontré trois ou quatre exemples de /a, sujet, pour e/a, dans des textes anciens de diverses provenances. Ils sont recueillis dans un autre travail qui paraîtra prochainement.

179, 1. 8 du bas. — J'ai oublié ici le pronom se, qui se réduisait à s [ques =que se). En réparant mon omission, j'ajouterai que devant cette s se développait quelquefois un i [y), même après une voyelle atone. Ex. tirés des Coutumes de Limoges : quiqueyssia, noys deu pausar . Des textes d'autres provinces offrent le même phénomène sur une très-grande échelle . Tel est le Breviari d'amor. F a.rmi les mss. des Troubadours, le n» 1592 de la B. N. le présente constamment. Ex. : dompnais = dompna se, emperaireis = emperaire se, gensois =. genso se. Il est remarquable que ces mêmes textes laisssent en général intactes les finales, soit verbales, soit nominales, en as, es, os^. Ainsi ela se devient elais ; mais elas reste elas.

* Il y a fort peu d'exceptions. Les moins rares concernent es. Pour os, je n'ai qu'un exemple, précieux à noter comme témoignage de l'ancienneté de la prononciation actuelle du pronom nous en bas Languedoc : Mas la rasa nois fpron. nouis) no sabem {Breviari d'amor, v. 2514). Il en était probablement déjà de même de vos et de los. Voy. là-dessus A. Roque-Ferrier. l'Article et les Pronoms en langue d'oc {Revue des l. r., IX, 135). — A l'égard de as, on peut citer vays (= vas = vers) dans un troubadour de Béziers (R.Gaucelm) et, sans 1*5 (devant une consonne), ai •=■ as pour aïs, datif pluriel de l'article, dans la Vie de St Honorât, pp. 12 et 158. (Cf. dans le même texte, p. 12, ei santz ="- es ie los) santz) . Mentionnons encore les formes verbales de 2» pers. plur. en ai= as = atz, qui ont été signalées dans G. de la Barre et dans Flamenca, et sur lesquelles voyez la Revue des l. r., VI, 292. (Il y en a, si je ne me trompe, dans ce dernier texte, un autre exemple à relever ; c'est au vers 1548, oîi je crois qu'il faut lire: Pasai, fai s' el = passez, dit-il.)

179, note. — Le pronom neutre /o, dontil est question dans cette note, fut autrefois très-peu usité, et les dialectes qui, comme le provençal et le dauphinois, en faisaient le plus d'usage, l'employaient comme sujet '.Aussi ai-je eu tort de ne pas l'inscrire comme tel dans le paradigme (p. 176). Aujourd'hui on s'en sert beaucoup en Provence, au moins dans le sous-dialecte d'Avignon, que Mistral arendu classique, mais surtout, à ce qu'il semble, comme régime ou attribut. Voy. sur ce pronom la Romania, IV, 342. — Dans le Vivarais et le Dauphiné il conserve son ancien rôle de sujet, sous les formes lou, le, la. Pour cette dernière, cf. sa = so, va = vo (=: o). On a des exemples de la remontant au moins au XV^ s. Les mêmes formes se retrouvent, et avec le même emploi, dans plusieurs variétés des dialectes de la Lombardie et du Piémont.

180, 1. 3. — Le dialecte gascon fait encore un grand usage de ces pronoms af/îxes, comme les appelait Rayuouard. Vos y est, non us, mais bs, réduit souvent à. b {p], et quelquefois même changé en ^s (cf. cat, cot=cap, cop): sits platz (Dastros) = si vos platz. — L (lo) et Is (/os) s'y vocalisent: lou bin hé parlau (id.) = parlar lo (le vin le fait parler).

180, 1. 10 du bas : « ti. » — Lis. : Vi.

181, 1. 1. — Il faut faire une exception pour là sujet, qui, comme l'article féminin pluriel, élide quelquefois son d. Ex. : quan Van = quand elles ont.

