‹ Grammaire nationaleChapitre 114 sur 643 · I.a plupart des liommel · texte numérisé non relu

I.a plupart des liommel

Bien des masques.

Le plus graud nombre dci babitauts-

^'^^^m^ N° LXXXVL s^^^*^^®^^

ARTICLE RÉPÉTÉ OU NON RÉPÉTÉ DKVANT DEUX OU PLUSIEURS SUBSTANTIFS LIÉS PAR et.

AVEC l'article.

Il faudrait commencer toutes les leçons par un hymne adressé à la divinité , et chanté alternativement en chœur par les filles et les garçons.

(BhriNArdin de St-Pierrk.)

Ils croient que les sorciers et les sorcières ont le pouvoir d'attirer les esprits. (La Harpe.)

D'abord il faut remarquer qu'il n'y a de vacances complètes que le dimanche ; seulement le mercredi et le samedi il y a quelques leçons de moins.

(Cousin.)

Le besoin éleva les trônes ; les sciences et les arts les ont alTermis. (J.-J. Rousseau.)

Le goût des lettres et des beaux-arts anéantit l'amour de nos premiers devoks et de la véritable gloire.

{M.) Si les ouvrages des religieux nous paraissent grossiers aujourd'hui , n'oublions pas que , sans eux, 'la chaîne de la tradition des lettres et des arts eût été totalement interrompue.

(Chateaubriand.)

Les soldats et les habitants deviendraient ennemis les uns des autres. (J.-J. Rousseau.)

Les sciences , les lettres et les arts étendent des guirlandes de fleurs sur les chaînes de fer dont les nommes sont chargés. (Jd.)

Né de l'oisiveté et de la vanité des hommes, le luxe ▼a rarement sans les sciences et les arts , et jamais fis ne vont sans lui. (Id.)

l.'n ambassadeur est une espèce. de facteur, par le canal duquel les faussete's et les tromperies passent d une cour à l'autre. (Voltaire.)

SANS L article.

Ils laissaient passer Cornélie , Les ducs et pairs , le chancelier Et les cordons bleus dUtalie.

(V'^OLTAIRK.)

Je me hâte d'arriver aux renseignements et àocjimenls positifs que j'ai recueillis sur l'état de l'instruction populaire à Francfort. (Cousin.)

Le minimum des leçohs de toute école populaire est de cinq leçons d'une heure chaque jour, les lundi, mardis jeudi et vendredi. (Id.)

Après bien des marches et contre-marches les Français arrivent dans Pamphilie , près d'une petite ville sur la mer. (Anquetil.)

Le père Feuillée est le seul de tous les naturalistes et voyageurs qui ait donné une description détaillée du condor. (Buffon.)

Il serait bon qu'on obéît aux lois et coutumes , parce qu'elles sont lois , et que le peuple comprît que c'est là ce qui les rend justes. (I'ascal.)

Je ne serais pas d'avis d'éparpiller les soldats pour maintenir l'ortiie dans les bourgs et villages.

(J.-J. Rousseau.)

Les rubans et bijoux qui en sont la marque ont an air de colifichet et de parure féminine qu'il faut éviter

dans notre institution. (Id.)

Il ne faut pas que les prix et récompenses soient distribues arbitrairement. (Id.)

Il en était de même des ministres et grands offU ci ers. {Id.)

IjC père et la mère semblaient exciter leur petite compagne à s'en repaître la première.

(BUFFON

Jusqu'à l'âge de sept ans , l'enfant , chez les Spartiales, était laisse aux soins da père et de la mère.

(Barthélémy.)

Le malheur du père et de la mère ne pnsse point i leur postérité ; les Muscogulges n'ont point voulu l'iue la servitude fût héréditaire.

(Chateaubriand.)

La nature y pourvoit par l'attachement des pères et des mères. (J.-J. Rousseau.)

Un beau matin , le fils s'engage; le père et la mère sont au désespoir. (Bernardin de St-Pierre.)

Les pères et les mères des enfants étranglés ouvraient la marche, portant leurs enfants morts dans leurs bras (Chateaubriand.)

C'était une opinion universelle que la religion protestante ordonne aux pères et aux mères de tuer leurs enfants s'ils veulent être catholiques.

(Voltaire.)

Les père et mère continuent de les nourrir et de veiller sur eux. (Buffon.)

