N' CLXXXIV
Mon, ton, son, SUIVIS OB que OV de qui.
i ûnûiea que tu t'ahig, ton Dieu que tu blasphèmes. , Ton honneur qui te parle, et (on Dieu qui t'cclaire.
(Voltaire.) (Voltaire.)
Dans plusieurs grammaires, et notamment dans celle de M. Napoléon Landais, on lit
( 269 ) cette règle : «On n emploie jamais les adjectifs possessifs avant les noms qui doivent être suivis de que ou de qui.» Voltaire a donc multiplié les barbarismes dans le discours de Lusignan à Zaïre , où l'on trouve les deux vers que nous avons cités.
-^^^^ms> N° CLXXXV. o^ooe^
EMPLOI De l'article OU SE l'adjectif possessif.
AVEC l'ARTICLK.
Nous ne nous fâchons pas si on nous dit que nous avons mal à la tête, et nous nous fâchons de ce que l'on dit que nous raisonnons mal.
(Pascal.)
Le sang l'incommode, il a les yeux rouges et mal h la tête. (Bonifack.)
AVEC l'adjectif POSSESSIF.
J'ai mal à ma tête, je souffre à ma jambe, mon fera* me fait mal. (Dessiaux.)
Quoiqu'il soit un peu Incommodé de son bras.
(M™* DE SÉVIGMÉ.)
Dans les deux exemples de la première colonne on a dit : nous avons mal à la tête LE SANG L'incommode, il a les yeux rouges, parce que la présence des noms personnels nous, le, il, indiquent assez que c'est de notre tête, de son sang, de ses yeux que l'on veut parler : d'où il suit que, dans tous les cas analogues, on doit seulement employer l'article. Cependant si, comme nous le voyons dans les citations de la seconde colonne, on parle d'une partie du corps habituellement ou périodiquement malade, on se sert alors des adjectifs possessifs. C'est dans ce sens que madame de Sévigné a dit : Quoiqu'il soit un peu incommodé de son bras.
Cependant les cheveux me dressaient à la tête.
(BOILEAU
Je lis les bons auteurs pour me perfectionner le
coût. (DOMERGUB.)
Je m'attachai à me perfectionner le goût.
(Le Sage.} Sinon s'était fait couper les narines et les oreilles, pour mieux tromper les Troyens.
(Cité par M. Lemabe.) Se meurtrissant le sein , arrachant ses cheveux , Malheureuse, elle part avec des cris affreux,
Mais l'éclat des grandeurs leur a tourné la tête.
(Etienne.)
Chaque mot sur mon front fait dresser mes cheveux.
(Racine.) Je résolus de me rendre à Madrid, comme au centre des beaux esprits, pour y former won goût.
(Le Sage.) Je remplissais ma tête d'accompagnements, d'accords et d'harmonie. (J.-J. Rousseau.)
... L'ours boucha sa narine, Il se fût bien passé de faire cette mine.
(La Fontaine.) Tout son corps a frémi; dans son désordre affreux. Elle meurtrit son sein, arrache ses cheveux,
(Delille.) Quand mes bras me manqueront, je vivrai si l'on me nourrit, je mourrai si l'on m'abandonne.
(J.-J. Rousseau.)
D'après ces exemples, on peut dire également les cheveux me dressaient à la tête et mes cheveux se dressaient sur ma tête; pour me former le goût et pour former mon goût; l'éclat des grandeurs leur tourne la tête et l'éclat des grandeurs tourne leur tête; je me remplissais la tête d'accompagnements et je remplissais ma tête d'accompagnements, etc. Ces deux con- Btructionssont une conséquence du principe établi plus haut. En effet, dans les citations de la première colonne, l'article seul détermine les mots tête, goût, etc., parce que les pronoms 7M<? , /«<r, etc. , employés comme compléments indirects, font sufTisammeni connaître la tête, le goût àe la personne qui parle ou dont on parle.
Mais dans les exemples de la seconde colonne on comprend qu'en l'absence des mêmes pronoms jouant le rôle de compléments indirects, ou plutôt que ces pronoms étant implicitement contenus dans les adjectifs possessifs, les écrivains ont dû dire mon front, mes cheveux, mon goiM, etc.; autrement on ne pourrait savoir de quel front, de quels cheveux, de quel goût il est question.
Elle baissa Us yeux sans répondre , rougit et se mit à caresser ses enfants. . . „
(J.-J. ROUSSIAD.)
Baissez vos yeux vers la terre , chétifs vers que TOUS êtes, et regardei les bétes dont vous êtes le compagnon. (Pascal.)
Il est des cas où l'on peut se servir indifféremment de rarticle ou de l'adjectif possessif, ainsi que l'attestent ces deux exemples.
Avoir mal i U Ute.
Souff/ir de li l«l«- A»oir l» ini|r«ioe.
Se faire U barbe.
Se couper tel moDttavkei'
Se boucber lei oreille!.
Lcrer les jeui.
Baiiser la tite.
Plier la jambe.
EXERCICE PHRÂSÉOLOGIQVE.
Al air mil i •• tèle.
Souffiir de •■ l(t«.
Atoir sa mifraine.
Faire M barbe.
Couper (et mouttaebet Boucber tel oreillei.