181, 1. 15. — Des textes de la Provence proprement dite, du XIV® siècle ou de la fin du XIIP, offrent quelques exemples de cette chute du v initial, tant dans le pronom vos que dans quelques autres mots {vostre,volopat, volontiers). Yoj, Derniers Troubadours de la Provence, p. 22; Vida de sant Honorât, pp. 120 a et A, 129, 133 a, 174 b, 186. Dans la chronique biterroise de Mascaro (p. 136), on trouve hoiar (= voiar), où v se réduit seulement à h.

* C'est à ce litre qu'on le voit figurer, et je n'en connais pas d'exemple plus ancien, dans ces vers du troubadour provençal Raimbaut d'Orange (Màhn Gedichte, n°' 326 et 354) :

Qui qu'en favelh Lo m'es pro belh De mon saber. . .

183, 1. 7. — Dans la Provence, cal(cau) est employé abusivement sans article, comme relatif, principalement après les prépositions : de quau = de qui, en eau = à qui. Usage ancien dans ce pays, comme le prouvent les ex. ci-après, tirés de la version du Nouveau Testament (ms. 2425) :

Lo drap de quai era ceuturat.

(Jean, 13, 5) Lo lazer quai Jhesus avia resuscitat.

{Ibid. 12, 6)

184, 1. 6-7. — C'est par inadvertance que j'ai dit ici que quant «comme relatif ne servait qu'au neutre. » La vérité est qu'il pouvait servir pour tous les genres et aux deux nombres.

184, note 1. — Cet emploi de l'article pour le pronom est très-fréquent dans la Chanson de la croisade albigeoise. On peut voir les exemples réunis par M. Paul ^leyer dans le glossaire de son édition.

185, 1. 1: «réduites.» — Lis. : réduit.

185, 1. 5-6. « Ço (ou ce) n'est jamais employé qu'avec un pronom relatif. » — Il y a là une erreur ; j'oubliais que ce s'emploie très-fréquemment seul avec le verbe dire : ce di, ce disio, ce disset-eû, etc. On se sert aussi quelquefois de pa, mais rarement, par ex. dans la locution pléonastique ce disset-eû ça di, qui répond au fameux qui dit dit-il de nos troupiers. — Je noterai, en passant, que la forme ce se rencontre déjà, dès le XIV siècle, dans des textes du Limousin ou d'autres pro • vinces, principalement du bas Languedoc. C'est dans le Petit Thalamus de Montpellier que j'en ai vu les exemples les plus nombreux.

185, note 1. — Voy. un autre ex. de quo pour aco dans G. de Rossillon, V. 299 du fragment publié par M. Meyer dans son Recueil, parmi les variantes.

185, note 3 : « 1589 ». — Lis.: 1389.

186, note 3. — 'Un, dans les deux exemples de St Bernard rapportés ici, est plus probablement une variante orthographique de on.

187,1. 3. — Sur le modèle de alcun, cascun, où wnws n'ajoute rien à la signification ni de aliquis,m de quisque, le dialecte languedocien a formé, en ajoutant un à mant, trop, quant, tout, les adjectifs composés mantun, tropun, quantun, toutun,

qui ont respectivement le même sens. Mantun est déjà fréquent dans la Croisade albigeoise en i^vose; je n'ai pas des trois autres d'exemple remontant au delà du XVI« siècle. — C'est peut-être une composition semblable que nous offre cilun, qui se lit deux fois dans la Vie de Saint Honorât (pp. 45 et 88), et qui signifierait la même chose que cil tout seul, c'est-àdire ceux-ci. Ce sens conviendrait fort bien dans les deux passages.

