‹ Grammaire Limousine: phonétique, parties du discoursChapitre 51 sur 119 · TROISIÈME DÉCLINAISON · texte numérisé non relu

TROISIÈME DÉCLINAISON

Cette déclinaison comprend tous les noms féminins (d'origine OU devenus tels) qui ne se terminent pas en a. Elle correspond

'Les Leys d'amors (tom. Il, p. 158) étendent l'exception à tous les substantifs masculins de cette déclinaison. Dans les plus vieux textes, ces substantifs sont considérés comme féminins : la papa, la propheta, la psalmista. Dans les textes plus récents, ils sont tantôt féminins {lasprophetas, trad. de Bède, dans Bartsch, 230, 41: — la rosira papa, Guillem Figueira, ibid., 200, 23), tantôt masculins {al papa, chanson delà Croisade, ibid., 184, 17; — la papa, Raimond de Cornet, ibid., 346, 34), comme ils devaient rester.

* Dans Cette déclinaison, comme dans les- suivantes, z se substituait à s après une dentale : pratz, salutz, vertatz, etc.

à la troisième déclinaison latine parisyllabique ; en voici le paradigme :

Sing. svL^ tors fturrisj. Plur . sn^ t07^s fturresj .

— rég. tor fturrem). — rég. tors (turres) .

La plupart des substantifs que renferme cette déclinaison, et un assez grand nombre de ceux qui sont compris dans la précédente, appartenaient à la troisième déclinaison latine imparisyllabique, c'est-à-dire qu'ils avaient au nominatif singulier une syllabe de moins qu'aux autres cas ( Ex. : fans, fontem; — dolor, dolorem). Ceux qui étaient monosyllabes au nominatif singulier devinrent tels aux autres cas, par suite de l'élision nécessaire de Te des flexions em, es. Quant à ceux qui avaient deux syllabes ou un plus grand nombre au nominatif singulier, les deux formes sous lesquelles ils se dégagèrent durent, en vertu des lois phoniques, rester pour la plupart imparisyllabiques *. Ainsi, de soror, sororem, durent venir et vinrent en effet sor, seror. Mais, sauf un petit nombre d'exceptions, la forme du cas sujet fut immédiatement abandonnée, et l'on donna sa fonction à celle du cas régime ', que l'on munit à cet effet de Ys de flexion. C'est ainsi que, pour rafio, rationem, par exemple, qui avait dû donner au début, oatre raison ou raiso, un nominatif comme raice, on ne trouve jamais dans aucun texte, si vieux qu'il soit, que razos, razo.

C'est de cette manière que furent ramenés au type régulier de la deuxième et de la troisième déclinaisons provençales tous les substantifs imparisyllabiques, à crément bref ou long, du latin, moins ceux , en assez petit nombre, qui composent la quatrième déclinaison.

' Ce fut le cas de tous les substantifs à crément long. Parmi les substantifs à crément bref, il n'y avait que ceux qui se terminaient, au nominatif singulier, en r ou en l, qui pussent devenir parisyllabiques. Ainsi les deux formes arbor et arborem durent donner albre l'une et l'autre » mais home, hominem, donnèrent hom, orne; — cornes, comitem, donnèrent coms, comte.

^ Tel fut aussi, très-probablement, le cas des monosyllabes. Gela est certain pour /lor, puisque le cas sujet est (lors et non flos.

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