‹ Grammaire Limousine: phonétique, parties du discoursChapitre 21 sur 119 · I. — Contraction · texte numérisé non relu

I. — Contraction

Notre dialecte contracte régulièrement en une diphthongue ou une triphthongue toutes les voyelles consécutives d'un même mot*, que ces voyelles se suivissent déjà immédiatement en latin, ou que leur rencontre soit due à la chute d'une consonne intermédiaire. La contraction se horne le plus souvent à les réunir dans une même émission de voix, sauf à les modifier plus ou moins fortement, mais sans en sacrifier aucune ; d'autres fois elle va jusqu'à effacer complètement l'une d'elles*. Ex.: suave, suau, souau; — cauda, coa, couo; — ruga,

* Sauf, bien entendu, les cas de chute et de métathèse. — Lorsque, exceptionnellement, la contraction n'a pas lieu, un autre phénomène se produit ordinairement, qui sera étudié ci-après : je veux dire l'insertion d'une consonne.

2 Ce cas rentre dans celui des réductions de diphthongues, étudié dans la 3« section du chapitre précédent.

PHONETIQUE »3

rua, ruo; — gloria, glorio; — via, vio^; — pavorem, paor,pàu*; — legumen. Hume, lume ; — rogationes, roazos, razoû : — média nocte, meia nuech, miané ; — rainos, ranoû.

La contraction réunit aussi quelquefois une voyelle ou diphthongue finale avec la voyelle ou diphthongue initiale du mot suivant. C'est la crase des grammairiens grecs. Ex.: ad koram, aora, ôuro ; — ecce hoc est, co es, couei ; — i ai (ego habeo), yai, où i se change en sa semi-voyelle y; — si ou (si ille), siôu; — nôu ourà (novem horasj, nôurà ^.

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