188, note 1. — On pourrait, je pense, sans trop de témérité, désigner le littoral méditerranéen, de Nice à Valence, en y comprenant les îles voisines, comme le domaine propre de cette forme, en France et en Espagne. Elle paraît, dans les deux pays, s'être fort peu avancée dans les terres, sauf peutêtre du côté des Pyrénées. — Les textes cités dans la note ne sont pas les seuls qui en offrent des exemples*. Voy. encore Un troubadour aptésien, par l'abbé Lieutaud, v. 145; les Derniers Troubadours de la Provence, pp. 61 et 99; Vie de saint Honorât, édit. Sardou, p. 66 [assaventura =a l'aventura),!^. 111 (que sa dona per ver entuyseguat avia), p. 203 a, note 37 {sos pes 0 sas mans); Nat de Mons, dans un passage cité deux fois par les Leys d'Amors (II, 256 et 390)':

Quar qui so ver te nec Lay on direl deura

Au nom propre Pons de sa Gardia, rappelé par M. Meyer, et qui est dans deux mss. (sinon un plus grand nombre), celui du troubadour appelé par d'autres P. de la Q-ardia, on peut joindre les deux suivants, que je trouve dans Teulet (n"* 475 et 800): Oalrics dez Anglada (= de z'Anglada) et W. des Bosquet.

Ce qui prouve bien que c'est à ipse qu'il faut rattacher ces formes de l'article, c'est que, dans de très-anciennes chartes

<Le Lvdus sancti Jacobi en a un troisième au v. 371 .—Je n'en ai mentionné que trois dans Flamenca; mais il y en a un plus grand nombre. Pour plusieurs, à la vérité, on peat hésiter entre l'adjectif possessif et l'article. — Dans Ste Agnès, le texte qui en a le plus, j'en ai compté 19. M. Meyer (article cité) en a relevé 14. Voici les cinq autres : 263 : ce nostre dieus; 340 : ci majestat (corrigé cil sans nécessité); 824 et 1145 : A! de sa..../ (et non adesa, commo porte l'édition); 931: ço (= so), inutilement changé en cel.

de la Provence et du bas Languedoc, où le latin se mêle au provençal, on voit souvent cet adjectif jouer le rôle de l'article, comme ille le fait dans d'autres. Je renvoie aux chartes du Mémorial des Nobles de Montpellier, portant les n"* 35, 36, 37, 40, 81, iOl, 120, 121, 122, 125, 129, dans l'édition de M. Montel {Revue des langues romanes, t. V et VI). Voy, aussi Mejer, Recueil, n"" 45 et 46.

190, note 3 : a ponvdel, employé » , — Lis.: pour del ou dal, employés.

194, 1. 4 du bas. — Effacez si.

196, 1. 9. — Lisez qu'ei au lieu de quei et placez le signe = après lou meû.

199, note 2, 1. 1. — Ajoutez cet exemple tiré d'une pièce languedocienne de 1355 : a tug aquilh ( Joyas del gay saber, p. 13).

201, 1. 15-16. — Quecx, contrairement à ce qui est dit ici, a duré longtemps. Il était encore usité au XIV' siècle. Les Legs d'amors, tout en le qualifiant de mot estranh, constatent qu'il était «acostumat de pausar per cascus, »

202, Nul. — Il faut ici ajouter, comme équivalent de nullus, pen-peino, littéralement pas un, pas une.

204, note (lis. 1 au lieu de 3. — L'adjectif ^royo, plur. tropis, tropos, existe encore en Languedoc.

215, 1. 18 : a Revista. » — Lis.: Rivista.

218, note 2: «51-55.)) - Lis.: 36-37.

218, note 3: «36-37.)) —Lis.: 51-55.

228, 1. 10 du bas. — D'autres formes de cette première personne sont soun et sieu, la première propre au languedocien, la seconde au provençal. «Soun (son) est déjà très-fréquent dans les vieux textes; sieu{siu ), au contraire, y paraît à peu près introuvable. Peut-être y en a-t-il un exemple au v. 3362 de Flamenca :

Quar s'ieu am e non siu amatz.

228, note 3. — Sias est la forme constante de cette 2™^ personne dans la version provençale du Nouveau Testament contenue dans le ms. B.N. 2425, si j'en juge du moins par ce qui a été publié de cette version.

229, 1. 5 et 1. 2 du bas. — Ce qui est dit ici de em et de et%

n'est pas exact. Ces formes, dont on trouve de nombreux exemples dans Goudouli et dans les poètes ses contemporains et successeurs, survivent encore en diverses parties du Languedoc.

