DUPATY
Tout prend constamment le genre et le nombre du nom avec lequel il se trouve en rapport et qu'il détermine; que ce nom soit précédé de l'article , d'un adjectif possessif ou de tout autre mot équivalent.
Tout l'uniier».
Toute la terre.
Tout le monde.
Tonte l'année.
Tout le j.-.ur.
Toute U nuit-
EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE.
Tous le* hommei.
Toute! les femmei.
Tout lea animauiL Toutes lei plante».
Tous lei légumes.
Toutes les herbes.
Tout son peuple.
Toute ma famille.
Tout ce feuillage.
Toute cette maison.
Tout mon ouirage.
Toute ta maison
Tous tes amis.
Toutes mes ricbessct.
Tous ces jardins.
Toutes ces fontaiou.
Tous tes conseils.
T'outes vos eraiotes.
^>^^m N° CXC. c^^^*
Tout EN RAPPORT AVEC UN PRONOM.
MASCULIN
Le temps nous trompe tous ; sur ses ailes légères Il nous porte à la fois nos biens et nos misères.
(dh Boufflbrs.)
Tous ceux qui s'acquittent des devoirs de la reconnaissance ne peuvent pas pour cela se flatter d'être reconnaissants. (Larochefoucauld.)
Nous danserons, nous serons tous heureux.
(Voltaire.)
Comme je vous écris tout ceci, madame la duchesse de Sulli m'apprend votre prochain voyage à Bruxelles. {M.)
FEMININ
Cependant je trouve Zoraide plus aimable qu'ancune de nous toutes.
Œkrn. de Saint-Pikrrr.)
Pour être heureux avec les passions , il faut que toutes celles que l'on a s'acommodent les unes avec les autres. (Fonteskllk.)
Des dettes ! moi , heureusement, je me suis débarrassé de toutes les miennes.
(Regnaed.)
Toutes celles qui sont mortes de cette redoutable maladie, vivraient encore, si elles avaient été traitées comme moi. (Voltaire.)
L'adjectif tout est variable lorsqu'il est en relation avec les pronoms nous, vous, eux, elles, le, la, les, ceci, cela, le nôtre, le vôtre, le leur, le mien, le tien, le sien, et toutes les différentes variations de ces mots.
EXERCICE PHRASÉOLOGIQVE.
Nous tous.
Vous tous.
Eux tou-:.
Je les ai vu: tous.
Toute la nôtre.
Tout le vôlre.
Toute la vôlre.
Toute la leur.
Nous toutes.
Vous toutes.
Elles toutes.
}• les ai fues toutes.
Tuntcs les nitres.
Tous les «&tres Tentes Its titras Toutes les Itura
Tous ecnx.
TCtas eeni-el.
Tout le mien.
Toute la mienne Tout le tien.
Toute U tienne.
Tout 1* sien.
Toute la sienne
Tontes celles.
Tantes eelleKi Tous les roi en* Toutes les m'^cne»
'J'ous les tiens.
Tontes les tiennes.
Tous las sien».
Tontes 'as sianoM.
mî2> N" CXCI. ^^<
Tout SIGNIFIANT totalement.
INVARIABLE
Devant une prc'pcsition.
On peut n*étre qu'un sot tout en ayant du cœur. (Lombard de Langres.)
. . . L'animal porte-sonnelte , Avec ses ongles tout d'acier, Prend le nez du chasseur.
(La Fontaine.)
Thèbca qui croit vous perdre est déjà tout en larmes.
(Racine.)
J'aperçois ces vastes plaines toujours calmes et tranquilles, mais tout aussi dangereuses.
(BUfFON.)
Et dans ce bourg une veuve fort sage , Qui demeurait tout à l'extrémité...
(La Fontaine.) Devant un adverbe,
La joie de faire ou bien est tout autrement douce que la joie de le recevoir. (Massillon.)
Quoique la noblesse de l'âne soit moins illustre , elle est tout aussi bonne , tout aussi ancienne que celle du cheval. (BuffON.)
