RÉ6MARD
Vous avez en vos mains un sien portrait? Oui.
(Voltaire.) Un mien valet qui du soir était ivre.
Dans le style épislolaire et dans le style de l'apologue , dans le badin et dans le burlesque, au lieu démon, ton, son, on peut se servir de mien, tien, sien, précédés de un, une. Dans ce cas il faut observer que cet emploi n'a lieu que pour ces trois adjectifs masculins ou féminins. Remarquez en outre que quand on dit : Un mien pré, un sien pré , on fait entendre deux choses : ou qu'on ne possède qu'un seul pré ou qu'on en indique un parmi plusieurs. Dans la première hypothèse , wn mien pré, un sien pré, signifie simplement , mais d'une manière beaucoup plus expressive , mon pré, son pré; dans la seconde , un mien pré, un sien pré, a le sens de un de mes prés, un de ses prés; c'est pour rendre cette différence palpable que nous avons opposé les exemples de la première colonne à ceux de la seconde.
Les pronoms possessifs ne peuvent pas ordinairement être précédés des adjectifs démonstratifs ce, cet, celle : c'est un désavantage de notre langue, comparée à d autres idiomes. Néanmoins, Voltaire a dit : Les impies en concluant par conséquent que la nôtre, fondée sur la juive , est fausse; et que cette nôtre étant la meilleure , etc. (Voltaire, Hist. de Jenni.)
EXERCICE PHRASEOLOGIQVE.
MoD jftrdia.
Ton arrî.
9 on portrait.
Uo miec iardîo.
Va parents.
Un li*n »niî.
Ta nièce.
Cn ilflo foririiL
Sa robe.
Unt mienne parent*.
Dca tienne nièce.
Uoa liaBiM robe.
-^^H^ N' CLXXXVIIL e^^^^v^-
Lbmien, le tien, le sien, le nôtre, le t'ôtre, comparés avec mien, tien, sien, nôtre, vôtre.
AVEC le mien, le tien, etc.
5Ion errenr sera la mienne.
(J.-J. ROUSSKAU.)
Vous Ignorez encor quel bonheur est le vôtre.
(Regnard.)
Occupez votre élève à toutes les bonnes actions qui sont à sa portée ; que l'intérêt des indigents soit toujours le sien. (J.-J. Rousseau.)
Faites-lui bien comprendre que le sort de ces malheureux peut être le sien. {Id.)
. . . Quel caquet est le vôtre, Tirez de cette part; et vous, tirez de l'autre.
(MOLIÈRK.
Vos intérêts ici sont conformes aux nôtres. Les ennemis du roi ne sont pas tous le* vôtres.
(Racine.)
AVEC mien, tien, etc.
Julie, ô Julie ! ô toi qu'un instant J'osai appeler mienne. (J.-J. Rocssbau.)
Oui, tendre et généreux amant, ta Julie sera tou> jours tienne. (7d.)
L'intérêt du prince serait que le peuple fût puissant, afin que cette puissance étant sienne, le rendit redoutable à ses voisins. {Id.)
Frisch rapporte que lorsqu'on met les petits de la di'aine dans le lit de la lilornc , celle-ci les adopte , les nourrit et les élève comme siens.
(RUFFON.)
Que cet objet est beau ! Vous en êtes tenté. Qu'il oCra laid , s'il devient vôtre.
(Lamottk.)
Je ne comprends pas comment vous pourriez disposer en sa faveur de propriétés qui ne sont pas vôtres. (Mirabeau.)
Dans le style comique, comme dans le style sérieux, on peut employer le mien, le tien, le sien, le nôtre, le vôtre, ou simplement mien y tien, sien, nôtre, vôtre: La suppression de rariicle donne à l'idée de possession plus de force, plus d'énergie. En pareille circonstance , ces adjectifs sont d'usage pour les deux genres et pour les deux nombres. 11 n'y a que le leur, la leur dont l'article ne peut jamais être ellipse.
EXERCICE PHRÀSÉOLOGIQUE.
Lt mien, la mienne.
Hien, niieDoe,
Le( mieni, les miemiea.
Mient, mienuea
L* tien, la tienne
Tien, tienne.
Les tient, tel tiennet.
Tient, tiennet.
Le lien, la fienne.
Sien, tienne.
Lis tient, let tiennet.
Siens, siennes.
lit Ditre, la n&tr*.
Niire.
Let nôlrei.
Nâtrea.
L« Titre, la i6tre.
Yitrt.
Let Tôtre*.
Tilrea.