QUATRIEME MANIERE
On trouve ordinairement les vents du sud-est aux troisième et quatrième degrés de latitude nord. (Bernardin de St-Pierre.)
Personne n'ignore quel prodigieux mouvement a travaillé l'Angleterre aux seizième et dix-septième siècles. (Guizot.)
Aujourdlmi un débat est engagé, non plus entre deux religions, comme aux 16' et n^ siècles , mais entre deux esprits opposés, l'esprit occidental et l'esprit du nordi (St-Marc Girardin.)
L'intérêt particulier des deux ordres a été mis an premier et second rangs. (J.-J. Rousseau.)
Qui ignore qu'auo; douzième et treizième siècles le pouvoir spirituel a réclamé comme son droit, tantôt l'exercice direct, tantôt la domination Indirecte du pouvoir temporel ? (Guizot.)
Quoique au treizième et au quatorzième siècles quelques Italiens commençassent à sortir des ténèbres , toute la populace y était toujours plongée.
(Voltaire.)
Oii peut donc, dans les cas analogues à ceux dont nous venons de donner des exemples, s'exprimer de cinq façons différente» :
1° Le cinquième et le sixième degré ; 2» Le cinquième degré et le sixième ; 3° Le cinquième ei sixième degré; 4° Le cinquième et le sixième degrés; 5" Les cinquième et sixième degrés.
Dans la première, on répèle l'ariicle devant chaque adjectif; dans la fîeuyième, au tieu de finir par le substantif, comme dans la première, on le place îmmédialemenî après le premier des adjectifs énoncés; dans la troisième, on supprime l'article devant le second adjectif; dans la quatrième, on exprime l'article devant chaque adjectif , comme dans la première, mais on met le substantif au pluriel; enfin, dans la cinquième, on n'emploie qu'une seule fois l'article qu'on met au pluriel, ainsi que le substantif, en laissant toutefois les adjectifs au singulier.
EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE
Le quinzième et le leizième siècle.
Le premier et le lerond étaf*e.
La première et la kccoiule diriftioD.
r.e quinzième siècle et le leixiimo.
Le5 premier et second éla;;es.
Li^^ première et seconde divisions
^^^o^m^X> ^ XCI. C>.^^€*eeH^^-
EMPJLOI DE l'article AVEC DEUX ADJECTIFS UNIS PAR LA CONJONCTION OU.
AVEC L ARTICLE
fiieu s'est choisi un peuple, dont la bonne ou la srtauvaise fortune dépendit de sa pieté.
(Bossu ET.)
Il y a des jeunes gens qui ne grandissent plus après fol 14' ou ia 15* année. (Buffon.)
Les bonnes ou les mauvaises conversations gâtent l'iiomme. (Pascal.)
On ne doit pas juger du bon ou du mauvais naturel d'une personne par les traits de son visage.
(BUFfON.)
SANS L ARTICLE
L'Egypte se vantait de régler par son fleuve la b<mne ou mauvaise destinée de ses vainqueurs.
(HOLLIN.)
L'cnfanl peut naître de parents durs , et être livre k des maîtres ennuyeux ou barbares; ira-t-il chercher des guides parmi ceux qui lui ont fait liaïr l'ius- Sruction? (Bernaruin dk St-IMerre.)
Il est digne de remarque que les formes les plus )aj(}es ont elé données aux animaux nuisibles ou incommodes à l'Iiommc, et les plus belles à ceux qui tJoivent vivre dans son voisinage ou sous son empire.
(/ci.)
Pendant les sept ou htiit années suivantes, l'iii.-*toire ne nous présente que quelques guerres peu considérables. l.ftOLLIH.)
Tout ce qui a été dit de Gorûeillc sur les carac tères vertueux ou méchants. r>'oLTAiRB.)
Les Gaulois n'écrivaient ni lois , ni histoires , ni les mystères de leur religion , ni ce qu'ils enseignaient dans leurs écoles des sciences morales ou naturelles.
(DucLoa.)
Quant aux diamants , je n'ai pas ouï dire qu on en eût encore trouvé dans les zones tempérées ou glaciales, peut-être faute de les y avoir cherches. (Bernardin de St-Pierrk.)
Qu'Importe du bonheur la source fausse ou vraie?
(l'iROS.)
Les remords vrais ou faux de l'évcquc en dccnèrent au peuple. (Vqltaibk.)
Chacune des fibres ligneuses ou nerveuses de U plante parait un végétai , qui correspond depuis U racine jusqu'à la feuille qu'il nourrit.