230, note 1. — J'ai rencontré depuis ces mêmes formes [eravam, eravatz ) dans les œuvres de deux troubadours de Béziers, Matfre Ermengaud et Bernard d'Auriac.

Mentionnons encore, à cette occasion, d'autres formes anciennes dont on n'a que de très-rares exemples, tous relevés dans des textes de la Provence. Ce sont siu (J'étais), siam {nous étions), sias {vous étiez ), siu (ils étaient). Pour siam et sias, voj. la Revue des langues romanes, VIT, 76, note sur le v. 18 d'une pièce de Jacme Mote d'Arle. Quant aux deux siu, je n'ai encore rencontré ces formes qu'une seule fois. C'est dans le roman de Flamenca, v. 4045 et v. 4739, où elles sont confirmées à la fois parle contexte, qui, dans les deux cas, exige l'imparfait de l'indicatif, par la présence dans un autre passage (v. 6073) de la forme siam (nous étions), et enfin par cette double circonstance qu'il j a dans le même texte d'autres exemples de m pour ia (ainsi estiu = estia, aux vv. 1315, 3495 et 6428), et de tu pour io, 3^ pers. plur. (Voj. vv. 871, 2020, 1372, 6437, etc.)

Cet imparfait de être existe encore aujourd'hui ; mais je ne saurais dire si la série de ses formes est complète, ni quelle est l'étendue du pays où elles ont cours. Je n'ai, jusqu'à présent, d'exemples que de la première et de la deuxième personne du pluriel ( siam et sias) , et c'est dans une pièce datée d'Alais (Gard), et imprimée dans YArmana de Lengado pour 1876, que je les ai recueillis.

Revenant au siu { = eram ) du v. 4045 de Flamenca, je remarquerai que cette forme nous offre probablement l'exemple le plus ancien de la substitution qui s'est opérée dans le dialecte provençal de iu [ieu) à Via classique, à la l'" pers. sing. de l'imparfait et du conditionnel. La Vie de sainte Enimie, dont l'auteur était de Marseille, a deux exemples de la même flexion. Ce sont les suivants ( 'Qduvi&oh, Denkmœler, 266, 21-22) :

E que as dit 1 que ja tenrieu Per fantauma si ho auzieu. . . .

Les félibres n'écriraient pas aujourd'hui autrement.

231, note 1. — J'ignorais, quand j'écrivais cette note, que des formes pareilles à celles que j'y signale ont cours aujourd'hui aux environs de Limoges, sinon à Limoges même . Ruben, dans la préface de son édition de Foucaud, a côté de fugueietfuguesso^ mentionne siguei et siguesso, et, en effet, j'ai rencontré ces dernières formes dans de récentes chansons limousines*. Mais on ne trouve jamais rien de pareil ni dans Foucaud, ni dans Richard.

240, 1. 18 : « comme Toulouse et Marseille » . — Par « Marseille », le lecteur aura compris que j'entends la Provence en général. 11 se pourrait qu'à Marseille même ces formes en gué fussent moins usitées que d'autres formes allongées (en ssé). C'est du moins ce que semblent indiquer les textes spécialement marseillais que j'ai pu lire.

247, note 1, 1. 4. — Ajouter : Ces formes affaiblies, ou originairement faibles, en M =t(v)t ne se rencontrent, àma connaissance, que dans le texte cité dans cette note, dans Boëce (v. 87 : servii), dans une pièce rimée du ms. lat.3558 B, que je publierai incessamment, avec les sermons contenus dans le même ms.{tenguii, chaiguii,saubii), et enfin dans le fragment de mystère découvert à Périgueux, dont j'ai donné dernièrement la 2^ édition [eichii] '. Tous ces textes sont limousins. La prononciation actuelle ne fait, dans ces formes et les pareilles, sentir qu'un 2, mais très-allongé : dlssî^ vengui, tenguî, saubî, etc., et peutêtre en était-il déjà ainsi autrefois.

248, note 1. — J'ai oublié ici di, usité encore dans la locution ce (ou ça) di =: dit-il (anc. fr. ce dit).

249, l'e col., 1. 6 du bas : a esas.n — Lis. : essa. 254, 1. 11 : « auss, ». — Lis. : aussi.

