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N" CXCV

Tout SE RAPPORTANT A UN NOM PRECEDEMMENT EXPRIME.

EXEMPLES

n en est des hommes comme des plus vils animaux tous reuvent nuire.

L'ambition est la sœur aînée de toutes les passions , et toutes tiennent d'elle.

(Larochkfoucadld.)

Le salut de tous est dans l'harmonie sociale et dans l'anéantissement de l'esprit de parti.

(Mirabeau.)

Tout culte a , dit-on , ses dévols j mais tous n'ont pas même pratique.

ANALYSE

Il en est des hommes comme des plus vils animaux , tous (les hommes) peuvent nuire.

L'ambition est la sœur aînée de toutes les passions, et toutes (\cs passions) tiennent d'elle.

Le salut de tous (les peuples) est dans l'harmonie sociale , etc.

Tout culte a , dit-on , ses dévots ; mais tous (les cultes) n'ont pas même pratique.

Lorsque rowt se rapporte à un nom déjà exprimé, on voit qu'il peut s'employer avec ellipse de ce même nom; mais il en prend le genre et le nombre.

EXERCICE PERJSÉOLOGJQVE.

Lt F»reii« Cit Inoie d«Qi toui le» horainei, et cependant tout la bli- Toute» le» Gllei aiment la toilette, miii toute» n'aiinenl pat la pro-

mtoL preti.

Toni le» eaur» onl4ueIque» défaula, et ton» ne font pa» tertnem. Le» •cienee» ne conduiaent pnt toute» a la fortune mai» toute» »«ot

>^^^m N° CXGVI. »^^

Tout PRIS SUBSTANTIVEMENT.

Il y a de beaux endroits dans cette pièce , mais le tout ensemble n'en vaut rien.

^Académie.)

Le tout est plus grand que la partie.

(La même.)

On peut diviser un tout en plusieurs parties.

(La même.)

Que d'un art délicat les pièces assorties ,

N'y forment qu'tin seul tout de diverses parties.

(BOILSAU.)

Les mots sont des touts syllabiques.

(Darjou.)

Elle bâtit un nid , pond, couve , fait éclore A la hâte. Le tout alla du mieux qu'il put.

(La Fontaine.)

Ainsi chacune prit son inclination.

Le tout à l'estimation. [M.)

Les évêques n'ont tous qu'un même troupeau , dont chacun conduit une partie inséparable du tout.

(BOSSUKT.)

On dit de deux choses que l'on veut comparer ensemble , et qui sont pourtant extrêmement diffé rentes , il y a la différence du tout au tout

(ACADÉMin.)

Le mol tout peut être précédé d('S adjectifs déterminaiifs le, un, ou autres semblables. Alors il est pris substantivement. Le dernier exemple de la première colonne nous fait voir qu'il peut aussi, dans le même sens, s'employer au pluriel. Dans ce cas, il conserve toujours le t : Des touts.

EXERCICE PURASÉOLOGIQUE.

Fermer un tout agréable.

L« tout D tu faut rien.

Dititer un tont àiC tout eutcmbic.

Va tout •jllabfqu''.

De» toui» i^liabiiju*

— .H€^cs^ jV" CXCVII. Q^m^^^^

Tout DEVANT PLUSIEURS SUllSTA\TIFS OU ADJECTIFS

Tout RÉPÈTE.

Les oiseaux ont réuni autour de leurs petits toute rinlelligence et toute la bienveillance dont ils étaient capables.

(Bernardin de Sx— Pierre.)

En vain les nations éclairées se vantent d'avoir réuni chez elles tous les arts et toutes les sciences.

(Id.)

Les premiers chrétiens , tous égaux et tous obscurs, liés enseovble par la crainte commune des magistrats, gouvernaient secrètement leur société pauvre et sainte à la pluralité des voix.

(Voltaire.)

La terre présente au soleil toutes les mamelles et fous les enfants de notre hémisphère.

(Bern. de Saint-Pierre.)

Il était au-dessus de tous ces vains objets qui forment tous les désirs et toutes les espérances des hommes. (Massillon.)

Jésus-Christ est venu de tous les peuples ne fau-e qu'un peuple , de tous les états et de toutes les conditions, ne former qu'un corps {Id.)

Les geais imitent tous les sons , tous les bruits , tous les cris d'animaux qu'ils entendent habituellement, et même la parole humaine.

(Buffon.)

J'ose défier tous les moralistes et tous les législateurs, et je leur demandée tous s'ils ont dit rien de plus beau et de plus utile que l'exorde des lois de Zaleucus. (Voltaire.)

L'amour anime en ces retraites Tous les regards et tous les cœurt.

