VARIABLE PAR EUPHONIE
De» ouTrIérea toute» laborieuae».
Dca amitiés tontes francbea.
De» épouse» toutes plaiotiiea.
0«l prière» toutes fervtatei.
Une »oi« toute fraui-be.
Oneprorince toute détastée.
Une lieillefiUe toute seule.
Uot parianD* toittc houteosa.
De» femmes tont ttonné».
Tout infaillible» <^a'elle8 sont.
Tout injiaUqa'M les dise.
Tout étonoai-te* qu'elles paraii»ent Des imaDlM teal^muca.
Elles toot tout >ii««.
Elles sont tout «osai belles.
De» jeun»» tilles nul en riant el tout an (olttruik
Dea loi» toote» »agr».
De» écolières toute» eraiutivcs.
Klle» toot toute» »eut<«.
Elle» '00 : loateikardie».
--^>*^€> N° CXCIl. <^^^^^
Tout INVAaiABLE OU VARIABLE DEVANT autre.
INVARIABLE
Pour VOUS, vous méritez tout une autre fortune.
(La Fontaine.)
Sien TOUS prend que mon frère ait tout une autre hu-
[meur.
(Molière.)
Bien que sa vertu jetât un fort giaod éclat au deliors, c'était tout autre cliose au dedans.
(BOILKAU).
Je me suppose riclie , il me faut donc des plaisirs exclusifs , des plaisirs destructifs; voici de tout autres affaires, il me faut des terres, des bois, des gardes, des lionneurs seigneuriaux , surtout de l'encens et de l'eau bénite. (J.-J. Rousseau.)
Il produit en nous une certaine admiration mêlée d'ctonnement et de surprise , qui est tout autre ciiose que de plaire seulement. (Jd.)
Je m'imaginais qu'un honnête.homme devait songer à tout autre chose qu'à ce qui s'apj>elle philosophie !
Sans mentir, ils ont tout une autre manière d'écrire que les faiseurs de romans ; ils ont tout une autre adresse pour embellir la vérité. (Id.)
Vous ne sauriez croire combien cette maison de Marly est agréable. La cour y est , ce me seaible , (out autre qu'à Versailles. [Id.)
^'ous méritez sans doute une tout autre destinée.
(Molière.)
VARIABLE
Cette Lberté a ses bornes , comme toute autre
espèce de liberté. (>'oltaibi.)
Toute autre aurait pour mol pris les mêmes ombrages.
(Racine.)
Quand je n'aurais que cet avantage dans ma métliode , par cela seul il faudrait k préférer à toute autre. (J.-J. Rousseau.)
L'intolérance ecclésiastique consiste à regarder comme fausse, toute autre religion que celle que l'on professe. (Lk Chev. de Jaucourt.)
Un homme qui a vécu dans l'intrigue un certain temps, ne peut plus s'en passer; toute autre vie pour lui est languissante. (La Bruyère.)
Ali! seigneur, songez-vous que toute autre alliance Ferait honte aux Césars. . . (Racine.)
De toute autre victime il refuse l'offrande.
Toute autre voix que la voix unanime des pasteurs doit leur être suspecte.
(Massillon.) Toute autre place qu'un trône eût été indigne d'elle. (BossuET.)
Cléopàtre aima mieux mourir avec le titre de reine, que de vivre dans toute autre dignité.
(Boileau.)
Lorsque tout est suivi de l'adjectif autre, il n'est pas toujours facile de se rendre compte de sa vraie signification. Nous avons mis en regard les deux genres d'acception.
Dans la première colonne, tout se traduit par tout-à-fail, enùèrement; il modifie l'adjectif aw^re, et doit par conséquent demeurer invariable : Vous méritez tout une autre fortune, c'esi-à-dire vous méritez une fortune autre (de) tout (point que celle dans laquelle vous êtes); une fortune entièrement, ou tout-à-fait autre.
11 n'en est pas ainsi dans les exemples de la seconde colonne; toute autre espèce de liberté, c'est-à-dire toute espèce de liberté autre que celle en question (i). Ici toute est adjectif et modifie le substantif espèce. Quelquefois le substantif modifié par toute est 80u8-entendu, comme dans le deuxième et le troisième exemple : Toute autre aurait pour moi pris les mêmes ombrages; il faudrait la préférer à toute autre; c'est comme s'il y avait : toute (femme) autre que moi, etc. Il faudrait la préférer à toute (méthode) autre {qm la mienne).
Plus on se livre à l'élude de notre langue , plus on rencontre de ces nuances délicate!
