II. — Elision
D'un mot à l'autre, la contraction, bien qu'assez fréquente, surtout en haut limousin, est pourtant exceptionnelle. C'est bien plus souvent à des élisions que donnent lieu les rencontres de voyelles finales et initiales. Mais, comme notre dialecte n'a aucune répugnance pour l'hiatus *, l'élision ne se produit avec régularité que si la finale est une voyelle atone et brève ou une diphthongue atone {io ou ie). Dans ce dernier cas, l'o ou Ve seuls disparaissent, et Vi restant forme crase avec la voyelle ou la diphthongue initiale du mot suivant. Ex.: sa memôriei freicho, segWeicoududo.
Si la finale est tonique ou longue, elle ne s'élide qu'exceptionnellement et seulement dans des mots très-usuels, tels que demô (demain) ou les pronoms noû, vou. Ex. : nautrei, v'autrei, v'en, demàu sei. En pareil cas, c'est quelquefois au contraire
* Et de môme tous les imparfaits et les conditionnels en ia (io), tas, etc.
* Dans ce mot, comme dans le mot ôuro de l'alinéa suivant, la voyelle tonique ou a forcé l'a précédent à s'affaiblir ; si a avait eu l'accent, le produit de la contraction aurait sans doute été au.
^ Le vers suivant, de Foucaud, présente deux crases, dont une réunit deux diphthongues, par conséquent quatre voyelles, toutes les quatre perceptibles à l'oreille, et constitue ainsi une tétraphthongue : Car si ou poudio ou ouzario be.
* Le vers cité dans la note précédente en offre un exemple.
la vojelle initiale du mot suivant qui disparaît, comme cela a lieu fréquemment en italien. Mais cette sorte d'élision est plus habituelle dans le haut Limousin qu'à Nontron, où on la constate fort rarement *.