‹ Grammaire Limousine: phonétique, parties du discoursChapitre 58 sur 119 · ir (pr. ir). Ex.: soupir, désir · texte numérisé non relu

ir (pr. ir). Ex.: soupir, désir

4. or (pr. or où o = o). Ex.: sor (soror), por fporcusj, cor (corpus), tor (tort). Ajoutons or, trésor, pris au français ou modifiés par son influence.

5. our (pr. or* où o = ou). Ex.: four (forn), bour (borg), tour (tor = turris), chalour (calor). Nous avons donné cette désinence à la plupart des noms français en eur (= orem), que nous avons empruntés. Ex.: voulour, talhour, etc.

6. ur (pr. ur). Ex.: mur, segur, adj. (securus). Quelques substantifs de cette désinence ont été empruntés au français ; mais ur j représente un eur correspondant à une autre désinence latine que orem. Tels sont hounur, malur ( = fv. bonheur, malheur).

B. — Désinence brève

On s'explique facilement que les substantifs terminés au singulier par une voyelle dont la quantité n'est pas susceptible de s'allonger gardent au pluriel la même désinence, puisque notre dialecte, grâce à la chute de Vs finale, ne peut plus former de pluriels sensibles qne par l'allongement — avec ou sans modification — de la voyelle du singulier. Mais cet obstacle à la distinction des nombres n'existait pas pour les substantifs qui composent cette deuxième section de notre quatrième déclinaison. C'est donc pour un autre motif qu'ils restent invariables, et ce motif est la loi phonique exposée dans la première partie de cet ouvrage (chap. II), en vertu de laquelle une explosive terminale abrège la voyelle antécédente.

La voj'elle qui termine aujourd'hui ces substantifs était en effet suivie, dans l'ancienne langue, d'une consonne explosive qui nécessairement la rendait brève ou, si elle l'était déjà, l'empêchait de s'allonger. Bien que l'explosive soit tombée, la voyelle est restée brève. Elle est aussi demeurée telle au pluriel, malgré ïs, parce que cette s, qui ne contrariait pas l'action de l'explosive, a dû tomber en même temps qu'elle. 11 y

a eu pourtant, en assez grand nombre, des exceptions ', soit que Vs, ayant pu survivre plus ou moins à l'autre consonne, ait eu le temps d'exercer sur la vojelle son action ordinaire, c'est-à-dire de l'allonger, soit que l'analogie ait seule agi pour amener ce résultat*. Je vais passer en revue les diverses désinences, en notant les exceptions au fur et à mesure.

1. a (pr. ac, at, ap.)Ex. :sa (sac), ta, (tac), dra (drap), cha (cat). Ajoutez tous les participes en à (at = fr.é).

Exceptions : pra — prâ(prat), bla — blâ(blat).

2. é (pr. ec, et, ep). Ex. : be (bec), ve (vetz = vicem), ce (cep).

Exceptions : lie — liei (liet=lectum), dre- drei (dret=L directum), secré — secrei (secret), etc . — Ici c'est pour ainsi dire la règle qui est l'exception, la plupart des noms en et, provenant du lat. et. . , cet.., ict, ayant été assimilés aux noms en e atone et introduits par analogie dans notre deuxième déclinaison.

3. i (pr. ic, it, ip). Ex. : ami (amie), pi (pic), espri (esperit), cri (crit). Ajoutez les adjectifs et participes de cette désinence.

Exceptions : jari — jarî (garric), chabri ~ chabri (cabrit), berbi — berbî (berbitz), perdri — perdrî(perdritz).

4. ô (pr. oc, ot, op). Ex. : so (soc), bro {broc), jio (joc), fio (foc), liô (loc), chabô (cabot), co (cop)^, et de même les noms empruntés au français, tels que esa'û, sirô, abricô, gigô, impô.

5. ou (pr. oc, ot, op où o=^ou]. Ex.: bou(boc), mou (mot). Exceptions (elles sont ici plus fréquentes que l'application

de la règle) : lou~loû (lob),nebou — neboû(nebot), crou — croû (crotz), nou — noû (not), pou —poû (potz = puteus). Pareille-

* Exceptions plus nombreuses en haut Limousin quo chez nous. (Voir la note 1" de la pag. 149 ci-dessus )

^ (Jette dernère alternative paraît la plus vraisemblable, comme on peut l'induire de ce que les plus nombreuses exceptions à la règle se constatent dans les noms que leur désinence rend facilement assimilables à ceux delà 2» ou de la 3" déclinaison, par exemple ceux en ^ et en ou.

^ Colp Cpour colp — colaphus) est déjà dans Gérart de Rossillon (V 2057).

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ment Fadjectif ton — toû (tôt) et quelques mots empruntés au français, tels que ragou- — ragoû (ragoût) , eigou — eigoû fégoutj. 6. Il (pr. uc, ut, ud). Ex. : salu (salut), bru (brut =fr. bruit), malôutru (malasti^c), cru, adj. (crud), et de même tous les participes en u (ut = utum). Les mots français en u, ut, que nous avons empruntés, restent également brefs au pluriel.

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