255, 1. 12 du bas : ny.n — Lis. : y.

258, 1. 2 du bas. — A coufî on peut ajouter, comme ayant passé àla2'n* conjugaison (inchoative), les deux yerhes councî {concidere) et suncî {subcideré] :quelo chalour me councî (m'abat, m'accable); lou gran fre lou suncî (le saisit, le transit.) Si ce

» Le Berry dit de mônie: je sus =-je fus; je susse — je fusse (voy. Jaubert, Glossaire du centre delà France, p. 276). * Voy. Revue des l. r., VII, 417, note sur le v. 7 de ce fragment.

dernier verbe est le même que l'anc. somsir, il est resté plus près de la signification primitive.

258, dernière ligne. — Outre disei (dises), nous avons encore à la 2°"^ personne du sing. de Find. prés, la forme forte dî { = dis •= dùz], usitée uniquement dans la formule interrogative qu'en dî? — A l'impératif, nous avons aussi, outre dijo, une seconde forme, dî (cf. fr. dis) qu'on peut employer isolément, mais que l'on joint volontiers à la première d'une façon pléonastique : dijo, dî !

259, note 1. — Cette signification de deidire doit être rapprochée de celle que l'ancienne langue d'oc, comme l'ancien français, donnait quelquefois à desmentir, à savoir fausser, dans un sens matériel (p. ex. une armure).

261, n" 9. — Mulgere n'a pas, en effet, de représentant dans Rajnouard. Mais on trouve dans le Donat provençalles formes mois = mulsit (54 a) etmoutz = mulget{b7 a), dont la dernière renvoie à un infinitif tel que molzer.

262, 1. 4. — On a pourtant des exemples, même dans de très-vieux textes, de ^wî tonique à la 1'® pers. du singulier. Voy. la note 1 de la p. 247 et, ci-dessus, Taddition qui s'y rapporte . D'autres exemples sont agui dans P.Vidal {Ajostar e lassar), mentaugui dans Guillaume IX (^w Alvernha). Cette dernière pièce oâre aussi respozi^ autre forme afl'aiblie.

263, 1. 7-8 et note 1. — Je crains d'avoir été ici beaucoup trop affirmatif, et je considère aujourd'hui comme peu sûre cette explication des formes bega, molga, etc. Il est plus probable que le ^ y provient, comme dans vengo, de Vi durci de la flexion iam.

264, n° 8. (( Dôure.)) — On dit aussi doulei.

264, note 1. — D'où vient nc/Aano, qui est chez nous, comme on le voit par cet exemple, le nom de l'arc-en-ciel? Roche gude a alclas, et le languedocien moderne arcolan. On peut, d'après cesformes,conjecturer: 1° que ïi de notre riclhâno est parasite; 2^ que ce mot a subi l'aphérèse, ordinaire en limousin, de l'a initial. La forme régulière et complète du mot serait ainsi arcfojlano , qui nous représenterait V alclas ( = arclans) de Rochegude féminisé.

265, n* 16. — A la 2* pers. du sing. ind. prés., outre pôdei,

on a aussi, en haut limousin, la forme contracte pouei. Cf. vouei à côté de vôlei.

266, note 1. — Je n'avais pas sous la main, quand j'écrivais cette note, le dictionnaire de Béronie, et mon souvenir de l'article auquel je renvoie était resté trop peu précis. Ainsi s'explique que le mot « probable » se soit glissé sous ma plume. Le fait est que rien ne doit paraître moins vraisemblable que l'explication donnée, non par Béronie lui-même, mais par son continuateur Vialle, du dicton dont il s'agit.

267, 1. 2. — La forme vols est ici notée à tort comme parfait de voler. Elle représente, non voluit, comme a imprimé M. Guessard (ce qui a causé mon erreur), mais volvit.

270, 1. 20. — On trouve déjà quelques exemples isolés de la V* pers. plur. du futur en am dans des mss. du XIV^ siècle {Croisade albigeoise ^ Breviari ctamor^ Vie de sainte Enimie, etc.)

