ES MOTS
Hss moments les heures sont nées, Kt les heures forment les joiir^, Et les jours (orment les années
L'iioirmic, pi'nl.iiil s;i cliimèrc, Se deauindc avec cloiilcur Quelle c-,t la plus épl;ciui!re
Dont le siècle grossit son cours. (Lamartine.) De la vie ou de ia tleur. (CutNiEu.)
Si l'O/i lie pouvait pariei', quel moyen emploierait-on pour se l'aire er /endre? On ferait des signes, ou l'on ferait des gestes. Les gestes ou les signes désignent donc, sumi'fient cz que nous pensons, ce que nous voulons, enfin nos idées. Mais on n'emploie pas ordiiiairement les %?ies, c'est-à-dire les gestes, pour se faire entendre. Commeni faiion pour désigner, pour signifier ses idées'i On parle, c'est-à-dire qu'on emploie ios riois poulies sl-^ncs.
Ainsi les mois peuvent s'appeler les signes de nos pensées, puisque, comme les gestes, lis désignent ce que nous voulons, signifient ce que nous pensons.
ïl n'y a d'autre différence entre les mois et les gestes, sinon que les mots sont des signes qu'on fait par la voix, et que les gestes sont des signes qu'on fait par le mouvement des différentes parties du corps.
Or, puisque les mots, ainsi que les gestes, signifient ce que nous voulons, ce que nous pensons, c'est-à-dire qu'ils désignent nos idées, les mots sont donc les signes de nos idées.
En examinant les exemples que nous avons cités plus haut, on peut remarquer qu'il existe entre chaque mot écrit ou imprimé une séparation plus grande qu'entre chacune des lettres qui le composent; nous allons indiquer cette séparation par une ligne verticale, ainsi qu'il suit :