L'homme qui veut se marier offre aux père et mère de la jeune personne un sac de cuir ou quelque autre objet tout aussi précieux.

(Albert Montémost.) Les père et mère ont pour objet le bien , Tout le surplus ils le comptent pour rien.

(La Fostaise.)

Le père du Tertre dit que si tous les nègres sont camus ^ c'est que les pères et mères écrasent le nez à leurs enfants. (Bcffon.)

L'union des pères et mères aux enfants est naturelle puisqu'elle est nécessaire. {Id.)

Le calcul des pères et mères a peut-être encore plus de danger que l'inexpérience des jeunes gens.

(de Boufflers.)

Un troisième dit que la religion protestante ordonne aux pères et mères d'égorger ou d'étrangler leurs enfants quand ils veulent se faire catholiques.

(Voltaire.)

Parce que, voilà lanlôl deux siècles, il a plu à nous ne savons quel grammairien, Vaugelas peul-être, de voir un barbarisme dans ces locutions : les père et mère, tous les grammairiens de répéter après lui, et sans trop savoir pourquoi, que Les fèreetmère esl un barbarisme. .

Mais , loin d'êlre intimidé par celte réprobation , l'usage, depuis ce temps, n'a cessé d'aller son irain, et, en dépit de tous les Vaugelas du monde, il permet que l'on dise, comme il y a deux et trois siècles : tes père et mère.

C'est que l'usage sent bien qu'il a raison. En effet, il esl facile de voir que cette locution, qui scandalise si fort nos puristes, n'est pas sans fondemenl, et qu'elle a sa source dans la logique la plus rigoureuse. Nous allons essayer de le prouver.

Celui qui dil tes père et mère sait qu'il doit parler de deux individus : que ce soit le père el ta mère, peu importe; toujours est-il qu'il a l'idée de deux êtres, de deux individus. Or, n' est-il pas naturel qu'il fasse usage de l'article pluriel /es, qui, en pareil cas, est en rapport avec le mot individus sous-entendu, et nullement avec les mois vire et mèret Ces derniers ne sont là, pour ainsi dire, que l'explication du mol individus. En sorte que les père el mère, c'est pour les individus que je vais désigner, c'est-àdire le PÈRE et la mère.

Celte locution abréviative el toutes celles qui lui sont analogues, répondent donc parfailement au besoin qu'éprouve celui qui parle, de rapprocher le plus possible l'expression de la rapidité de la pensée. Aussi leur concision doil-elte les faire préférer en certaines circonstances. D'ailleurs, ces façons de parler, qui remontent, pour ainsi dire, à l'origine de notre langue, et qui sont descendues jusqu'à nous, après avoir traversé plusieurs siècles, n ont-elles pas reçu leurs lettres-patentes, el leur âge ne les met-il pas au-dessus des attaques de quelques esprits qui ne peuvent ou ne veulent pas comprendre ce qu'elles ont de logique ?

Que les grammairiens se révollenl el crient au barbarisme, au solécisme et à pis, s'il esl possible, nous nous en inquiétons peu. Nous croyons que se faire entendre

( iT6 )

étant In piemicre condition du langage, il est permis d'employer loulos les locutions possibles, dès que l'on y réussit, sans blesser l'usage, nonna eljus tociuendi.

Nous lerminerons en taisant remarquer que ces formes elliptiques n'apparlienncni pas seulement au style administratif ou judiciaire, ainsi qu'on a cherché à le faire croire jusqu'ici, mais que les plus grands écrivains eux-mêmes n'ont pas craint de les employer.

EXERCICE PHRASÉOWGIQUE.

Les miiires et les sous-piifils ).es Itltro et le< paquets.

Aui tilles et ;>ux «illnges Au |iirc el à la mère A un pères et aux mères Les scieiiees el les arts.

Les arts el les métiers

Les maires et sous'prèfcls.

Les lettres el paquets.

Auj Tilles et villages Aux père el mèie.

Aux pèi es et ineres Les scieiicei et arts.

Les arts et métiers

^^^m^o. N LXXXVII. ^^^^^

HE l'e^IPLOI de L'.VRTICLE 0A\S les D.4TES.

AVEC L ARTICLE

/■? 9 cMe 10, l'air me parut sensiblement plus c^;•■u:'l elle ciel plus intéressant.

^Her.\.\rdin de St-Pikrre.)

l.e S et le d, on prit uu requin , des sucets et deux vhons. (/d.)

