‹ Grammaire nationaleChapitre 123 sur 643 · B0!LEAU · texte numérisé non relu

B0!LEAU

Moi, je suis à Paris, liistc, pauvre et reclus.

[Id.) Le cliemin est toujours ouvert au repentir.

.IlAChNE.)

ieur origine des verocs : mugissant, de mugir; abandonné, d'abandonner; blanchissant , de blanchir; perdue, de perdre, etc. C'est pour ce motif qu'on les appelle adjectifs verbaux , c'esl-à-dire adjectifs dérivés de verbes (1).

EXERCICE ANALYTIQUE

( Distinguer les adjectifs qualincalifs des adjectifs verbaux. )

Res Loulcaux agiles par les brises , et dispersés çà et là dans la savane, formaient des îles d'ombres flattantes sur une mer immense de lumière.

(Chateaubriand.)

L'homme suge met sa confiance en Dieu La véritable sagesse réside on Dieu.

Regardez ces débris disperses par les vents : Croyez-vous tous ces morts étrangers aux vivants? Non : d'un tendre intérêt sources toujours fécondes , Les tombeaux sont /jf aces aux confins des deux mondes.

Ses lambeaux, déchirés par l'aile de l'aurore , Flottent livrés aux vents dans l'orient vermeil.

(Lamartine.)

UV UEMIE ET DU AOMBKE DANS LES ADJECTIFS.

L'homme , image d'un Dieu seul bon et seul aimable.

(BOILKAU.)

Son cou était plus blanc que la neige.

(l-'É.NELO.N.) 1" SÉRIE. SINGULIER.

Que Dieu est bon .' que sa miséricorde est éternelle

(DOSSUET.)

L'auteur chez qui l'on dine est sûr d'un beau succès. (Cas. Delavigxe.)

2' SÉRIE. FÉMIMIX.

Bonne action , dit-on , a toujours son salaire.

(RlCAUD.)

Quand deux hommes voient de la neige, ils affirment qu'elle est blanche. (Pascal.!

i' SÉRIH. — PLURIEL.

Nous devons suivre les tons exemples de nos pères.

(Bossuet.)

Ménageons l'amilic, mcnic dans nos beaux jours. (Du Tremblaï.)

La distinction que l'on avait faite des substantifs en masculins et en féminins ^ singuliers et pluriels, devait nécessairement s'appliquer aussi aux adjectifs. Le bon sens l'exigeait, autrement on n'aurait pas su si Ton parlait du mâle ou de \a femelle, d'un ou de plusieurs.

En vertu de ce principe que l'adjectif et le nom pris ensemble ne présentent à l'esprit qu'un seul et même objet, ils doivent donc l'un et l'autre avoir les mêmes signes de vues particulières sous lesquelles on cdnsidcre la chose qualifiée; c'esl-à-dire que l'adjectif doit emprunter le genre et le nombre du substantif avec lequel il est en rapport. C'est ce qu'on appelle concordance ou accord de l'adjectif avec le nom, accord fondé sur l'identité physique du premier de ces mots avec le second.

Le substantif n'est , à l'exception d'un petit nombre de mois, que d'un seul genre.

(1) Les grammairiens les appellent aussi participes , parce que ces mots participent à la fois de la naturi! du verbe et de l'adjectif ; mais c'est à tort qu'ils en ont fait un des éléments essentiels du discours. La classe des adjectifs qualificatifs doit renfermer au nombre de ses espèces le participe , attendu que le participe n'exprime, comme l'adjectif , qu'une qualité, qu'une manière d'être du sujet, et que, comme l'adjectif, il remplit les fonctions d'attribut ou se joint immédiatement au nom ; s'il s'en dislingue , c'est parce que l'adjectif proprement dit exi)riine une qualité comme inhérente à une substance ou comme permanente , tandis que le pr- Ucjpc exprime un état, une manière d'éf:e transitoire, et causée par quelque action étrangère.

L'adjectif, au contraire, exprimant la qualité de l'objet désigné par le substantif, doit être susceptible des deux genres : le masculin et le féminin; il faut donc qu'il en revùle

la forme.

Aussi voyons-nous, dans les exemples cités plus haut, que les adjectifs masculins bon, blanc, beau, se sont changés en bonne, blanche, belle, pour se mettre en rapport avec les substantifs féminins qu'ils accompagnent.

La variété des terminaisons que celle loi rend nécessaire, contribue singuliôremenl à l'harmonie du langage :

Un jour ?cul ne fait pas d'un mortel vcrhieux Un perfide assasi^in , un lâche inccslueux, etc. Et ! qui , voyant un jour la douleur vertueuse De l'hôdre /malgré soi coupable , incestueuse, etc.

(Racine.)

On reproclie, avec raison, à notre langue une trop grande uniformité dans la terminaison de ses adjectifs au féminin, ou plutôt une véritable monotonie; c'est toujours le son eu qui revient, cl ce son n'est pas par lui-même très agréable. C'est, je crois, ce qui a donné lieu à la règle que suivent nos poètes, de mettre alternativement deux rimes masculines après deux rimes féminines : l'art en est devenu plus difficile, et nos grands écrivains en sont plus admirables d'avoir produit des chefs-d'œuvre si parfaits avec des moyens aussi bornés.

FORMATION liV FÉMININ DANS LES ADJECTIFS.

Après un bon repas le sommeil al profond.

(AONIEL.)

Un ami vrai souvent peut guérir bien des maux.

(Desforces.)

L'iiomme civil nait , vit et meurt dans l'esclavage.

(J.-J. lioUSSEAU.)

Un pauvre qui sollicite est presque toujours importun. (Fléciiier.)

Le roi Charles XII était d'autant plus allier qu'il était malheureux. (Voltaire.)

L'amour, soleil divin , peut dorer d'un feu pur Le nuage errant de la vie. (^'. Hugo.)

Rien ne contribue tant à la perte de la réputation d'une femme qu'un air indécent.

(M""' de Puvsieux.)

J'aperçois dans les corps deux sortes de mouvements , savoir : mouvement communiqué et mouvement spontané ou volontaire.

(.J.-J. Rousseau.)

2' série. FÉMININ.

La douleur la plus vraie, la plus profonde a, comme la fièvre, ses inlcrinillcnces.

(De Cjiabanon.)

La vraie dévotion est tolérante comme la vraie philosophie. (Ségdr.)

La guerre civile est le règne du crime.

(P. Corneille.)

Hélas ! aux gens heureux la plainte est importune.

(GiiÉNiEa.)

Lève, .lénisalcm, lève ta tctc altière; Regarde tous ces rois de ta gloire étonnés.

(Racine.) Tel en un secret vallon , Sur le bord d'une onde pure.

Croit , ix l'abri de l'aquilon , Un jeune lis , l'amour de la nature.

(Racine.)

La raillerie est toujours indécente.

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