SUPPRESSION DE L'ARTICLE QUAND LES SUBSTANTIFS SONT LIÉS ALX VERBES
Tai pitié , Ibben , de l'extravagance humaine. (Montesquieu.)
D'une esclave orgueilleuse on sait tirer vengeance , Et l'on y sait de plus réprimer l'insolence.
(Regnard.)
M. de Choiseul a eu beaucoup d'amis et beaucoup d'ennemis; peut-être que les uns et les autres lui font honneur. (De Boufflers.)
Combien de gens dans la vie Se conduisent en fous , et qui parlent raison !
(Imbert.)
Quelquefois on a peine à surmonter la honte.
Vous le voulez , madame, et je vous ferais tort. Si je m'intéressais plus que vous à son sort.
(Rec.nard.) Nous ferons tête à tout et de cette aventure Je conçois dans mon cœur un favorable auaure.
"(/rf.)
Gens de bien, qui souffrez un peu trop sur la terre , Cherchez dans le travail remède à la misère, Et ne vous lassez point de votre probité.
(Delaboutray.)
Mais en homme au-dessus des vulgaires mortels. Prends conseil de la gloire, et choisis ses autels. (Chateaubriand.)
Quel plaisir ont les rois de pouvoir faire grâ«e !
(BOURSACLT.)
Dans les locutions telles que avoir pillé, faire tort, tirer vengeance, avoir peine, parler raison, etc., les substantifs restent indéterminés, parce qu'ils sont si étroitement liés aux verbes, qu'ils forment avec eu.\ un sens absolu, une expression verbale. Ces locutions sont en très grand nombre.
EXERCICE PURASÉOLOGIQIJE.
D mander raison.
Demander g:â e.
Tenir tê e.
Faire fortune.
Avoir faii».
User d'adresse, ^ayer de (root.
Rendre raison.
Hendre grâ.e.
Avoir liurrcnr.
Cljerdier fortune.
Avoir soif.
Agir de ruse.
Pajer de raice.
Avoir raison.
Avoir tort.
Pren re (ourag".
Faire L(inue chère.
Etre en peine.
Etre en i redit.
Sa ( ire gloire de..
Donner raison.
Donner tu t.
Perdre courage.
Faire affront.
Prendre soin.
Imputer â crime.
Tirer pa.ti de..*
--^<^^€^KO IV" XCVII. Oi^e^c^e.^ ENTENDUE RAILLERIE ENTENDRE LA RAILLERIE, ETC.
AVEC L ARTICLE
Il y a une sorte de politesse qui est nécessaire dans te commerce des honnîtes gens ; elle leur fait entendre la ruiUerie , et elle les empêche d'clrc choqués et de choquer les autres par de certaines façons de parler. (La Rochefoucaui.d.)
Si les hommes ?c quittaient et se fuyaient les uns
SANS l'article.
J'ai ouï dire qu'en Espagne et en Italie il y a de certains dervls qui n'entendent point raillerie, ei qui font hnïler un homme comme de la paille.
(MOJSTESQCIBU.)
Je demandai raison d'un acte si perfide.
les autres il faudrait en demander la raison. j {Boilbao.)
(Montesquieu.) |
Le sens de certaines plirases change quelquefois enlièrement par l'emploi ou par la suppression de l'article, ainsi : entendre la raillerie, c'est entendre l'art dérailler, c'est savoir railler; entendre raillerie, c'est savoir supporter la raillerie, c'est ne s'en point fâcher : demander raison d'une chose, c'est en demander justice; mais demande*- la raison d'une chose, c'est en demander la cause.
EXERCICE PHRASéOLOGIQUE.
Entendre r«i)IJrie. Entendre la raillerie. Onicier de génio Odlricr du génie.
Toute mauon e«l occupée. Toute la maiion est occupée Ilomme d'étal. Homuie de Tétat.