‹ Grammaire Limousine: phonétique, parties du discoursChapitre 64 sur 119 · ai — âyo, ayà (pr. ai — aia): gai — gâyo · texte numérisé non relu

ai — âyo, ayà (pr. ai — aia): gai — gâyo

12. ei — êlho, êlhâ (lat. eclus, iclus, pr. elh) : viei — viêlko ; oermei — vermêlho.

12. ei — éso, ésà (lat. ensus ou ensis, issus, pr. es [estreitj): prei — préso; mei — méso. Us reste dure dans eipesso de eipei fspissusj. Bourgei (burgensis) garde la diphthongue au féminin (bourgeiso). C'est ce que font aussi quelquefois prei et mei.

13. iei — io, iâ. Il n'j a à placer ici que miei (médius) ei son composé plus usité demiei. La forme complète du féminin est mieia, restée en bas-limousin (miejo), mais dont nous avons fait mio par contraction, comme de enveia envio, de correia courio.

14. au — audo, ôudà (lat. alidus, pr. ald ou aud) : chau — chaudo ; baudo, féminin de baud que nous n'avons plus, usité seulement dans le mot composé ^erôo — baudo. Ajoutons cacaudo, forme féminine du substantif cacaM, par laquelle nous désignons une grosse noix, et Va.à}ec,i\i sournhau—sournhaudo, correspondant à sournaru du provençal moderne et dérivé comme lui du classique sorn.

15. au — auto, ùutâ (lat. altus, pr. ait ou aut): nau, nauto.

16. au — âlo, âlà (lat. alis, pr. a/ ou au) : Mourtau — mourtâlo. Les adjectifs de cette désinence sont de ceux qui, dans l'âge classique, n'avaient qu'une forme pour les deux genres. Notre dialecte en a encore trois qui sont dans ce cas, et cela tient sans doute à ce que, ces adjectifs étant, par essence, inapplicables au masculin, le besoin d'y distinguer les genres ne s'imposait pas ; ce sont boucau, pourchau et tôurau, qui s'appliquent respectivement à la chèvre, à la truie et à la vache, pour indiquer que ces animaux sont en chaleur. Je ne sais si ces adjectifs se rencontrent dans des textes anciens; mais on ne les trouve ni dans Raynouard , ni dans Rochegude.

17. au — ausso, ôussâ lat. (alsus pr. als ou aus): fau — faussa.

18. eu — (?/b, êlâ (lat. ellus, pr. el ou eu — ela) : beû — bêlo ; nouveû — nouvêlo. A Nontron et dans le haut Limousin, cette désinence se réduit ordinairement à <? au masculin.

19. ou — ôlo, ôlà (lat. ollis, pr. ol): fou — fôlo;m6u — môle.

20. ou — ôuno, ôunà. Je n'ai à citer ici que le subst. sôu (solidum) et son féminin sauna, formé en dépit de Tétymologie, qui signifie un gros sou, une pièce de deux sous.

21. iôu — iôvo, iôvà (lat. ôvus, pr. ou, ova): niôu — niôvo. h'o bref latin, devant v comme devant c, se diphthonguait en ue dans l'ancienne langue. De là, à côté de la forme pure nou, une autre forme nueu — nueva, qui, réduite à néu-nêuo, persiste en haut et bas Limousin.

b. — Désinences nasales

1. an — âno, ânà (lat. anus, pr. an). — Les noms de cette désinence paraissent tous empruntés au français : catalan — cataldno ; peisan ~ peisdno *; artisan — artisano. Une variante est en — eno, enà (fr. - ain — aine) : vilen — vilêno; umen — umêno; ancien — ancieno; certen—certeno'^.

2. An — ando, andà (lat. andis, pr. ant, pour and) : gran — grando. De même, d'après le français, marchan — marchanda; gourman — gourmando .

3. an-anto, antà (lat. ans, antis, pr. an^.) : pesan--^ pesanto, et de même tous les participes présents de la première conjugaison.

4. an — ancho, anchâ{pr.anc—ancao\iancha): fran- francho; blan — é/awcAo.Demême les substantifs eitan — eiVancAo. Exceptionnellement man de mancus (pr. manc — manca) fait au féminin manso.

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