Ces ouvrages étalent tout ensemble l'admiration des savants et la consolation de toutes les personnes de piété. (I^ACisB.)
Devant un substantif.
Le chien n'a nulle ambition, nul intérêt, nul désir de vengeance , nulle crainte que celle de dé- IilairC; il est tout zèle, tout ardeur et tout obéissunce. (BuFfoN.)
Ces gens sont défiants, ils sont totit yeux et tout oreilles. (Académie.)
Dans nos souhaits Innocents, nous désirons être tout vue , pour jouir des riches couleurs de l'aurore; tout odorat . pour sentir les parfums de nos plantes ; tout ouïe, pour entendre le chant de nos oiseaux ; tout cœur, pour reconnaître ces merveilles.
(Brrs. de Saint-Pierre.) Ce cœur se réveille , tout poudre qu'il est.
(Bossuet.)
Le lion est tout nerfs et muscles.
(BUFFOM.)
Devant un adjectif masculin commençant par une consonne.
Marot
A des refrains régl-îs asservit les rondeaux , Et montra pour rimer des chemins tout nouveaux.
(Boileau.)
VABIAELE PAU EUPHONIE.
Devant un adjectif féminin commençarA par une consonne.
L'espérance , toute trompeuse qu'elle est , sert au moins à nous mener à la On de la vie par un chemin agréable. (LAiiociiKFotCAULD.)
C'est en vain qu'à travers les bois, avec «a cavalerie toute fraîche, Beck précipite sa marclie poi.i tomber sur nos soldats épuisés.
(Bossuet.)
Les sauvages de l'Amérique brûlent leurs ennemis vivants, et dévorent leurs chairs toutes sauylanies. (Bern. de Saint-Pierre.)
Pour mes allées de vignes , de pommiers , de poiriers , de pêchers, de pruniers , de cerisiers , d'abricotiers , elles étaient toutes fleuries.
ild.)
Les louanges toutes pures ne mettent pns un homme à £oa uise; il faut y mêler du solide.
(Molière.)
Les plaisanteries ne sont bonnes que quand elles sont servies toutes chaudes. (Voltaiue.)
Quand la discorde, encor toute noire de crimes , Sortant des cordelicrs pour aller aux minimes.
(Boileau.) Et jo trouve à propos que toute cachetée. Cette lettre lui soit promptemeut reportée.
(Molière.)
Mes haies de chèvre-feuille , de framboisiers , de groseillers , de rosiers et de Jiias, étaient toutes vcrdotjanles de feuilles et de boutons de fleurs.
(Bern. ue Saint-Piekre.)
Autour d'elle volaient les vengeances toutes dégouttantes de sang, (Fénelon.)
J'en suis bien fàelié , dit-il , car il y avait une génisse toute blanche , que Je voulais ollrir aux dieux.
(Montesquieu.) Sa face était de pleurs toute baignée.
(IjA Fontaine.)
La vanité est sortie toute parée de la tête d( femmes , comme Minerve est sortie tout armée c la tête de Jupiter. (Saint-Lambert.)
La Grèce , toute polie et toute sage qu'elle était avait reçu les cérémonies des dieux immortels t leurs mystères impurs. (Bossuet.)
En temps de pluie et de dégel, les maisons, le pierres, les vitres,, deviennent tout humides, parti qu'elles attirent les vapeurs. (Bern. de St.-Pierre.J
J'ai vu une prairie voisine de mon habitation , sur les bords de la rivière d'Essonne , toute criblée de trous faits par une espèce de scarabée.
ild.)
Sous ces murs fout fumants Jussé-je être écrasée, Je ne trahirai point rinnocence accusée.
(VOLTAIBB.)
Nos vaisseaux sont tout prêts et le vent nous appelle.
(Racimb).
Dans les pays du nord , on trouve des loups tout blancs et tout noirs, (Buffo.n.)
Nous ne nous prisons pas, tout petits que nous sommes, D'un grain moins que les éléphants.
(La Fo^TAlHK.)
Devant un adjectif masculin commençant par voyelle ou par h muet.