Tout ELLIPSE.

L'athéisme est une opinion dénaturée et monstrueuse , diflîcile à établir dans l'esprit humain, îoui insolent et déréglé qu'il puisse être.

Mais ridée de voir des tètes humaines , toutes noires et hideuses qu'elles fussent, rouler à no? pieds , n'était pas de notre goût.

(Albert Montkmont.) Presque tous les petits états , républiques et monarchies IndifFéremment , prospèrent par cela seu qu'ils sont petits.

(J.-J. Rousseau.)

La loi est la reine de tous les mortels et immortels. (Pensées ds Plutarque.)

M. de !.. me proposait de rédiger des mémoires et remontrances, offrant de me fournir tous les documents et matériaux dont j'aurais besoin.

(J.-J. Rousseau).

Il ne fallait pas une fois dire que j'avais abandonné tous mes droits et prétentions.

(J.-J. Rousseau.)

Considérez l'homme assis , couché , debout , dans un fond , sur une hauteur, vous découvrirez dans toutes ses attitudes et ses positions de nouvelles beautés.

(Bern. de Saint-Pierre.)

Toutes nos erreurs et nos divisions dans la morale viennent quelquefois de ce que nous considérons les hommes comme s'ils pouvaient être tout-à-fait vicieux ou tout-à-fait bons.

(Vauvenargues.)

Toutes les religions ont emprunté tous leurs dogmes et leurs rites les uns des autres.

II est indispensable de répéter 1 adj eci i f rouï, nous dit GirauU-Duvivicr, non-seulement lorsque les substantifs sont de différent genre, mais encore quand ils ont un rapport de synonymie. Les exemples de la seconde colonne prouvent qu'il est des circonstances où les auteurs ont cru pouvoir se dispenser de celte répétition, pour donner plus de rapidité au discours. Cette ellipse de tout n' esl donc pas une faute, ni môme une négligence. Toutefois, nous ne saurions établir une règle précise à ce sujet. Le ciioix de l'une ou de l'autre de ces constructions est entièrement laissé au goût de l'écrivain.

EXERCICE PHRASÉOLOGJQVE.

Tout lea ilces et toulei ei fertufi. Tout lea toldaU et tout lei officicrt.

Tous lei kommea et loulea les femmi». Tout le ciel ettoule la terre.

Tout lea élè»ea elloua le» inailrei. Tout lea rola et loua lea peuple»

fou» le» priucet et toute» lea princewe». 'X'oule la smiplirllé it toule la iiioJralie.

Toute U boDBC toloutc et toute la complal- Toute la bonté et toule la douceur. s:ince.

T«ua lea aoldats et le» officier»

Tout le ciel et la terre.

Tou» le» rois et le» peuple».

Toute la ainiplicilé il la iiiodeatie.

Toute la bouté tt U douceur.

i^ N' CXCVITI. ^^<

Tout DEVANT UN NOM DE VILT-E.

Tout Home le sait, ou l'a vu.

(Le cardinal d'Ossat.)

Tout Florence en fut abreuvé. (M.)

Tout Smjjrne ne parlait que d'elle.

(La Bruyère.)

Tout Rome est consterné.

(Vhrtot.)

Toute r^urope sait que la mer a englouti la moitié le la Frise. (Voltaire.)

Tout le peuple de Rome se portait à cette guerre avec la même ardeur. (Rollim.)

Tout Lisbonne vit partir avec indignation et avec larmes ces aventuriers (\'asco de Gama et ses compagnons; et les pleura comme morts.

(\'0LTAIRK.)

Toute r Italie avait les yeux tournés sur les Ro mains et les Voisques.

(\'ertot.)

Ce choix divisa bientôt tout Madrid.

(Voltaire.)

On dit avec la conslruciion pleine : Tout le peuple de Rome, et avec la consiruclion elliplique : Tout Rome. Tout, dans ce dernier cas, se rapportant au mot peuple ellipse, doit se metire au masculin, bien qu'il soit suivi du mot Rome, féminin.

11 n'en serait pas do mêmes! tout était joint à un nom de ville précédé de l'article; il faudrait employer le féminin. Ainsi l'on dirait : Toute la France, toute la Russie, toute la Prusse, de.

EXERCICE PnRASÉOLOGIQUE.

Tnut Atignon eat désolé.

T»ul Marseille eut la peste Tout Borne fut persécuté.

Tout Afignon fut rebâti.

Tout Rjliie fut brOlé.

Tout Florence fut laccagé

Tout Nnplc.

Tout Bordeaux.

Tout Orléan».

'l'out Venise.

ToMt Coiiilantiâople Tout Jératalem.

Toute la sainte AtipnoD.