270, note 1. — La forme classique de ce futur était poirai, par vocalisation du d, comme dans creirai, veirai. Mais on trouve aussi, dans quelques textes anciens, porai, qui est notre pourai.

276, 1. 5. — Ajoutez : Les deux participes penden et fenden ne reçoivent pas non plus la flexion féminine dans le proverbe agricole : luno penden, terro fenden. Cf. le provençal aigo ardent •= eau-de-vie.

277, 1. 10-11. — Les formes dont il s'agit ici existent aujourd'hui dans le dialecte gascon ; mais il faut se rappeler que ce dialecte est, à proprement parler, étranger à notre langue.

277, 1. 17-18. — Il faut observer ici que, dans les parties du Périgord où la voyelle flexionnelle, à ces trois personnes, est a, elle l'est aussi à la 3' pers. du pluriel. Ainsi disseran et non disseren.

277, 1. 7 du bas. — Ajouter : Si l'ancienne forme de cette 2* personne s'est conservée quelque part, il est probable qu'elle a complètement rejeté son t final, dont on la trouve déjà privée, dès le XIV* siècle, dans quelques textes, dont le principal est le Breviari d'amor. Ex. tirés de ce poëme : receubis (14637), su/fris (14639) ; formieis (14611. suffertieis (14358). On remarquera dans ces deux derniers le changement à'ies final en ieis. Ce changement a presque toujours lieu, en pareil cas, dans le poëme. — Une pièce, probablement limousine, que

ADDITIONS ET CORRECTIONS Sn

j'ai plusieurs fois citée ( Prière à Notre-Dame, dans la Romania, I, 409 ), abonde en formes pareilles, et il n'y en a pas une seule en t. Mais ies ne s'y diphthongue pas, comme dans le Breviari. Ex.: aguis (3), parties (34), sufferties (51).

279, 1. 12. — D'autres formes de prétérit, aujourd'hui en usage à Toulouse et lieux voisins, offrent b, au lieu de g ou r, comme consonne flexionnelle. On dit, par exemple, plourèbi, plourèbes fplourecj, plourebèm, plourebèts, plourèben. M. le docteur Noulet, à qui je dois le paradigme entier de ce temps, dont je n'avais rencontré dans mes lectures que les personnes à finale atone, m'apprend que la 3® pers. du',singulier manque à la série. On ne dit jamais ni plourep, ni ploureb. Je ne connais pas d'exemple ancien de ces formes remarquables, où paraît revivre le v des formes latines, et qui pourraient suggérer une troisième explication des formes en ègui du même dialecte. De plorevi, par exemple, ploregui se serait aussi régulièrement développé que mogui de movi.

284, 1. 20. — Dans les verbes de la i'* conjugaison, Tancienne langue avait, pour ce temps, une 2® forme plus étymologique, mais moins usitée, en ara; ainsi semblara [Flamenca^ 3701 ) pour semblera. On en rencontre quelques exemples isolés dans des textes limousins du XIV siècle.

292, 1. 13. — Le même recul de l'accent se remarque exceptionnellement en portugais, dans les imparfaits pûnha, tinha vinha. Voy. Diez, Grammaire, trad. franc., II, 178.

295, note 1. — Il y a un très-grand nombre d'exemples de pareils déplacements de l'accent dans la Chanson, de la Croisade albigeoise. Voy., dans la Revue des langues romanes, IX, p. 200, la note sur le v. 5002 de ce poëme.

302, 1. 4 du bas : « Cel i respondero. » — Il faut effacer cet exemple. La bonne leçon est: E eli respondero. Voy. l'édit. de M. Meyer, v. 2915.

304, note 2. — Or = on est aussi plusieurs fois dans la Chanson de la Croisade albigeoise. On y trouve également dor pour don. Je noterai, en passant, que la mutation de « en r qu'on remarque dans ces formes est très-fréquente dans le dialecte dauphinois, spécialement dans le patois del'Oysans. Ex.: ur =■ uro, sour (suum), mour(meum), bour(bonum), etc. Le languedocien milhouno offre un exemple de la mutation inverse.

