our — ouro, ourà (lat. orem, pr. or où o = ou) : minour
— minouro (fr. mineur, mineure). Melhour (meliorem) est resté, par exception, indéclinable comme dans l'ancienne langue.
A cette désinence our, commune à beaucoup de substantifs, correspondent plusieurs désinences féminines que je vais énumérer :
a. — eirî (pr. airitz, lat. atricem). Celle-ci correspond en réalité, non à our, mais à adour (pr. ador)^ qui le plus souvent est resté tel, mais qui dans quelques mots, à l'exemple du français, s'est contracté en our. C'est ce qu'on voit dans fiatour — flateirî. Nous trouvons la forme pleine dans meitivadour
— meitiveirî (fr. moissonneur — euse), fenadour — feneirî (fr. faneur — euse). Je rappelle ici que ces substantifs en adour ont conservé une autre forme, celle-ci variable au pluriel, en aire, que nous préférons même à la première, bien qu'elle provienne du cas sujet (ator). C'est donc à la fois aux deux masculins «ire et adour que correspond le féminin eirî^.
b. — eûso, eûsâ, désinence empruntée au français. Nous la
' A la campagne, on dit généralement amar au masculin. Mais ici l'a n'pst pas primitif; c'est une altération de \'e, comme dans far, cuhar, duhar, etc. (Voir la Phonétique, E tonique .
' Le bas-limousin donne à ces substantifs en aire des féminins en airo :
laissons en général aux substantifs pris de cette langue, dont nous changeons pourtant en our le masculin eur: voulour — vouleûso; talhour — talheuso.
c. — ourno, ournâ. Cette désinence remplace souvent euso : voulourno, talhourno, mantourno. L'introduction de Yn dans ces formes, qui passent pour grossières, est due probablement à une fausse assimilation de la désinence du masculin à celle des mots tels que jour, four, dont Yn effacée reparaît dans les dérivés journâdo, fournâdo.
d. — riço, riçà. C'est le français rice, désinence propre, comme on sait, au féminin de plusieurs substantifs en eur. Nous l'avons maintenue à ceux de ces substantifs que nous avons empruntés : diretour — diretriço; acusatour — acusatriço; emperour — emperatriço.
10. dour — doueiro, doueirâ. Le bas-limousin, où les adjectifs de cette désinence (qu'il ne faut pas confondre avec dour = torem) sont moins rarement employés que chez nous, fait le féminin en douiro : maridadour — maridadouiro (nubile); paradour — paradouiro (propre à parer). De pareils adjectifs se rencontrent assez fréquemment dans les chartes^ coutumes et autres documents diplomatiques, tant du Limousin que des autres provinces; mais ils paraissent étrangers à la langue littéraire. Comme ils ne correspondent phonétiquement à aucun type latin, il faut les considérer, je pense, comme formés de toutes pièces par la langue d'oc.
11. our — ourdo, ourdâ (lat. urdus, pr. ord où o = ou) : sour — sourdo; lour — lourdo.
12. our — ourto, ourtâ (lat. urtus, pr. ort où o = oii) : coiir — courto.
13. ur — uro, urâ (lat. urus. pr. ur) : segur — seguro; dur — duro .