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CHAPITRE IL

DE L ARTICLE

»*^« K LXXÏIl. o^-—

NATURE ET DEFINITION DE l'aRTICLE.

r* SÉRIE. — SENS GENERAL.

L'homme e^l mortel. (Académie.)

La femme doit prendre soin du ménage.

(Haumont.)

Le monde à nos regards déroule ses merveille?.

(Uelillk.)

Le soleil demeure constamment à la même place.

(Herquin.)

La cerise rougit aux rameaux suspendue.

iMiciiAun.)

L'arbre est de nos jardins !e plus bel ornement.

(Delille.)

Les bienfaits peuvent tout sur une àmc bien née.

S"* série. — SENS particulier {elliptique).

Le roi soumit sa couronne au saint-sicge.

(Voltaire.)

Stanislas hasarda, pour abdiquer le pouvoir, plus qu'il n'avait fait pour s'en emparer. {Id.)

2"" SÉRIE. — sens particulier {sans ellipse).

La justice divine a toujours son révc;'.

[vu Tremblay.)

La puissance de Dieu n'a pas besoin de celle de hommes. (.Massillo.v.)

La douleur qui se tait n'en est que plus funeste.

;11aC1NK.)

L'autorité qu'on méprise est bientôt bravée.

(SÉCUR.)

/.es jours donne's aux Dieux ne sont jamais perdus.

(La Fontaine.)

L.e plaisir dont on est assure de se repentir , ne peut être tranquille.

(M"' DE LA VaLLIÈRK.)

Dans le siècle où nous sommes , il faut fuir dans

les bois. (lÎEGNARD.)

3"* SÉRIE. — SENS PARTICULIER [elliptique).

Le berger voit dormir la rivière indoleiite.

L'homme arrive au ?iîogol. On lui ilil qu'an J.ipon

La fortune pour lors distribuait ses grâces.

1! y court. (W.)

L'article, s'il nous est permis de le ilire, précède un autre mot, comme le licteur précédait le consul , comme signe de sa dignité ei de son importance.

Sa propriété unique est de déterminer le nom; mais il ne produit pas seul cet effet , il lui faut le concours d'ime autre expression qui complète la délerminalion qu'il no fait qu'annoncer.

Ainsi, dans les exemples delà premiers série, l'article délerniine les mots homme, ftnnme, monde, soleil, etc., avec le concours de la détinition même de ces mois.

Dans les exemples de la seconde série, au contraire, l'article délerniine les mois jusùcCy puissance, douleur, autorité, jours, plaisirs, siècle, avec le concours tiu mol ou des mois imprimés à dessein en italique.

11 y a donc deux sortes de déterminations. Les unes, pariiculières, ne sont que des .iélcrminaiions accidentelles ou dépciidantes de talle ou telle circonstance , les autres, générales, résultent de l'ensomlile des idées qui expriment des propriélés essentielles

distinguant une espèce ou un individu d'un autre; propriété incommunicable à toute autre espèce, à tout autre individu.

Dans la première série des exemples cités, es déterminations sont sous-entendues, parce que, n'étant que la déliniiion même de l'être désigné par le nom, elles se présentent d'elles-mêmes, plus ou moins imparfaitement, à notre esprit avec l'idée de l'être ou de la chose dont il est question.

Dans la seconde série, au contraire, les déterminations sont ou doivent être exprimées, p;irce qu'elles concourent avec l'article à déterminer le nom de telle ou telle manière accidentelle.

Quant aux exemples de la troisième série, ils nous apprennent que l'expression au moyen de laquelle l'article détermine le nom peut être sous-entendue, toutes les fois que l'esprii, à l'aide des antécédents, peut aisément suppléer cette ellipse commandée souvent par l'élégance, par l'usage ou par d'autres motifs. Il est facile, en effet, de comprendre que les exemples cités sont un abrégé des suivants :

1. Stanislas hasarda, pour abdiquer /c pouvoir ( f/w'i/ai'aif), etc

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