308, note 3, 1. 2. — • Effacez « t. IV », et lisez 114 au lieu de 656.

315, 1 . 2 de la fin : «... mentZj survivent encore, dans .... »

— Lisez : . . . mentz. Ces derniers survivent encore dans. . .

316, 1. 8. — Le verbe acelâ (assalâ)^ contrairement à ce que

j'avais cru, est encore usité. En voici un exemple tiré d'une

chanson récente :

Go fai que noû van alai Noû assalâ soû lou plai .

D'autres locutions adverbiales formées comme a Vassala sont a brassa^ (fr. a bras-le-corps) et a l'esprê (fr. à dessein), k la place de l'ancien de leu, on dit, à Rochechouart, de legiê (anc. fr. de léger).

316, note 2, dernière ligne. — Locutions semblables usitées en Provence et en Languedoc : d'agachoun, d'escoundoun, d'assetous.

317, 1. 3. — A daveras, ici rappelé, on peut ajouter c^a/jas lentement) et dabadas { en vain). Ce dernier subsiste encore en Provence ( de bado ).

318, note 1, ligne 2. — Effacer la virgule après le second cada.

319, 1. 7. — On trouve en effet, dans l'ancienne langue, une locution semblable : casen levan ou levan casen. En voici un exemple du troubadour Perdigon :

E fin joi e lonc désir Mi menet levan cazen .

( Parnasse oocitanien, 115. )

322, 1. 15. Sur no mas quant.— Au lieu de quant ou que, on trouve quelquefois de, ce qui confirme mon analyse de notre locution, la relation eutre les deux termes d'une comparaison pouvant s'établir aussi bien par de que par que ou quant (quantum). Ex.: res mays de veritat pura [saint Honorât, p. 322); negus. . . mas d'en Amaut{Yie de Gc. de Berguedan). D'autres

* Cette locution existait déjà au XIII* siècle :

Penra son marit> brassât

( Breviari ePamor, v. 3933).

Pouvait-on l'employer aussi, comme aujourd'hui, avec un nom féminin, et dire, par exemple, penra sa molher a brassât? C'est fort vraisemblable, mais je n'en ai pas la preuve.

fois, rfe, au lieu de se substituer à quant, s'y ajoute simplement. Ex.: mas cant sol de Proensa ( Croisade albigeoise, v. 7072). Yoy. encore dans le même poëme, vv. 140, 2055, 2320, 3268. 324, 1. 1 du bas : «(co colp).y> — Lis.: co{colp).

325, 1. 8 du bas. — Ajouter : Aei remplit même quelquefois abusivement le même rôle, par suite d'un oubli singulier de sa signification propre. Ex.: piei qu'un rei me crese=^ je me crois plus quun roi ( Mozobrau, là Lemouzina, p. 77 ),

326, note 2, 1. 2. — Au lieu de 2589, il faudrait lire 2587 . Mais cet exemple, et je pense aussi le second, sont à supprimer. En effet, oil o doit être lu oi lo, où lo est pronom neutre sujet, et je ne crois pas aujourd'hui que oe soit l'oiY français. J'y vois simplement un doublet de oc, résultant de la vocalisation du c.

327, note 3, 1. 2. — Aux auxiliaires de la négation, ici mentionnés, ajoutez mot {motz]=s modum. Ex.:

Quant menz s'en guarda no sap mot quan los prent.

{Boëce, 132.)

On explique ce mot par muttum, mais je crois que c'est à tort. Voy. là-dessus la Rev. d.'l. r. , 2^ série, IX, p. 356, note sur le V. 3065 de la Croisade albigeoise.

328, 1. 7. — Voici deux exemples de cet abus, tirés de textes languedociens du XV" siècle :

De totz quants son en lo pas misérable D'aquest mon trist, jamais se trobaria Qui recomtes lo gaug inestimable. . .

{Joyas del gay saber, p. 52)

Et quand los de la dita vila los an vistes venir, se son de res esbayts. [Croisade albigeoise en prose, édit. Bompard, p. 70).

