‹ Grammaire Limousine: phonétique, parties du discoursChapitre 34 sur 119 · I. — F initial · texte numérisé non relu

I. — F initial

F initial reste f. Ex.: femina, fenno; — flamma, flâmo; — fica, fîjo ; — * fenuculum, fenolh, fanouei. Il s'est durci en p dans Panchei, forme très-rustique de Francei [François), en haut Limousin.

IL — F intérieur

Il reste f lorsqu'il suit ou précède une consonne. Ex.; officinum, ofice; cal[e)facere, chôufà; — inflare, ûflâ; — conficere, coufî. Entre deux voyelles, il disparaît ( sauf dans les composés, tels que d€fôro = deforas), soit entièrement comme dSiTiS biai [bifacem], soit en laissant après lui l'aspiration*, comme dans prehon, de l'ancienne langue, devenu chez nous prigoun par le durcissement de 1'^.

Lorsqu'il provient de ph, f intérieur ne se réduit jamais à h. Il reste f. Ex.: raphanum, râfe; — Stephanum, Eitêfe ; — orphanum, orfe ; — cophinum, côfre.

* On sait que 1'/" n'était en latin qu'une forme, plus rude que Vh, de l'aspiration*. Aussi s'est-elle souvent réduite, même dans le latin classique, à culte dernière. Parmi les idiomes néo-latins, deux dialectes de la langue d'oc, le béarnais et le gascon, ont, avec le castillan dn l'autre côté des Pyrénées, développé dans leur sein cette lendance phonique, et, généralisant un phénomène qui était resté accidentel en latin, en ont fait un de leurs caractères les plus distinctifs.

* V. Baudry, Oramm, comp., p. 121.

Page 1