I.WAP.IABLE
Je Viens de nicllre en vers dans le moment feu M. le duc d'Orléans et son système avec Law.
i'ai ouï dire à feu ma swur que sa fille et mol naquimes la même année. (Mo.\tesquiku.)
Un scrvifc solennel pour les feus rois Louis XVI et Louis XVII eut Hou à Notre-Danie le 14 mai JSi4.
(BO.MFACE.)
Le duc de *** doit à la bienveillance dont riionorail la feue reine les bonnes grâces de l'empereur.
(De Salva.ndv.}
Feu est invariable quand il est placé avant l'adjectif qui détermine le substantif; il prend l'accord, s'il en est précédé. C'est à lorl que les grammairiens refusent le pluriel à ce mot. I\ien n'empêche de dire : les feus Dauphin et Danphine; mes feues tantes. Cet emploi n'est pas commun, il est vrai; mais, ainsi que le remarque fort judicieusement Boniface, la rareté d'une expression n'en doit pas fair*.' condamner l'usage (2).
EXERCICE PIIRÂSÉOLOCIQCE.
Fto m«<i j.éii Feu la reiii^.
Mon feu pire La feue reine.
Feu ses enclei.
FeB les princesses.
Su f u< cousins.
Les feues princesseâ.
(1) Sans doute ces phrases paraissent en contradiction avec la giammaire; mais, comme l'a très bien observe un littérateur plein de tact et de goût, ce qui peut n'être pas conforme à la règle grammaticale est souTent d'accord avec la raison. Si l'on regardait le nom qui précède ainsi que , avec, comme l'idée dominante, on altérerait le sens des mots et les vues de celui qui parle.
(2) « L'adjectif /"eu , dit Lemare, vient du latin functus , d'où defitncius , dont nous avons fait aussi défunt. » 1-îi manière extraordinaire dont il est placé dans/"ew mon père, feu ma sœur, a fait croire qu'il n'est point ad- » jeclif; et peut- être est-ce la cause qu'il reste invarié. » Lemare nous semble être tout-à-fait dans l'erreur. Feu ne'tire point son origine de functus ni de defunctus ,- il vient du latin fuit ou plutôt de Tilalien fu. En effet, les Italiens pour dire feu mon père disent padre che fu. Exemple : In quesli tempi , aU'entrante d'ottobre, mori a Napoli quella che si facea chiamare imperadrice di Costantinopoli, fgHuola CHE FL' di messcr Carlo di Valois (traduction littérale : « Dans ce temps , à l'entrée d'octobre , mourut celle qui se faisait appeler impératrice de Constantinople , et qui était fille de FEU Charles de Valois. « Bien que ce mot dérive d'un verbo ei signifie qui fut , il n'en est pas moins devenu dans notre langue un véritable adjectif; et nous avons lieu d'être étonnés qu'on ne le fasse pas toujours accorder, ainsi que la raison l'exige. Aussi est-ce avec plaisir que nous avons vu dernièrement la Société grammaticale porter atteinte à la règle des grammairiens , en approuvant le féminin dans cette phrase : Un rfe* salons est entièrement orné de tètes d'étude d'après l'anti' 'lue, toutes dessinées par ia princesse royale , FEUE reine de WUrlemberg , etc.
l'F. I.'AtrOnD DE l/A»JtCTIF nu.
INVARIABLE
Il ëla't nu-têie cl nu-jambes , les pieds cliaasscs de pcliles scnilaies. (Voltaire.)
Premier peuple de la (erre , songez que vous avez dan? votre royaume environ dcu\ millions de personnes qui marchent en sabots six mois dci'année, Cl qui sonlnu-pieds les autres six mois.
VARIARLE.
Accoutumez vos enfants à demeurer été et hiverj jour el nuit , toujours tête mie.
(J.-J. RODSSBAU.)
Puisque ces saints sont as^ez humMr? poî;r marcher jnc</.< nus, ils seront assez charil.ililcs pour me donner à dincr. (Voltairr.)
L'atijectif n?/, précéilanl le subsianiif, reste invariable; il varie, s'il vient après.
Toutefois, lorsque le subsianiif qualilié par l'adjcciif iiu csl délerminé par rariicle la, CCI adjectif, quoique placé avant le nom, subil l'accord , comme dans cel exemple : Le donateur s'est conservé la nue puoPRiîrÉ de ses biens.
OBSERVATtON. La règlc précédemment posée n'est applicable à nu, que lorsque cet adjeclif csl joint à un nom désignant une partie du corps humain ordinairement couverte : pieds , jambes, bras, cou, tôle. On dirait plutôt les mains nues que Jiît-mains. Observez encore qu'on ne dit point mi-pied, nn-jambe , au singulier; on dit : un pied nu, etc. Nu-pieds, nu-têle, etc., sont des locutions adverbiales elliptiques.
Nu-têle.
Nu-]!llDbCS
EXERCICE PIIRASEOLOGJQUE.
nuo. Nu-bra8.
ihes nues. Nu-pieds.
^^^ N" CXXIV. o^^^
ACCORD IJE l'adjectif demi.
Le» hr»i or».
L>Ei.{i:Ëiisliu$.