331, 1. 13-14. — Suppléez deux lettres tombées, n à la fin de la ligne 13, t au commencement de la ligne 14.— En Provence et dans le Vivarais, je trouve c{qu) employé dans le même cas. Ex.: din'C-un panier, din-c-un libre.

332, 1. 5 : « de [mixto). » — Lis. : [de mixto).

332, 1. 15. — Sau [sauv devant les voyelles) se dit aussi en divers lieux : sauv aciden = sauf accident.

336, 1. 7 du bas. — Fes(sousla forme bei) est employé, dans la Marche, du côté de l'Auvergne, au sens de à ou chez, qu'on lui trouve aussi, sous des formes variées, en Languedoc, en

Provence et jusque dans le Forez. Exemples anciens de cette acception : vas unjuzieu = chez un juif (Meyer, Rapports, etc., p. 62) ; vas Jérusalem = à Jérusalem {Ibid., 64).

338, dernière ligne : « Ne sai quans. » — Lis. : No sai quans.

340, 1. 13. — Exemple pareil dans G. deRossillon (v. 6755):

Ab Girart son Ihi dut trei companho.

341, dernière ligne. — On trouve déjà per toi aquo, avec le sens de malgré cela, dans une pièce de Guillaume IX, le plus ancien des troubadours :

Mas ieu ■per tôt aquo nom mogui ges

341, note 1, 1. 8. — Le dialecte provençal se sépare, sur ce point comme sur tant d'autres, du limousin et de la langue classique, mais y signifiant à la fois verum et magis. Il en était de même autrefois, comme on peut le voir par les textes spécialement provençaux, tels que Flamenca, saint Honorât, sainte Agnès ^ etc.

342, 1. 4. — Pâmin se dit aussi, en Limousin, dans le même sens, mais, à ce qu'il semble, beaucoup moins que pamens en Provence.

342, note 1. — Suppléez la lettre f, tombée au commencement de la 1. 3.

344, 1. 14 du bas. — Un exemple plus ancien de quan, dans cette acception, est le suivant, tiré de Jaufre :

Par pauc non a lo sen perdutz Tant fon fels e mal et iratz Can Jaufre non era nafratz.

Voy. aussi Flamenca, v. 1772, où cant = car, vu que.

344, 1. 2 du bas . — L'explication ici hasardée de de se que est à retirer. Cette locution est certainement de sempre que, puisque dese {desen, desempre) = aussitôt. Voy. la note 1 de la page 311.

345, 1. 12. — Il faut ajouter, comme équivalent de peique (fr. puisque), d'abor que, moins usité pourtant chez nous qu'en Provence et qui a aussi, et même plus souvent, sa signification propre et normale de aussitôt que.

347, 1.2: « Quoique. » — J'ai oublié l'équivalent le plus

correct de la conjonction française, qui est tambe que. Mais aujourd'hui on ne s'en sert plus guère.

347, 1. 30, — Il y a ici une erreur : per so que pouvait, en effet, se réduire à per so. Ex. : a e fes lo cor raustir... per so ladomna s'agradava fort de corde salvaizina. » (Vie de G. de Cabestanh . )

348,1.17: « Vouei. ï) — Cette interjection existe aussi (voui) en Languedoc. En Provence je la trouve jointe, comme chez nous (mais sous sa forme primitive), à l'impératif de videre : oi-ve !

349, 1. 19. — D'autres altérations de diable sont diatre^ marjaure ( = malus diabolus).

350, 1. 1 : <.{ pleit-a-Deu! » — Je trouve de même plaît a Dieus! dans des textes languedociens du XVII* s. [Théâtre de Béziers, pp. 96, 166).

350, 1. 16. — Ajoutez ourdi., altération de ardi, qui se dit aussi. C'est le fr. hardi = hardiment! courage I — Au lieu de anem I on dit aussi quelquefois an I qui n'en est qu'une abrévation.

350, 1. 17 : dja. » — Cette interjection est mentionnée dans les Leys d'amors (III, 36), parmi un certain nombre d'expressions elliptiques encore usitées pour la plupart.

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