. . . Quand la paix viendra-t-elle Nous rendre comme vous tout entiers aux beaux-arts?
(La Fontaine.)
Les hommes tout ingrats qu'ils sont s'intéressent toujours à une femme tendre , abandonnée par un ingrat. (^Voltaire.)
Celle-ci lit un choix qu'on n'aurait jamais cru ; Se trouvant à la fln tout aise cl tout heureuse De rencontrei un malotru.
(La Fo.NTAlNE.)
La valeur tout héroïque qu'elle e«t ne suffit pas pour faire des héros. (Massillo.n.)
Mes bordures de fraisiers, de violettes, de thyms et de primevères, étaient toutes diaprées de vert, de blanc, de bleu et de cramoisi.
(Bernardin de Saint-Pierre.)
Les pensées de l'homme juste sont toutes nues
(Caminade.)
Elle sacrifia sa santé, toute faible et toute usés qu'elle était, à l'honneur d'être auprès d'une grande reine. (Flêciiier.)
Devant un adjectif féminin commençant par H aspiré.
Celte jeune personne est toute honteuse de s'être exprimée comme elle l'a fait.
En vérité, je suis toute honteuse.
(Voltairr.)
Au milieu d'une société d'hommes une petite lille ira toute honteuse se réfugier auprès du plus aimable. (Bernardin de St-Pikr»b.j
IjCs montagnes de Vénus sont plus élevées que celles de la lune ; c'est-à-dire quelles ont pla? de trois lieues de hauteur perpendiculaire; Vénus en parait toute hérissée. {Id.)
Lorsque tout a le sens de totalement, tout-à-fait, entièrement, il est invariable.
Cependant on voit , par les exemples de la seconde colonne, que, devant unadjectii féminin commenrant par une consonne ou un h aspiré, il prend le t,'enre el le nombre île ce même adjeciif. Mais cet accord est purement euphonique, et tout nVn reste pas moins ce qu'il est, le fragment de l'expression adverbiale : De tout point, ainsi que le prouvent de la manière la plus incontestable les citations suivantes, où celle même locution adverbiale est entièremeni énoncée:
L'accès de jalousie que j'éprouvai ensuite n'était que la confusion d'un orgueil humilié de tout point. 'Madem. Delaunay.) On lui eust faict ung tour si très-moleste que do tous poinciz elle eust été frippéc.
(Rabelais.) Qusmd de fom poirtris armé seras.
(DEctiLLEviLLK , poètc du 14» siècIe.)
11 importe pourtant , el plus qu'on ne pense , que ceux qui doivent un jour commander aux autres se montrent dès leur jeunesse supérieurs à eux d<* tout point, ou du moins qu'ils y tâchent.
(J.-J. Uoosseau.)
De tout point est une façon de parler pour dire talement, entièrement. C'est un homme accompli
(Académie.)
totaleme
de tout point
EXERCICE PHRÀSÉOLOGIQUE.
i:!IVARIABLE.
Toat Tiioeai que nooi iominet.
Ili toot tout mouillét.
II< él«>«ot tout trembUoti.
Veut fût» tout autrei.
lit »nt tout eiilicrt.
) out aiDrère* qu'il, paraiaient.
'I eut m ajaiit do eaur.
lit iout tout eu uase
Une conduite toute i.ouTelle.
Une penipe toute sublime.
Dne fidélité tonte deiii:téreteée< Uueâme tcutt ueuTS.
La tortue «emlile tout engo' rdie.
Tout instruites qu'on lea croie.
Tout aimables qu'elles sont.
Tout a|;reable9 qu'on les IrouTe.
Elles étaient tout entière».
Cneaini \é tout inlere.'ssée. nies sont tout feu, tout flamme, lit tout tout oreilles.
Res hommes lODt étonné».
l'es enfanta tout picins d'esprits
Des tins bus tout pura.
Des «oldati tout prêt».
Drs habita luut u^és.
Ils étaient tout puissants.
Vous êtes tout aussi grand».
Ils sont tout j'c'ux.