INVARIABLE
Les grands ne ï'^ crr.iniiopl pas des demi-dieux si les petit ne les edoiaiont pas. (Uoiste.)
Une demi-heure après avoir quitté le Vîiisseau , je foulai le soJ anaériula. (Cmatkaueriakd.)
On ne gouverne pas une nation par des demi-we- $urcs. (Mo^TAIG.^E.)
variable.
I.e soleil tourna sur son axe en vingt-cinq jowrs et demi. (Voi.taibe.)
Hier, à dix hcxires et demie, le roi déclara qu'il épousjiil la princesse de Pologne. {Jd.)
Opiniius paie la tète de Gains Gracchus dix-sept livres et demie d'or, (V'ertot.)
Demi, lorsqu'il précède immédiatemeni nn substantif, demeure invariable et forme avec lui une expression substantive qui est indiquée par un tirel.
S'il le suit, il e« prend seulement le genre, parce qu'en exprimant une demie il ne saurait prendre le pluriel, à moins qu'il ne soit employé comme nom. Exemple : CetU; pmdnlcna pas sovnê la dtcmif, , parce quelle ne sonne pas les demies.
I) (??)?/ s'emploie niissî avec les ndjeciirs, on dit : demi-fou, demi-mort, demi-bonnes^ demi-7nnuvaises , demi-pâméCy demi-poiirris , etc.
Observations sur les adjectifs nu et demi. Est-il vrai que les expressions dcmi-scieme. mirtête, nu-pieds, et autres semblables, aient été, ainsi que le dit Lemare, des négligences qui sont devenues ensuite usuelles? Les adjectifs demi et nu ne seraient-ils pas, au contraire, pris adverbialement, et ne pourrait-on pas, d'après cela, analyser ces expressions ainsi qu'il suit : exemple pour deini : Une rfemi-science est la plupart du temps pire que l'ignorance. Analyse : Une science ( acquise à) demi est la plupart du temps pire que l'ignorance. Exemple pour 7iu : Les cotirtisans vont ?m-tèlo, les esclaves vont 7iM-pieds, le citoyen va entièrement vêtu. Analyse : Les courtisans vont (ayant la) (èie (à) nu, les esclaves vont (ayant les) pieds (à) nu, le citoyen va entièrement velu.
Ces analyses nous paraissent suffisamment justifiées par les phrases suivantes : Des rcrtus A DEMI EFFACÉES dc leur mémoire. (La Bruyère). — Ses sanglots qu'on n'entend qu'x DEMI. (Massillon). Ces lumières que nous n'avons jamais qu'x demi, et à force de veilles. (Le même). — Rallier le Français A dewi vniticu. (Bossuet). — Monter un cheval a nc. (Planche). — Faire voir son cœur a nu. (Le même).
EXERCICE PHRASÉOLOGIQUE
One dpmMicup. Deot liruei et demie. Demi-journée. Minuit et demi.
Deui dciiii-fjieJs. llTidi et demi. Demi-contidence. Dre bouteille el .î-'-mie.
Dei dprai-connaissancïS. Quatre auoeB et demie Une demi-fortune. Six livres et demi*.
Excepté , passe , supposé , vu , y compris , ci-joint, ci-inclus, franc de port, clc.
INVARIABLÏ.
Excepté la cmir qui s'élève quelquefois au-dessus des préjugés vulgaires , il n'y a point un Égyptien qui voiïtût manger dans un plat dont un étranger se serait servi. (VOLTAIKE.)
Vous trouvercï ci-joint la copie de la lettre de remcrcîment que M. C... m'a écrite.
(J.-J. Rousseau.)
VARIABLE
Les traits des habitants dc Bondou approchent Je ceux des Européens, beaucoup plus que ceux (ia autres habitants de l'Ouest, les Maures exceptés. (Aleert-Montémont.)
Le dessin de ce conguar m'a élé envoyé d'Angie terre par feu M. Collinson , avec la description cijointe. (HUFFOX.)
Vous trouverez ci-inclus copie de ma lettre. Je vous recommande les cinq lettres ci-incluscs.
(DOMERGUES.) I (IJERNARDIN DE St-PiERRE.'
Tai reçu franc de port une lettre anonyme. 1 Le Contrat social e.^t imprimé, et vous en recevror
(J.-J. lloussEAul I douze exemplaires francs déport.
1 (J.-J. Rousseau. )
Ce n'est que pasgé trois mois que ces jeunes ci- ' Je Hs l'effort, ces jours passés, d'aller à la coraé-
geaux poussent le rouge. (Buffon.) ! die du passé, du présent et de l'avenir.
■ (\'0LTAIB«.)
De ces exemples il résulte clairement que les mots passé , excepté, ci-joint, ci-inclus, frwHe de port, parmi lesquels nous d(;vons ranger vu, supposé cl y compris , sont invariables lorsqu'ils précèdent le substantif, et variables quand ils sont placés après lui.
s>in 1
fiffit Ui Lomint'i.
Pillé crllc cpoque.
SuppoM c«nc ciio»«.
Y comprii U oiitc.
(Ji-ioclui la DOtr.
FiïUC d* port leur! !'l!<
EXERCICE PIIRA SÉOLOGIQVE.