‹ Grammaire nationaleChapitre 102 sur 643 · BU NOMBBE DES SUBSTA^TIFS COMPLÉMENTS DE VERBES , ET NON DÉTEKMINÉ · texte numérisé non relu

BU NOMBBE DES SUBSTA^TIFS COMPLÉMENTS DE VERBES , ET NON DÉTEKMINÉ

1" SÉRIE. — SI.NGULIER.

£,e Jeu est un gouffre qui n'a ni fond ni rivage.

(Thomas.)

Celte nombreuse jeunesse , qui était née hors du mariage, ne connaissant ni père ni mère, vécut avec une licence sans bornes. (Fénelon.)

Dans cette île il n'y a ni port, ni commerce, ni hospitalité, ni homme qui y aborde volontairement.

[Id.]

Et je sacrifierais à de si puissants nœuds Amis, femme, parents , et moi-même avec eux.

(Molière.)

Quel est le plus malheureux de tous les hommes? Chacun disait ce qui lui venait à l'esprit. L'un disait : c'est un homme qui n'a ni biens , ni santé, ni honneur, etc. (FÉNELON.)

Un ancien disait autrefois que les femmes n'étaient nées que pour le repos et pour la retraite ; que toute leur vertu consistait à être inconnues , sans s'attirer ni blâme ni louange. (Fléchier.)

Il .'appelle son frère, et l'aime dans son âme

Cent fois plus qu'il ne fait mère, fils, fille et femme.

(Molière.) Le lait tombe ; adieu veau, vache, cochon, couvée.

(La Fo.ntaink.)

Quand tu ne m'as laissé père , mère, m frère. Que j'en fasse ton fils légitime héri.lier.

(Corneille.)

... Le fougueux prélat que ce songe épouvante, Querelle en se levant et laquais et servante.

(Boileau.) Je suais sang et eau pour voir si du Japon 1! viendrait à bon port au fait de son chapon,

(Hacine.)

Je n'ai jamais vu de paysans, ni homme, ni femme, ni enfant, avoir peur des araignées.

(J.-J. Roussead.) Le corsaire Abdalla tout enlève et tout pille ; On enchaîne à la îoi?, père, enfant, femme, fille.

(Voltaire.) Secrétaire, greffier, procureur ni sergent N'ont jamais pu, dit-on, tenir contre l'argent.

(Campistron.) Il n'y a ni vertu ni vrai courage , ni gloire solide sans riiuraaiiilé. (I'énelon.)

On n'a trouvé en Amérique ni panthères, ni Icopards , ni guépards, ni onces, ni servals.

(BUFFON

On n'a trouvé ni chevaux , ni ânes , ni zèbres ni mulets dans le Nouveau-Monde. (Id.)

Il n'existait en Amérique ni brebis j ni chèvres , ni gazelles, ni chevrotins. {i<i-)

Et mon homme d'avoir chiens, chevaux et carrosses.

(La Fontaink.)

L'homme véritablement sage est celui qui , vivant dans une humble et paisible obscurité, ne rechercbeni fortune, ni dignités, ni honneurs.

(Anonyme.)

Les enftmts des sauvages n'ont ni caprices ni humeur, parce qu'ils ne désirent que ce qu'ils savent pouvoir obtenir. (Chateaubriand.)

Vous le haïssez tous, et je vois aujourd'hui Femme, enfants et valets déchaînés contre lui.

(Molière.)

A présent le jeu n'est que fureur :

On joue argent, bijoux, maisons, contrais, honneur.

(Hkgnard.)

J'aurai pu jusqu'ici brouiller tous les chapitres , Diviser cordeliers , car7nes et célestins.

fBoiLEAU.)

Elle surmonta tout, jeûnes, prières, armes , Et tourna tous mes vœux du côté de vos charmes.

(Molière.)

Qui ne fait châteaux en Espagne?

(La Fontaine.)

Les avares sont comme les mines d'or qui ne produisent ni fleurs ni feuillages. (Voltaire.)

Qu'une fois les femmes redeviennent mères, bientôt les hommes redeviendront j)ères et maris.

(J.-J. HOUSSBAD.)

La nature ne fait ni princes ni riches ni grands seigneurs. [M.)

L'espérance est une divinité qui n'a ni temples ni autels que dans nos cœurs. (Fénblow.)

La douleur a pou df pri?c «u.r qnironque , ayant J II csl des chagrins qd n'ont ni plaintea ni larm«t. peu réfléchi, n'a ni souvenir ni prévoyance. (M™' Cottin.)

(J.-J. RjCÎSEAU.) ]

Lorsque plusieurs subslantiis, complémcnis de verbes, ne sont accompagnés d'aucun délcrminalif, les uns se mellent au singulier, les autres au pluriel, et vice versa. C'est ce que les exemples qui précèdent tendent à démontrer. Nous n'en donnerons pas l'analyse, parce qu'il suffît du simple bon sens pour comprendre que les substantifs, dans la première colonne, ne se trouvent au singulier que parce que les auteurs ne voulaient désigner qu'une seule chose, qu'une seule personne; au lieu qu'ils les ont mis au pluriel dans la seconde, par la raison qu'ils avaient en vue plusieurs objets, plu:5ieurs individus (1).

EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE

N' ehat ni cbien. NI lltrps ni taMeauT. Ni bien n! maison. Ni cheTaui ni rfome«lique3.

Iti homme , ni femme. Ni hommes ni femmes. Ne parler que jeu. Ne parler que bijoux.

Père, m*re, frère etsopur. Frères et sœurs. Oncle et lar.te. Oncle» et tantes.

Cnrpsetàmc. Corps et biens. Ni roi ni pnnce. Ni magistrats ni juges.

Ni seigneur ni rentier. Ni b*tcs ni gens. Ni juinment ni raison. Ni eicuîcs ni honnis raisoni

N"i bien ni mal. Ni dignités ni rlcliesseî. Ni talenl ni Tertu. Que défauts el qu.- »ice«.

Soir et matin. Que mo tagnes, que collines. Jour el unit. Que plaisirs, que spectacle».

Parler peinture. Parler prcterbes. Pirler musique. Parler affaire».

Ici s'arrête ce que nous avions à dire sur le nombre. Nous aurions bien à en parler encore avec tout , leur , quelque, run et l'autre , le premier et le dernier; mais nous croyons devoir renvoyer pour cela aux chapitres qui traiteront de ces différents mots.

(1) Les cerivaiiis mettent au singulier ou au pluriel indilTéremment le mot grâce : BaléEzar, délivré de c« monstre, rendit grâces aux dieux par d'innombrattles sacrifices. (Fénelos.)

En rendre grâce à fa tendresse ,

C'est assurer à ma faiblesse

Un nouveau dr jit à tes secour.=. /'Racine.)

Cependant, en prose, le pluriel est aérscralcment plus usilé.

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