(1) Cette analyse est suffisamment justifiée par l'exemple suivant de Laveaui : Dans la vertu est le souverain bien, TUUTK richesse autre que ref/e-f ri est illusoire.
qui en font le charme et la beauté. Il n'appartient qu'à celui qui sait se familiariser avec les principes de la science grammaticale, et s'habituer à en faire une juste application, de les pouvoir saisir et de savoir les apprécier.
EXERCICE PHRÂSÉOLOGJQVE.
U ett tout autre.
Elle eut tout autre.
Il* aoDt tout autres.
Elles lont tout autre!.
tToe iODl autre \dit.
Tout une autre idée.
Tout autre cboH.
Cône tout autre façon
Toute aatrc métbode.
Toute autre gramioaire.
Toute autre place.
Toute autre peraoBoe.
*^^o N"* CXCIII. 03^^^
Tout PRIS ADVERBIALEMENT ET tOUt ADOJECTIF COMPARÉS.
Tout INVARIABLE.
Des avirons encor tout couverts de feuillage.
(Delille.)
La première partie de ses jours s'était passée tout en expériences , la seconde tout en réflexions.
(CHATEAnSKIAHS.)
A qui devons-nous l'usage du sucre , du chocolat , de tant de subsistances agréables et de tant de remèdes salutaires? à des Indiens tout nus.
(Bern. dk Saint-Pikrrb.)
Mais que veut ce soldat." son âme est tout émue.
(L. Racine.)
La paresse fout engourdie qu'elle est , fait plus de ravages chez nous que toutes les autres passions ensemble. (Larochefoucauld.)
Tant que les masques s'égaient ils se trouvent charmants; lorsqu'ils se découvrent ils sont tout honteux de se reconnaître. (Mkrv.)
Il a commencé son règne par une conduite tout opposée à celle de Pygmallon.
(FÉNBLOîl.)
Là , bornant son discours, encor tout écumante, Elle souffle aux guerriers l'esprit qui la tourmente.
(BOILEAD.)
La déesse guerrière
De son pied trace en l'air un sillon de lumière , Rend aux trois champions leur intrépidité, Et les laisse tout pleins de sa divinité.
(BoiLEAU.)
Et tout fiers des lauriers dont il les a charges , (Ils) vaincront à son exemple ou périront vengés.
(Racine.)
C'est là ce qui fait peur aux esprits de ce temps , Qui tout blancs au-dehors, sont tcul noirs au-detlans.
IBOILEAU.)
rouf VARIABLE.
Je vais trouver cet homme , qui me reçoit dans une maison , où , dès l'escalier, je tombe en' faiblesse d'une odeur de maroquin noir, dont ses livTes sont fous couverts. (La Bruyère.)
Leur théologie est toute en sentiment , comme celle de la nature , et leur morale foufe en action, comme celle de l'Evangile.
(Berx. de Saint-Piebbb.)
La liberté de l'Inde est foufe entre vos mains.
(Racine.) Notre troupe s'élevait à deux cents hommes fouj montés. (Albert-Montémont.)
Les premiers Romains étaient fou* laboureurs, et les laboureurs étaient fous soldats.
(\'ertot.)
Eh bien ! puisque mon sort ne saurait l'émouvoir, Laisse-moi désormais foufe à mon désespoir.
(Molière.)
Les planètes forment toutes autour de toi un chœur de danse , comme des filles autour d'un père.
(Bkrn. de Saint-Pierre.)
Ne parlons plus de torts, lis sont fous effacés.
(Colin-D'Harlkville.)
Sa physionomie? — Toufe honnête et pleine d'esprit. (Molière.)
Ne me parlez plus de mes lettres , ma fille , Je viens d'en recevoir une de vous qui enlève, foufe aimable , toute brillante , foufe pleine de pensées , foufe pleine de tendresse.
(M"* de Sbvigné.) 11 voit de saints guerriers une ardente cohorte. Qui, fous remplis pour lui d'une égale vigueur, Sont prêts, pour le .ervir, à déserter le chœur.
(UoiLEAU.)
Les principes de tous les arts qui dépendent de l'imagination , sont fous également simples , fouj puisés dans la nature et dans la raison.
(VOLTAIIB.)
Oh ! que les voilà bien tous formés l'un pour l'autre !
{Id.)
Je vous trouve aujourd'hui l'àme tout Inquiète.
Ma famille vengée et les Grecs dans la joie, Nos vaisseaux tout chargés des dépouilles do Troie.
(hACinE)
II se soumet lui-même aux caprices d'autrul , Et ses écrits tout seuls doivent parler pour lui.
(BOILBAU.)
