I.e» haljitaiits ou indigènit
^t^ N' LXXXIX. @^-^
DE l'emploi de l'article AVEC DEUX ADJECTIFS LIES PAU LA CONJO.NCTIO.N et.
SA5S l'article.
A ces mots , il lui tend le doux et tendre ouvrage.
(Doileau.) Le long et gros bec du toucan , et sa langue faite en plume, étaient nécessaires à un oiseau qui cherche le» insectes éparpillés dans les sables humides des rivages de l'Amcrique
(iJEn.NARDIN DE St-PiERRE.)
Vous n'avez faim que des bélcs innocentes et douces, qui ne font de mal à poisonne, qui s'attachent à vous , qui vous servent, et que vous dévorez pour prix de leurs services. (J.-J, Rousseau.)
AVEC l'article.
Les 6o)is et les mauvais conseils.
(Bossu et.)
Le vieux langage se fait regrellcr quand nous le retrouvons dans^Marof, dans Amyot , dans le cardinal d'Ossat , dans les ouvrages les plus enjoués et àôules plus sérieux, (Fé.nelcn.)
Je crois que les Icclciirs scraif^nt charmés de voir ?o!is leurs yeux la conii)araison de quolqiios scrnes de la Phèdre "7rcc<i«e , de la latine, de la française et de l'anglaise. (Mo.NTH.snuiHU.)
Jasqnes Ici , madame , aucun ne met en doute
Les longs et grands travaux que notre amour vous
coûte. (CORNKILLK.J
Les bons et vrais dévots qu'on doit suivre à la trace, Ne sont pas ceux non plus qui font tant de grimaces.
(Molière.)
Si nous vovagcocs, les belles et fertiles plaines BOUS ennuient'. (Dk Ségcr.)
Le grand et le petit épagneul , qui ne dilTèrcnl que par la taille, transportes en Angleterre, ont changé du blanc au non. (Buffon.)
L'ancien et le nouveau continent paraissent tous les deux avoir été ronges par l'Océan.
La Providence permit que la gloire de sa conversion ne fût pas douteuse aux jeux du bon et du mauvais parti. (Fléchikr.)
Dans la première colonne, on a dit : le doux ec tendre oiiviage, le long et gros bec, des bêtes innocentes et douces, les longs el grands travaux, les bons et vrais dévots, tes belles et fertiles plaines, parce que c'est le même ouvrage qui est doux et tendre, le même bec, qui est long et gros, les mêmes bêtes qui sont innocentes et douces, les mêmes travaux qui sont longs et grands, les mômes dévots qui sont bons et vrais , les mêmes plaines qui sont belles et fertiles.
Dans la colonne opposée on a dit, en répétant l'article devant le second adjectif : Les bons et les mauvais conseils, les ouvrages les plus enjoués et les plus sérieux, la Phèdre grecque, la latine, la française et l'anglaise , etc. , parce qu'on parle de différents conseils, dont les uns sont bons et les autres mauvais; et qu'il s'agit de plusieurs Plièdres: delà Phèdre grecque, de la Phèdre latine, etc.
Nous pouvons donc établir ce principe : Lorsqu'on ne veut déterminer qu'un seul substantif, c'est-à-dire lorsque les deux adjectifs exprimés servent à qualifier un seul et même substantif, comme dans la première colonne, on n'emploie qu'une seule fois Tarlicle : Le simple et sublime La Fontaine. Si, au contraire, on veut aélerminer plusieurs substantifs, il faut répéter l'article devant chacun des adjectifs énoncés : Les bons et les mauvais conseils.
Les écrivains, cependant, n'ont pas toujours été fidèles à ce principe. Voici quel- (jues exemples où il a été violé :
AVEC L ARTICLE
Nul mets n'excitait leur envie .
Ni loups , ni renards n'épiaient La douce et l'innocente proie!
(L/i Fontaine.)
Vutile et la louable pratique de perdre en frais de noce le tiers de la dot qu'une femme apporte.
(La Bruyère.)
Il s'était proposé pour modèle le sage et l'humble saint Augustin. (Bourdaloue.)
SANS L ARTICLE
J'ai fait, dans ma jeunesse, me disait un jour Fontenelle , des vers latins et grecs aussi beaux que ceux de Virgile et d'Homère; vous jugez bien comment, ajoulait-il , c'est qu'ils en étaient pris.
(Duclos.)
Pendant le séjour que je fais en Europe , je lis les historiens anciens et tnodernes. (Montesquieu.)
Les oiseaux domestiques et sauvages nourrissent l'homme eu deviennent la proie des animaux carnassiers. (BUFFON.)
La douce et l'innocente proie, l'utile et la louable pratique annoncerait deux proies, deux pratiques ; savoir : la douce proie el l'innocente proie, Vutile pratique et la louable pratique (l).
Les auteurs sont rarement tombés dans la première de ces fautes, si tant est qu'il \ ait faute; mais ils fournissent de nombreux exemples de la dernière, dans laquelle il.-
(1) 11 y a cependant des cas où la répétition de l'article est indispensable , et ajoute à 1 énergie , comme dan; cette phrase :
« Cet ordre d'équité et de justice, cette compensation de grandeur et d'aliai??pment ne parut jamais mloi;^ que dans la vie de l'humble, du pauvre el toutefois du grand et de l'illustre I*>;uiçois de Paule. (Fléchiee.)
ont été entraînés par le besoin d'abréger : des vers latins el grecs; les historiens ancieni et modernes.
Voyez le chapitre des adjectifs, où cette question sera traitée, quoique sous un autre point de vue.
EXERCICE PnRASÉOLOGIQVE.
Le HTaDt et modetta auteur.
Los jeunet ^eni instruits et modettes.
L«i litres bien écrits et bien pensés.
Lf s belle» et Terlueuses femmes.
Lei jruuefl fîiles instruites' et modegtei.
Le* (ablei brûlants et arides de la Ljbie.
Les bons et les mauvais chrétiens.
Les bons et les mauvais écoliers Les outrages ei>iouéset les sérieux.
I a langue français.; el l'anglaise.
La nation porlugaisc et I eepapiole.
Les enfants obéissants et les indoeilos.