Le 20, 21 e< 22 , continuation de calme et d'ennui. Le vaisseau était entouré de requins. {Id.J

Le Z et le  , les passages étaient occupés par nos soldats , et le salut de la France était fort avancé.

(TllIERS.)

On a vu le nommé Maillard figurer à la tète des 'emmes soulevées dans les l'amcuses journées du 6 el 6 octobre. (Id.)

Les collègues ignorants ol aveugles de Marat étaient ?anis et Sergent , déjà signalés oit -20 el au 10 août.

Les premières discussions s'engagèrent le 28 e< te 19 août. {Id.)

SANS L ARTICLE

r.es 17, 18 el 19, nous passâmes au milieu a?s îles, laissant Ténériffc à gauche et I^alma à droite. (Bernardin de St-Pierre.)

Les 28 et 29 , nous vimes des poissons-volants et une quantité considérable de thons. (Id.)

Les 14, 15 et IG, les vents varièrent: i' ft de grandes chaleurs. Les 17,18 et 19 , les calmes continuèrent avec la chaleur. {Id.)

Aux b et G octobre, on l'a vu amasser sccrètemcut des moyens pour accabler le peuple.

(Thiers.)

Se conduisant ici comme aux 2 et Z septembre , les Girondins hésitaient à se compromettre pour un roi qu'ils regardaient comme un ennemi. [Id.)

11 faut, pour l'honneur de la révolution, distinguer entre la bravoure civique , qui a bravé le despotisme au 10 août, et la cruauté servant aux 2 et 3 st'piembrc une tyrannie muette et cachée. {Id.)

Ains'i , on peut dire : 1° le 9 cl le 10; 2° le 20, 21 et 22; 3° les il , 18 cl 19, etc. Un efteî, il serait bien (IKÏJcile de résister au besoin d'abréger.

■ Le 6 cl !e 9 l.c g el lo 10

EXERCICE PIIRASÉOLOGIQVE.

Le 6 el le 9 Le 9 et le lO

Lxs 6 el 8 Les 9 et 10

( rn )

— e^>^^^.o N' LXXXVIIl. o^^'

EMPLOI DE L'aUTICLE AVEC DEUX SUBSTA.\TIFS UMS PAU OU

AVEC l'article.

Tant que les états s'assembleront et que les nonces changeront fréquemment , il sera dilTiclle que le sénat ou le roi oppriment ou usurpent l'autorité législative.

Ces oiseaux volent très haut et en grandes troupes; ils passent la nuit sur des arbres ou des rochers très élevés. (BuFFOs.)

SANS L ARTICLE

On trouve des condors sur les bords de la mer e'. des rivières , dans les savanes ou prairies natwre'Aes.

(BOFfON.)

Les joues ou côle's de !a tctc du condor sont couverts d'un duvet noir. {M.)

L'abus du gouvcrneincnl a fuit imaginer la voie des députés ou représentants du peuple.

(J.-J. ROUSSKAU.)

On distinguait parmi les nobles , les palatins ou nouverneurs des provinces.

yid.)

Son neveu Lolh est établi dans la ville ou bourg de Sodôme. (Voltaire.)

Dans la décision la plus importante de la vie, n'ordonnez pas le oui ou le non; laissez le libre arbitre.

(BOISTE

C'est un calcul très fautif que d'évaluer toujours en argent les gains ou les pertes des souverains.

(J.-J, Rousseau.)

Dans la première colonne on a exprimé l'article devant cliacini des substantifs, parce qu'ils représentent des objets différents : le roi ou le sénat, des arbres ou des rochers. Mais , dans la seconde, où le substantif qui suit la conjonction ou n'est, en quelque sorte, que l'explication de celui qui précède, l'article n'est exprimé qu'une seule fois : Les savanes ou prairies naturellesy les joues ou côtés. Tel est le principe que les écrivains nous paraissent avoir assez généralement suivi.

EXERCICE PBRASÉOLOGIQUE.

L* mitlte ou TeicUta T.es professeurs ou les élèvi-s

L* ciel ou la terre La ros;; «u l'œillel.

La mère ou la fille. La «inlctle ou le jasmin

La |>èit ou le iili. ^Le> classiques ou les romanliquei.

Pes cbi»eui ou poils.

Drs collines ou monUgnet tri) éleiÀ««, P«5 herhes ou plantes aromatiipies.

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