Eucharls, rougissant et baissant les yeux, demeurait derrière tout interdite , Bans oser 80 montrer. (Fk.nklos.)
Ces lois qu'il a protégées l'ont rétabli presque toutes seules . (Bossu KT.^
Vous verrez nos statuts quand Ils seront tous faits. Ils ne peuvent manquer d'être tous bons et sages.
(Moi.IERE.)
On y voit les portraits vivants de ces illustres perscnuages, Grecs, Romains, Italiens, Anglais, tous habl'Jés, si J'ose le dire, à la manière de leur paya.
(Delille.)
Les habitants des presqu'îles de l'Inde sont presque tous noirs. (Bernardin de St-Pierre.}
On peut dire , selon les vues de l'esprit : Nos oiseaux sont encore tous en vie ; noua sommes tous à vous, ou bien nos oiseaux tant encore tout en vie ; nous sommes tout à vous.
En disant : Nos oiseaux sont encore tous en vie, nous sommes tous à vous, on fait entendre qu'il n'en est mort aucun; que tous, sans exception, nous sommes à vous; il n'en est pas de mémo lorsqu'on dit : Ils sont encore tout en vie, nous sommes tout à vous, cela signilie qu'ils sont encore bien dispos, bien portants, qu'ils promeiteni de vivre; et que nous vous sommes enîièrement dévoués. On voit assez que le mol tout, dans les deux positions, n'a pas la môme signiiication. Dans le premier cas, tout exprimant la généralité, la totalité, a dû varier; dans le second, au contraire, tout marquant le degré d'intensité et équivalant à tout-à-fait, entièrement, a dû rester invariable. Aussi madame de Sévigné écrivait-elle avec raison à sa fille : Je suis tovte à vous, et à de simples connaissances : Je suis tout à vous. Le cœur se peint tout entier dans la première de ces expressions.
Quand le mol fow/es précède un adjectif féminin qui commence par une consonne ou par un h aspiré, le sens est ordinairement équivoque. Elles furent toutes surprises, elles furent toutes honteuses; on ne sait si cela signifie que tontes sans exception furent surprises, furent bonteuses; ou bien si elles furent grandement surprises, grandement honteuses. C'est une amphibologie contre laquelle réclame le génie de notre langue, dont la clarté est le caractère le mieux marqué.
EXERCICE PDRASÉOLOGIQVE.
Ili iont tout étonnai
Ellrs sont tout élonnéd.
11» lODt tout iiiterditii.
Eliei sont tout interdite}.
IbMtit tout «ur|jrii.
Tout utimablei qu'ellei cent.
Ils sont tous étonntjs.
Kllfls sont toutes ôtounëoa Ils sont tous interdits Klles sont toutes interdites.
Ils sont tous surpria, Klles sont toutes estimables.
Ils étaient tout mouillés.
Elles étaient tout liabilléos.
Tout aimables qu'on les dise.
Elles ont paru tout humbles.
Ils sont tout habniés.
Ils niaient l'air tout humbles.
Ut étaient tous mouilléi.
Elle! étaient loutei babiUi'C Ell'i uni tout» .iiinahl<t> Ili sont tous bumbiri., lu tout tout babilléi.
Eîl«> loDl toutet banibles.
Tout DANS LE SENS DE chaque.
AVEC LE SIHGULIBB.
J'ai, Marianne, en vous De tout temps reconnu un e.'^pril asseï doux , El de tout temps aussi vous m'avez été chère.
(Molière.^
AVEC LE pluriel.
L'envie ctrintt-rct, inflexibles tyrans,
Chez nous ont clé , de tous temps ,
Les ministres de la discorde. (Lebrun.)
Et tel , dont en tout lieu chacun vante l'esprit, Voudrait pour son repos n'avoir jamais écrit.
(BOILEAU
Chacun conte l'innocence de ses mœurs, la pureté de ses intentions , son humilité éloignée de toute i'^rte d'alTectation.
(M""' DE SÊVIGNK.)
La sotie gloire est de tout pays.
(La même.) Des arbres pliant sous le poids de leur impénétrable feuillage , reposaient de toute part la vue de l'éclat des rayons du soleil.
(Albert Montémont.)
Trompés par la prévoyance même , les hommes 8C livrent à l'intrigue , aux affaires , au travail et aux privations de tout genre.
(de Boufflers.)
En toute chose il faut considérer la fln.
(La Fontaine.)
S'il faut qu'à tout moment, je tremble pour vos jours; Si vous ne me jurez d'en respecter le cours , Madame, à d'autres pleurs vous devez vous attendre.
(Racine.)
Se vantant soi-même à tout propos.
fBoi