^DKRî^ARDl^ DK St-Pierre.)
Lemjire ne veut pas ({ne l'on dise la bonne ou mauvaise fortune , la bonne en mauvaise destinée, etc., etc. Qii'esl-ce que cola fait? Sans doute nous ne con (estons pas à Lemare le droit de s'exprimer comme bon lui semble; mais ce que nous lui contestons, à lui, ainsi qu'aux autres , c'est le droit d'imposer son langage à toute une nation. Or, comme les meilleurs écrivains ont fait usage des locutions précitées, nous pouvons donc, nu risque d'encourir l'anathême de Lemare et de tous les grammairiens ensemble, nous en servir aussi. Ces locutions ont été introduites dans le discours par le besoin de 8'énoncer avec brièveté, et clicrclicr à les proscrire, c'est vouloir nous condamner a n'employer qu'une seule forme, lorsque nous en avons deux.
EXERCICE rHRÂSÉOLOGIQVE.
r es bonnes oo les maotaises (ruvres
T. es bonnes ou les mauvaises actions.
Tes loc-)lionscorrccl>-« ou des locutions incorrectes
Des écol.'crs laborleui ou des écoliers paresseux
Les bonni'S ou niautiiises oeuires.
Les koiiiw-s uu mauvaises actions.
Pes locutions correctes ou incorrectes.
Des écoliers laljoiicux ou paresseux
coDO<î>-l^
^^mit N° XCII. ©.^^^<
EMPLOI DE l'article AVEC LES SUPERLATIFS.
La puissance des rois est fondée sur la raison et sur la folie du peuple , et bien plus sur la folie. La plus grande et la plus importante chose du monde a pour fondement la faiblesse. (Pascal.)
Une des plus essentielles et des plus nobles fonctions des souverains , c'est de rendre la justice aux peuples. (Fléciiier.)
La meilleure de toutes les éducations est la plus ordinaire, la moins sévère et la plus proportionnée, je ne dis pas aux forces , mais à la faiblesse de l'enfant. (BUFFO.N.)
Considérés tous ensemble, marchant avec ordre sous un grand capitaine , les soldats forment le spectacle le plus fier et le plus imposant qui soit dans l'univers. CVoltaire.>
Le moyen le plus court et le plus siir de faire passer la loi serait de s'en rapporter absolument à iê décision du sénat. fRoLLi.N.)
Je vois revivre le siècle d'Auguste et les temps les plus polis et les plus cultivés de la Grèce.
(Massillon.)
Les dogmes les plus vrais et les plus saints peuvent avoir de très mauvaises conséquences.
(Mo.NTKSQUIKC.)
Achille est représenté comme le plus impétueux ?.' le plus politique des hommes. (Voltaire.)
L'article doit toujours être répété quand le substantif est précédé de deux adjecii énonçant la qualification au plus Iiaul degré, comme dans les exemples cités : la ph.-. grande et la pUis importante chose.
Lt personne la plus jolie et la plus aimable L'écritain le plus pur et le plus correct I «s fi mniet les plus jolies et les plus sages Let actions Ici plus lioiinêles e( les plus incisiles.
Les éiolcr! les plus assidus et les plus lél^. Les plus brillantes et Its plus esliniablei sociéH-.. !.«• litres les niieui écrits el les inieui | mséi. Le« «en les plus toucbants et les plus harmonici
— «^**^© iv" xcin. <?^^€*«^«—
EMCLOI DES ARTICLES dU, (les, ETC., APUÈS LES PKÉPOSITIO.NS, QUAND LEUnS C0MPLÉMK\T3 SONT PRIS DANS UN SENS PARTITIF.
/e fis mettre ces petits chiens dans du lait au lieu de les laisser dans l'eau. (Burro.N.)
Après avoir nourri l'enfant avec de la farine délayée et cuite dans du lait, on lui donne du pain trempé dans une liqueur convenable. [Id.)
. . . On rencontre sa destinée Souvent par des chemins qu'on prend pour l'éviter.
(La Fontaine.)
Je ne puis vous imaginer dans ce léte-à-téte sans des mouveinents de colère.
Ce n'est pas sans des considérations très graves que j'ai pu me déterminer à un parti si peu de mon goût.
... Le sol fait grand bruil en des jours d'abondance, Et devient plus modeste en des temps moins heureuv
(RiGAUD.)
. . . C'est vouloir perdre un service , Qae de le rendre à des ingrats.
