scène vu
Cieui, écoutez ma voiï; terre, prête l'oreille: Ne dis plus, ô Jacob, que ton Seigneur sommeille! Pécheurs, disparaissez : le Seigneur se réveille. Comment en un plomb vil Cor pur s'est-il chargé? Quel est dans le lieu saint ce pontife égorgé ? Pleure, Jérusalem, pleure, cité perfide, Des prophètes divins malheureuse homicide : De son amour pour toi ton Dieu s'est dépouillé ; Ton encens, à ses yeux, est un encens souillé.
Le grand prêtre, rempli de l'esprit prophétique, montre sous ce voile transparent la corruption, les crimes futurs du jeune Joas, et l'abime d'opprobre où doit tomber Jérusalem,
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Comment l'aurais-je fait si je n'étais pas né? Vers de la fable de La Fontaine le Loup et l'Agneau :
Et je sais que de moi tu médis l'an passé. — Comment Caurais-jefuil si je n'étais pas né? Reprit l'agneau; je tette encor ma mère.
Se dit pour se disculper d'une faute qu'on s'est trouvé, par le temps et par l'éloignement, dans l'impossibilité de commettre.
Comment peut-on être Persan? allusion à l'exclamation qui termine une des pages les plus spirituelles des Lettres persanes de Montesquieu. Cette locution est si pittoresque, si souvent rappelée, et la lettre qui lui sert de cadre est un modèle d'observations si justes et si fines, qu'au lieu d'en donner une sèche analyse, nous n'hésitons pas à la citer tout entière. Rico écrit, de Paris, à son ami Ibben, à Smyrne : « Les habitants de Paris sont d'une curiosité qui va jusqu'à l'extravagance. Lorsque j'arrivai, je fus regardé comme si j'avais été envoyé du ciel : vieillards, hommes, femmes, enfants, tous voulaient me voir. Si je sortais, tout le monde se mettait aux fenêtres; si j'étais aux Tuileries, je voyais aussitôt un cercle se former autour de moi; les femmes mêmes faisaient un arc-en-ciel nuancé de mille couleurs, qui m'entourait. Si j'étais aux spectacles , je voyais aussitôt cent lorgnettes dressées contre ma figure : enfin, jamais homme n'a tant été vu que moi. Je souriais quelquefois d'entendre des gens, qui n'étaient presque jamais sortis de leur chambre, qui disaient entre eux : Il faut avouer qu'il a l'air bien Persan Chose admirable! Je trouvais de mes portraits partout; je me voyais multiplié dans toutes les boutiques, sur toutes les cheminées, tant on craignait de ne pas m'avoir assez vu. Tant d'honneurs ne laissent pas d'être à charge : je ne me croyais pas un homme si curieux et si rare; et, quoique j'aie très-bonne opinion de moi, je ne me serais jamais imaginé que je dusse troubler le repos d'une grande ville où je n'étais point connu. Cela me fit résoudre à quitter l'habit persan et à en endosser un à l'européenne, pour voir s'il resterait encore dans ma physionomie quelque chose d'admirable. Cet essai me fit connaître ce que je valais réellement. Libre de tous les ornements étrangers, je me vis apprécié au plus juste. J'eus sujet de me plaindre de mon tailleur, qui m'avait fait perdre en un instant l'attention et l'estime publiques; car j'entrai tout à coup dans un néant afifreux.
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Je demeurais quelquclois une heure dans une compagnie sans qu'on m'eût seulement regardé, et qu'on m'eût mis en occasion d'ouvrir la bouche; mais si quelqu'un, par hasard, apprenait èi la compagnie que j'étais Persan : Ah! ah! monsieur est Persan? C'est une chose bien extraordinaire! Comment peut-on être Persan ? »
Dans les applications que l'on en fait, cette interrogation exprime plaisamment la surprise que fait éprouver l'aspect d'une personne appartenant à une classe ou à une nationalité qui excite notre curiosité.
Compagnons de Cadmus (Les). Suivant les légendes grecques, Cadmus est le fondateur de Thèbes. Arrivé en Béotie, il tua un dragon monstrueux qui avait dévoré ses compagnons et en sema les dents, dont renaquirent des soldats, qui s'entr'égorgèrent aussitôt.
Les dents du dragon qui se transforment en hommes, et les compagnons de Cadmus qui s'entre-tuent, ont laissé en littérature un souvenir légendaire que rappellent souvent les écrivains.
Compagnons d'Ulysse (Les). Ulysse, à son retourde Troie, ayant été poussé par la tempête sur les côtes de l'île où régnait la fameuse magicienne Circé, celle-ci, qui voulait retenir le héros dans ses Etats, métamorphosa tous ses compagnons en pourceaux, en leur donnant un breuvage enchanté.
Les allusions que l'on fait à cette singulière métamorphose ont lieu le plus souvent dans l'ordre des choses morales, pour caractériser l'abrutissement qui succède quelquefois à l'intelligence.
Conseil tenu par les rats, titre d'une fable où La Fontaine met en scène des rats qui prennent une décision héroïque, fort avantageuse pour le salut de la république, mais que personne n'ose mettre à exécution, car il ne s'agit de rien moins que d'attacher un grelot au cou du terrible Rodilard,
L'Attila, le fléau des rais.
La difficulté fut d'attacher le grelot.
L'un dit : Je n'y vas point, je ne suis pas si sot; L'autre : Je ne saurais. Si bien que sans rien faire On se quitta.
GUAMMAIRE LITIÉHAIRK GJ
On lait allusion au Conseil tenu par les rats pour caractériser ces assemblées où se prennent des résolutions excellentes, mais tout à fait inapplicables, ou dont personne n'ose assumer sur soi la responsabilité.