Toute la belle Marseille.

Toute la superbe Rome.

Toute la saTapto Athènes.

Toute la florissante Veniia.

Toute la belliqueuse Sparte

x^^^o IV*^ CXCIX. o^^*«'

Cccc«-

Tous deux et tous les deux,- tous trois et tous les trois, etc.

TOUS DKUK.

César, si ambitieux , si dél»auché , et Caton , si vertueux , étalent tous deux d'une fai!)le santé. (Bern. dk Saint-1*ikrre.)

Julien et Marc-Aurèle furent tous deux philosophes; mais leur philosopliic ne fut pas la mémo.

(Thomas.)

Il faut avouer que François est comi)arable à Alexandre , en ce qu'ils allèrent tous deux aux Indes. (Voltaire.)

Tous d'ux fDufresny et Destouches) brillèrent à pou près dans le même temps sur la srène.

(D'Alembkrt.)

Baccbus et Noé passent tous deux pour avoir cultivé la vigne. (Voltaire.)

tous les deux.

Les deux peuples s'unissent et se corrompent tous les deux. * (Moîmtesquiku.)

Le mélange du goût acquis et du goût naturel est la perfection de tous les deux.

(Kératrt.)

Les Samnitos ne se déclarèrent pour un parti que pour les perdre tous les deux plas facilement.

(Vhrtot.) Pendant qu'un philosophe assure Que tonjourî par leurs sens les hommes sont dupés , Un autre philosophe jure Qu'ils ne nous ont jamais trompés.

Tous les deux ont raison. . . .

(La Fomtaihe.)

Tous deux (SuHy et Colbcrt) IrouvArcnt le pcnple accablé d'impôts ; tous deux commencèrent à liquider le? dette? do l'Klnt ; tous deux diminuèrent les frais énormes de la perception ; tous deux travaillèrent à faciliter les communications.

(Thomas.)

Ils n'ont fait tous deux fArchiloque et Démos- Ihène) , que tirer et ramasser, pour ainsi dire , de grandes circonstances. (Boilkau.)

Tous trois (Galba , Vitcllius , Othon) périrent dans les guerres civiles. (/'?.)

Moïse , Lycurgue et Numa, tous trois ont eu des succès qu'on jugerait impossibles s'ils étaient moins «Iteslés. (J.-J. Rousseau.)

Mes deux livres viennent d'exciter la plus grand*? fermentation dans Genève. On dit que la voix publique est pour moi, cependant i!« y sont défendus tous les deux. (J.-J. Rousseau.)

Nous avions fous les deux un peu de tristesse an fond du cœur : Nous tenions cela de Dieu on de notre mère. (Ghateaubriand.)

La conduite réciproque de tous les trois peut servir d'exemple de la manière dont les honnêtes gens se séparent quand il ne leur convient plus de se voir. (J.-J. Rousseau.)

Y a-t-il une différence de signification entre tous deux et ions tes deux, tous trois et tous les trois, etc.?

Voici commeni Sicard s'explique à ce sujel : « Tons deux signifie que deux personnes (et pourquoi pas aussi deux clioses?) font ensemble et à la fois ia même action. Tous les deux signifie que deux personnes font la même action, sans marquer précisément qu'elles la fassent ensemble et dans le même temps, ou dans le même Heu.»

De là une distinction entre : Pierre et Paul iront tous deux à la chasse, et Pierre et Paul iront tous les deux ù la chasse. Voyez Lelellier, C.liapsal et presque toutes les grammaires.

« Mais, dit M. Dessiaiix, je le demande aux défenseurs, aux copistes de celte observation de Sicard, sur quelle raison plausible, spécieuse même, repose celle distinction? Quelle est la cause de cet effet? Qu'ils parlent, la main sur la conscience; ils ne peuvent invoquer le raisonnement en faveur de leur doctrine, et je les entends seulement murmurer Vusagc. L'usage! messieurs, vous vous abusez étrangement. Non, l'usage et la raison réprouvent d'un commun accord la distinction que Sicard a établie, et que les grammairiens parasites ont répétée avec complaisance.

» Ouvrons nos auteurs les plus corrects; consultons-les, et nous nous convaincrons que leur autorilé n'a i)oint servi à établir la distinction que Sicard a cru apercevoir entre les deux locutions qui nous occupent. En effet, les exemples que nous avons cités nous prouvent que les grands écrivains ont employé la première dans le sens de la seconde, el vice versa.