(Lenoble.)
L'on déshonore sa plume
En la trempant dans du poison. (Florian.)
Après les prépositions, on exprime du, des, etc., toutes les fois que leurs compléments sont employés dans un sens partitif.
EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE
Atec de l'argent.
A dee malheuri-uî.
£o des lempB beureui
Sans argent.
Sansfor(une.
Sans passions.
Pour da )'firçent.
Par des fripons.
Dans des prisons.
Sâiis amis.
Sans lumières.
Sans esprit
>^^^^Q N*' XCiV. ^^^^^^^^
EMPLOI DE l'article AVEC LES NOMS PROPRES.
L'aveugle d'.\lblon lui doit (à la religion) son beau
délire ; L'aigle de Meaux sa foudre , et le Tasse sa lyre.
(Soumet.)
Jamais lpliigénie,en Aulide immolée , N'a coûté tant de pleurs à la Grèce assemblée , Que dans l'heureux spectacle, à nos yeux étalé, En a fait , sous son nom , verser la ChampmesU.
(BOILEAU
Quand le Poussin a voulu faire un tableau du déluge universel , il n'a représenté qu'une fajnille.
(Bernardin de St-Pikrre.)
Errant et proscrit , le Dante flétrissait avec énergie les vices des papes et des princes.
(\'^1LLBMAIR.)
Nous 'ivons vu à la fols à la tcte des escadrons impériaux les Murât j les Lassalle, les Kellermann , les Monlbrun. (Foy.)
Les ouvrages dei CoHm.Çj des Tindal , des Shaftesbitrij , des Bolingbroke , afiTichaient le plus spirituel et quelquefois le plas coupable mépris des lois austères de la religioa et de la morale.
(ViLLBMAlN.)
Que de héros ! Je crois entendre dans At.'iènes , Discourir les l'iatons , tonner les Démoslhènes.
(L. Kacin«^
Contemplpz ces armets , ces casques, ces cuissards Des Nemours, des Glissons, des Coucis, des Bayardi
(DBLILfcE.)
Ce qu'il y a de certain , c'est que les plus savants lies hommes, les Socraie , les Platon , les Neivton ont été aussi les plus religieux.
(Bernardin dk St-Pierrk.)
Les Platon, les Pythagore ne se trouvent plus; ou, s'il y en a, c'est bien loin de nous.
fJ.-J. Rousseau.)
Vit on les Dugriesclins , les Nemours, les Tiayards, De rincrédulité suivre les étendards.»
(Soumet.)
Les Ge'er , les lie'aumur ont décrit ces mcneillcs. Et le chantre d'Auguste a chanté les aLellles.
(Delille.)
Il est là des tyrans , des ministres cruels , Et des Solons d'un jour qu'on proclame immortels.
(Miciiaud.)
11 est dons nos hameaux des Socrates champêtres. (L.-P. Lombard.) Le désir de la gloire enfante les Sacrales.
(L. Racine.)
On peut donc l'expliquer par ce livre admirable , Aux Platons , comme à mol , l'énigme inconcevable
(L. Raci.ne.) Ici , nos Elze'virs ont Oxc la pensée. (M"» Tastu.)
De mcme que tous les conquérants sont devenus des Alcxandres , tous les tyrans ont hérité du nom de Néron. (Chateaubriand.)
Bion que les noms propres soient déterminés par eux-mêmes et qu'ils rejellenl par conséquent toute espèce d'adjectif délerminalif, on voit cependant,
1° Qu'il y en a plusieurs qui, venant de langues étrangères, cl principalemenl de l'italien, admellenl devant eux l'article; tels sont ceux de la première série.
2° Que souvent les poètes et les prosateurs, emportés, pour ainsi dire, hors d'euxmêmes par un mouvement oratoire, et voulant donner à leur expression plus de force, plus d'énergie, emploient l'article pluriel les, lors même qu'il ne s'agit que d'une seule peisonne, comme dans les exemples de la deuxième série.
3° Que toutes les fois qu'un nom propre est employé par antonomase , c'est-à-dire pour un nom commun, et à l'effet de désigner des individus semblables à ceux dont on énonce le nom, il faut faire usage de l'article pluriel les, ainsi que dans la troisième série.
On se permettait autrefois de mettre l'article devant le nom propre des actrices surtout : la Campmêlé ; cette façon de parler n'est plus que bassement populaire.
EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE
Le Dante.
L« Camoens.
Le ('orrège.
La DucbesDoii.