Contez-nous un de ces contes que vous contez si bien, fo:miile d'invitation qui se reproduit souvent dans les Mille et une Nuits, et que l'on répète quelquefois sur le ton de la plaisanterie pour prier quelqu'un de raconter quelque chose.
Ces mots nous riippellent une anecdote assez curieuse : Le traducteur des Mille et une Nuits h ibitait le quartier des Écoles. A la sortie d'un bal, au milieu d'une nuit glacée d'hiver, une troupe de jeunes étudiants — cet âge est sans pitié — passant sous les fenêtres du savant orientaliste, se mirent à crier de toutes leurs forces : « Monsieur Galland ! Monsieur Galland ! » Celui-ci, réveillé en sursaut, passa un léger vêtement, et, tout grelottant, apparut à sa fenêtre : « Monsieur Galland, si vous ne dormez pas, contez-nous donc un de ces contes que vous contez si bien. »
Continence de Scipion, allusion à un trait célèbre de la vie de ce grand capitaine, qui fit rendre à son fiancé une jeune Celtibérienne, fort belle, que ses soldats avaient faite prisonnière et qu'ils lui avaient amenée.
Contraires se guérissent par les contraires (Les); en latin, Contraria contrariis curantur, maxime que la médecine classique, la médecine des écoles, oppose à celle qui est devenue le drapeau de l'homœopathie : similia similibus, les semblables par les semblables.
L'application de ces mots est facile.
Cor de Roland, cor fameux du paladin Roland, lequel était d'ivoire et rendait des sous effrayants. Cerné dans la vallée de Roncevaux, le neveu de Charlemagne sonna de son cor avec tant de force qu'il se rompit les veines du cou.
Les écrivains font de fréquentes allusions à l'Oliphant, nom que les chroniqueurs ont donné au cor du vaillant chevalier.
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Cordonnier, pas plus liaut que la chaussure; en latin, Ne, sutor, ultra crepidam. Ce mot fut adressé par Apelle à un cordonnier qui, après avoir critiqué justement un détail de chaussure dans un tableau que le grand peintre avait exposé, se croyait apte à juger les autres parties du chef-d'œuvre.
Dans l'application, ces mots sont une leçon à l'adresse de ceux qui veulent porter un jugement sur des choses au-dessus de leur portée. Ce proverbe était très-souvent cité dans l'ancienne Athènes.
Corsaires à corsaires.
L'un l'autre s'attaquant, ne font pas leurs affaires.
Vers de la fable de La Fontaine Tribut envoyé par les animaux à Alexandre, qui signifient, dans l'application, qu'il en prend mal aux écrivains, mais surtout aux fripons et aux méchants, de se faire la guerre entre eux.
Coup de pied de l'âne (Le), allusion à la fable de La Fontaine le Lion devenu vieux. Le roi des forêts, vieux et décrépit, est étendu sans force et presque saus vie au fond de son antre, pleurant so7i antique prouesse. Les animaux accourent successivement pour se venger :
Le cheval s'approchant lui donne un coup de pied. Le loup un coup de dent, le bœuf un coup de corne.
Enfin l'âne lui-même vient ajouter un dernier outrage :
Ah ! c'est trop, dit le lion, je voulais hien mourir; Mais c'est mourir deui fois que souffrir tes atteintes.
Dans l'application, le coup de pied de Pane se dit des insultes que les faibles, que les lâches prodiguent à une puissance tombée.
Courbe la tête, fier Sicambre..., paroles que saint Rémi adressa àClovis, Voyez Adore...
Croyez-en celui qui en a fait l'expérience; en latin, Experto crede, expression à laquelle on ajoute ordinairement Roberto : Croyez-en Robert.
L'application est facile.
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Dans les phrases suivantes, l'élève remplacera les points de suspension par la locution convenable.
Maintenant, comment a-t-il pu se faire que, de ce point de départ, je sois arrivé oii je suis ? Comment l'agneau s'est-il changé en loup, le lilas en chardon, le ramier en
hihou, ? Comment, sans trop d'invraisemhlance,
eût-on pu m'accuser d'apporter dans ma critique tous les défauts contraires à toutes les qualités que j'avais alors ?
Partout, en politique, en littérature, dans les arts, deux partis spnt presque toujours en présence, les Gibelins et les Guelfes, les classiques et les romantiques, les gluckistes et les piccinistes. Si l'un des deux camps se croit plus faible que l'autre, ne pouvant triompher par la force, il cherche à semer la division dans le camp opposé, afin que ses adversaires en viennent à s''entre-tuer les uns les autres comme
Le est le sort de toutes les royautés tombées,
dans quelque ordre d'idées que ce soit : on souffrait de leur élévation, on se venge quand elles sont humiliées.
Les Orientaux disent dans leur langage imagé : « Le bien mal acquis remplit la bouche de gravier. » Le dogme chrétien est plus sévère encore, puisque ce gravier passe de la bouche du père dans celle des enfants, et qu'aucun de ceux auxquels on reproche une faute paternelle n'a le droit de dire :
Il n'est personne qui ne se croie obligé d'avoir son opinion politique; et, cependant, combien il en est à qui l'on pourrait dire : Mêlez-vous de vos affaires, de votre commerce, de ce qui est à votre portée :
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Nos romanciers nous ont mis depuis longtemps au régime du poison. Nous ressemblons aux : le roman moderne a fait de nous ce qu'avait fait d'eux la baguette dû Circô.
Il y a aux colonies trois classes distinctes, mais qui se rapprochent sous bien des rapports : les blancs, les gens de couleur et les noirs esclaves. Chacune de ces trois classes demande à être examinée séparément ; mais un auteur qui respecte les nuances débutera toujours par les blancs :