» Sans doute tous deux peut, dans bien des cas, exprimer une idée de simultanéité, soit de temps , soit d'action; mais il ne l'exprime pas nécessairement; les circonstances suppléent souvent aux termes sujjprimés; et quand il pourrait y avoir quelque cbose de douteux ou d'obscur, les écrivains ajoutent les compléments nécessaires, ainsi qu'on le voit par les exemples ci-aprcg:

Je lis al TiH {OMS àemm msemble.

(Académie.)

Tous deux I Biron et Keyscrllng ) avaient commence ensemble leur fortune.

(RULHIBRBS.)

C'était un homme furieux , par zèle ou par esprit de parti , ou p^r tous les deux etiscmble.

(Voltaire.)

Je TOUS las enrerral fous deux en mime temps

(COBRBILLB.)

Beaucoup d'honnêtes gens souhaitaient de les TOlr foufes trois ensemble. (Boileau.)

Cette clémence dont on fait une vertu se pratique tantôt par vanité , quelquefois par paresse , souvent par crainte, et presque toujours par tous les trois ensemble. (La Rochefodcad!.!).)

V Si nous ne sommes pas infalués de l'opinion de Sicard, nous conclurons que tous

deux et tous tes deux n'offrent aucune diiïérence de sens, d'après l'usage et la raison, seuls guides en matière de langage. Aussi Lemare et Lavoaux ne parlent-ils point de celte distinction. j'Mais ce dernier grammairien proscrit à tort tous deux, tous trois, c'està-dire qu'il exige l'article avant l'adjectif numéral. L'usage des bons écrivains est la loi suprême, quand la raison n'y est point défavorable. Maintenant, voyons ce que pense Kéraud, assez amateur d'inutiles subtilités : «Tous deux, pensc-t-il, vaut mieux dans le SI vie familier, et tous les deux, dans le discours soutenu.» Nos exemples réfutent celte opinion.

» 11 résulte de nos lectures et de nos observations personnelles que les écrivaino emploient rarement l'article avec les nombres inférieurs, tous deux, tous trois, tous quatre, mis en sujet; que l'article accompagne plus fréquemment ces nombres, quand ils sont en régime. On peut, je crois, supprimer l'article quand le nombre n'atteint pas la dizaine; au-dessus de dix, l'article est nécessaire, il fixe mieux l'attention. Au reste, dans le doute, on peut s'en servir dans tous les cas.

» En recueillant des exemples pour celte question, nous avons trouvé celui-ci > de La Rochefoucauld {Max. XVI) :

» Cette clémence dont on fait une vertu , se pratique tantôt par vanité, quelquefois par paresse, souvent par crainte, et presque toujours par tous les trois ensemble.

» Tous est masculin, et cependant il se rapporte à trois substantifs féminins, vanité, paresse, crainte. Il me semble que cette phrase peut se justifier. Ces trois substantifs sont pris dans un sens vague; l'esprit ne les embrasse pas dans leur entière signification; il effleure à peine les idées qu'ils expriment respectivement, si je puis m'exprimer ainsi. Si l'auteur eût mis toutes les trois, le vague des premiers membres de la phrase eût contrasté désagréablement avec ces expressions si complètement déterminatives; cette nécessité de rester dans le sens indéterminé a forcé l'écrivain à s'exprimer comme il Ta lait. 11 eût mieux valu prendre un autre tour.»

EXERCICE PHRA SE OLOG IQ VE.

'l'oui deui.

l'oui quatre

Toui lei deui.

Tout lei quatre.

'l'oui troif.

'J'oolea deikt.

'J'oulea Ici Iroia 'l'oulea Ka deui.

»^^^C! N° ce. ^.^^^^''^---

PLUSIEUnS.

Plusieur» habitants ont fait à l'Ile-de-France des essais inutiles pour y faire croitrc la lavande , la marguerite des prés , la violette et d'autres herbes de nos climats tempérés.

(Bern. de Saint-Pikrrk.)

Les synonymes sont phisieurs discours ou plu~ sieurs phrases dllTérentes qui signilient une même chose.

(La Bruyère.)

Un jeune poète, membre de plusieurs lycées et académies, vint me voir.

(Bernardin de St-Pikrri.)

Il faut bien qu'il y ait plusieurs raisons d'ennui « quand tout le monde est d'accord pour bâiller.

(Floriah.)

Plusieurs, comme adjectif, précède toujours le nom qu'il détermine.

Il se dit des personnes et des choses, et est des deux genres. 11 ne s'emploie qu'au pluriel , et peut ou non se répéier devant chaque substantif quand il y en a plusieurs d'énoncés.

EXERCICE PHRÂSÉOLOGIQVE.

PluiJeursaiiiK.

Plaiieun prineci

Pltuieura TÎatoIrei.

«««^ï^^ N*' CCI. O^^^ÈHe^-

CHAQUE

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