î.e Guercliin.
Le Titien.
Le BcrniD.
Le TinloreL
Le? Vn'n;re.
Les Bousseau.
Les Millon. Les BulTon.
le? Sully le. ?..j..f.
Lei Tureone.
Lei Jtàri-EuU
-^^^<^^^m ;n° XCV. <>^^^^^^^
DE LA SUPPRESSION DE l'aRTICLE DANS CERTAINES PHRASES,
Mieux vaut goujat debout qu'empereur enterre.
(La FoNTAiJSE.)
Pour moi je préfère Laideur affable à beauté rude et fière.
(Voltaire.)
défiance est toujoura mère de sûreté.
(Fabrk d'Eglantine.)
A gens d'honneur promesse vaut sermetit.
(\'0LTAIB8.)
Patience et longueur de tcir.ps , Font plus que force ni que rage.
(La Fogrriu»^
Témérité n'est pas prudence. (Ricaod.)
Justice, équité, providence, vains mots dont on nous abuse. (P.-L. Cocrier.)
Tombeaux, trônes, palais, tout périt, tout s'ccroule.
(Delii.lk.)
Centurions et soldats, chacun murmurait contre !ca ordres du général. (Vertot.)
Serments , romans , physique , ode , histoire, opéra. Chacun peut tout écrire ; et siffle qu\ voudra.
(\'0L7AIBK.)
Vieillards , hommes, enfants , tous voulaient me
voir. (MOSTESQUIBC.)
Secrétaire , greffier, procureur ni sergent , N'ont jamais pu, dit-on, tenir contre l'argent.
(Campistros.)
Flatteuse illusion 1 doux oubli de nos peines ! Oh 1 qui pourrait compter les heureux que tu fais .» (Collin-D'Harlkvillk.)
Mortels , tout doit périr, cl tout a son trépas.
(Delille.)
Fureur d'accumuler , monstre de qui les yeux Regardent comme un point tous les bienfaits des dieux, Te combattrals-je en vain sans cesse en cet ouvrage ?
(La I'o.ntaise.)
Fortune des héros , ce n'est pas sur les cœurs yue l'on te vit toujours mesurer tes faveurs.
(Crébillos.)
France, en les divisant , on perd tous tes héros.
(De Delloy.)
Bois, prés, fontaine, fleurs, qui voyez mon teint hléme. Si vous ne le savez, je vous apprends que j'aime.
(Molière.)
On voit qu'on supprime l'article, 1° dans certaines phrases sentencieuses ou proverbiales; 2° dans les énuméralions, à cause du besoin de s'exprimer avec le plus de rapidité et de concision possible; 3° dans les circonstances où l'on apostrophe leà personnes ou les choses.
On ne saurait nier que, dans certains cas, les langues qui ont des articles ne remportent, pour la clarté cl la précision, sur celles qui en sont dépourvues. U faut avouer aussi que souvent la langue française les prodigue jusqu'à la satiété; et cet attirail d'articles et de prépositions qui accompagne presque tous nos mots, rend souvent la marche du discours traînante et pénible. Dans le style familier, où l'on se permet quelquefois de les supprimer, nous ne voyons pas que cela nuise à la clarté, cl souvent l'expression y gagne de la grâce et de la vivacité. La Fontaine, entre autres, on offre une inlinité d'exemples :
Est-ce la mode Que baudet aille à l'aise et meunier s'incommode ?
lion appétit surtout, renards n'en manquent point.
Dans la plupart des proverbes et des façons de parler populanes, comme dans ces pii rases : pauvreté n'est pas vice, — contentement passe richesse, — plus fait douceur que violence, etc., qu'on essaie de mettre des articles, et l'on verra comme elles perdront de leur énergie, comme elles paraîtront traînantes et embarrassées sans être plus claires. C'est que l'homme du peuple, uniquement occupé d'exprimer vivement et clairemeni ce qu'il pense cl ce qu'il sent, n'est point arrêté par ce respect superstitieux de l'usage qui enchaîne la plume de l'écrivain.
EXERCICE FnRASÈOLOGIQlE.
Pauvreté n'til pai w«e
nonirn s , fcmmea, enraiit!, tout périt CIIO^CDC, que la roiicorde règne «ntre ïou§
Cliiirité bien ordonnée c/>n;mencc par sci-caf-.IU.
îîonncurj, cliargis, justice te Tendaient à Ninive Ftmnief TOUâ *le» des dÏTiniUe sur la terre.